
Le fantôme dans la machine

Invitée sur un plateau de télévision, Rousse a la surprise de sa vie: l'équipe a organisé de grandes retrouvailles en direct avec son frère, qu'elle n'a pas vu depuis 29 ans. Le problème: il est mort dans un incendie en 1997. Hallucination? Sketch de mauvais goût? Tentative de faire de la «bonne télé»? Et ce n'est que le début: son frère réapparaît dans d'autres lieux improbables pour lui demander ce que devient Lady Di, si on a fini par reboucher le trou dans la couche d’ozone… Les conversations laissées en plan et les chicanes reprennent presque comme avant. Bientôt, dans cette atmosphère à la fois étrange et familière, ce sont tous ses frères possibles qui la hantent et se jouent de ses certitudes. Au cœur de ce bien cuit à l’humour mordant, Rousse fait de l'introspection malgré elle: imaginer les vies de son frère, c'est aussi repenser la sienne. Et vous, que diriez-vous si vos propres fantômes venaient vous faire la conversation?
Fanny Britt (Bienveillance, Hurlevents, Classique(s)) signe un texte intelligent, ludique et touchant, mis en scène par Alexia Bürger (Les Hardings, Les filles du Saint Laurent, Camera obscura), sa complice depuis l'enfance, avec toute la sobriété qui fait sa signature. Sur scène, une plateforme tournante dont les trappes s'ouvrent au gré des humeurs des frères, un peu comme les planètes qui s'alignent et nous influencent (selon certain·es!), ou comme une roue du destin qui semble parfois à deux doigts de se détraquer. Dans ce spectacle, à la fois autobiographique et pure fabulation, les histoires s’emboîtent comme des poupées russes. Un très bel hommage à toutes celles et ceux qui ne sont plus tout à fait là, mais qui ont fait de nous ce que nous sommes… ou ce que nous aurions pu être.
«Pour Rousse comme pour toutes les personnes endeuillées, il y a dans le récit que nous faisons de nos disparu·es le futile espoir de les ramener à la vie, d’empêcher le passé d’advenir. Mais dans cet entêtement à rejouer nos vies, il y a aussi un hommage aux expériences partagées et aux bifurcations surprenantes que prend notre identité lorsqu’elle est libérée de son tracé. Nos mort·es ne reviendront pas, mais leur histoire et la nôtre ne s’arrêtent pas pour autant.»
Alexia Bürger et Fanny Britt
À l'affiche du
28 octobre au 28 novembre 2026
Activités et promotions
Soirée-rencontre — 11 novembre
Après la représentation, Duceppe propose à ses spectateur·ices d’échanger avec les créateur·ices et artistes du spectacle. Un moment privilégié à ne pas manquer.
Représentation surtitrée FR — 12 novembre
Représentation avec surtitrage codé en français: 12 novembre 2026
English-surtitled performance — November 13th
English-surtitled performance: November 13, 2026
Aparté — 18 novembre (rencontre post-spectacle )
La représentation du 18 novembre 2026 sera suivie d'une activité rencontre d'une trentaine de minutes, avec les comédien·nes Anne-Élisabeth Bossé et Simon Lacroix dans le foyer du théâtre.
Duceppe en famille — 20 novembre (promotion et activité)
À l’achat d’un billet adulte au prix régulier, vous pouvez acheter jusqu'à 4 billets pour les ados qui vous accompagneront au prix de 18 $ chacun, taxes et frais inclus.
Dès 19h05, jeunes et adultes sont invités à participer à un atelier de préparation interactif dans le foyer du théâtre avec notre médiatrice Paméla Dumont.
Aparté — 26 novembre (rencontre pré-spectacle)
La représentation du 26 novembre 2026 sera précédée d'une activité rencontre d'une trentaine de minutes, avec l'autrice Fanny Britt.
Le fantôme dans la machine en tournée
Dates, villes et théâtres
- 15 janvier 2027 — Ste-Geneviève (Montréal) — Salle Pauline-Julien
- 16 janvier 2027 — St-Jean-sur-Richelieu — Théâtre des Deux Rives
- 19 janvier 2027 — Terrebonne — La Nouvelle Société
- 21 janvier 2027 — Orléans — Salle Harold-Shenkman
- 29 janvier 2027 — Sainte-Thérèse — Théâtre Lionel-Groulx
- 30 janvier 2027 — St-Hyacinthe — Salle Desjardins
- 9 février 2027 — St-Jérôme — Théâtre Gilles-Vigneault
- 10 février 2027 — Laval — Salle André-Mathieu
- 13 février 2027 — Joliette — Centre culturel Desjardins
- 19 février 2027 — Gatineau — Salle Odyssée
- 3 mars 2027 — St-Eustache — Le Zénith Promutuel Assurance
- 4 mars 2027 — Brossard — Théâtre Manuvie

«Tour à tour, les spectres du frère arrivent, baguettes de « drum » à la main [...] Il y a d’abord le frère proche de celui qu’elle a connu (très juste Christophe Levac); le frère idéalisé (excellent Simon Lacroix); un autre colérique et raté (Patrice Dubois, impressionnant dans un rôle à des années-lumière de son Gérald Godin qu’on peut voir au cinéma).»

«Une des pièces les plus abouties et les plus intéressantes [de Fanny Britt]»
Fanny Britt s’entretient avec les morts (Entrevue La Presse)

«La matière biographique est le point de départ […]. Et puis ça explose! Le personnage parle avec des fantômes, il n’y a pas une minute de réalisme!
«Je trouvais intéressant de confronter le personnage au temps qui a passé, et aux différentes pistes qui auraient été possibles. Et à l’impasse inévitable de ces pistes. Parce que dans chaque piste, il y a des choix, donc des renoncements, qui impliquent une perte en soi.»

Dans les coulisses du Fantôme dans la machine


«Alexia Bürger a eu la belle idée de faire évoluer les protagonistes sur une plateforme tournante. Un décor signé Martin Labrecque qui représente à la fois un plateau de télé et une piste de cirque. Le talentueux Labrecque a aussi conçu les magnifiques éclairages.»
Entrevue: Anne-Élisabeth Bossé à Salut Bonjour


«Le fantôme dans la machine»: l’imagination à la rescousse de la perte (Entrevue Le Devoir)


«C’est une pièce sur comment l’imagination vient à la rescousse du deuil, de la perte, de la souffrance. C’est un outil de réconfort, de connexion. Moi, en tout cas, j’ai plus de facilité à exprimer mes sentiments dans l’imagination que dans la réalité.»

«Mise en scène minimaliste et très élégante d’Alexia Bürger [...] simple et efficace.»
Liste de lecture: apparitions et disparitions chez Fanny Britt

«C’est comme un voyage à travers la psyché de Rousse. Et à mesure qu’elle cherche à retrouver son histoire, elle ne la contrôle plus. Finalement, ces fantômes, qui sont le fruit de son imagination, prennent le dessus sur elle. Mais c’est à sa propre identité qu’elle réfléchit. Ce que ça révèle, ce sont les failles d’une autoconstruction: le personnage qu’on s’écrit pour soi. Car même si ça part d’une vérité, on s’invente.»

Cinq questions à Fanny Britt


«Fanny est une superbe autrice. Elle révèle à quel point on se nourrit des autres, de nos proches, pour se construire. Quand brutalement, quelqu’un s’en va, il y a quelque chose en nous qui se déconstruit. […] En écrivant sur ces trois versions de son frère, elle change chaque fois sa propre identité. C’est très fort. […] Ça la met devant ses propres failles!»

Alexia Bürger et Fanny Britt à Pénélope, ICI Première


Et si?... Le vertige des vies parallèles


Sur le côté humoristique du spectacle Le fantôme dans la machine:
«C’est notre roue de secours, c’est notre bouée de sauvetage, c’est la manière dont Alexia et moi, on a survécu à tout dans notre vie. L’humour pour casser le pathos, l’humour pour se connecter aux autres, l’humour pour dire la vérité.»
«Puis l’humour aussi, j’ajouterais, parce que je trouve que c’est une force de ton écriture, pour se souvenir qu’on est bien peu de choses. En bout de ligne. Malgré nos angoisses. Parce qu’il y a une autodérision que Fanny a qui fait du bien aussi. Oui, qui fait vraiment du bien.»
«En une habile mise en abyme, celle-ci raconte la pièce qu’elle avait commencé à écrire, et qui mettait en scène une mouture magnifiée d’elle-même ainsi que ses propres tourments. Compliqué? La langue fluide et réaliste de Britt rend le tout fort simple à appréhender.»
Pistes de discussion — Le fantôme dans la machine



«À travers cette mise en abyme, où Fanny Britt imagine un personnage d’autrice qui s’est elle-même inventé un alter ego, le spectacle met donc de l’avant un dispositif très théâtral, aux multiples niveaux. “Ce n’est pas qu’une question d’autoprotection, assure la dramaturge. C’est un jeu, aussi.” La pièce est souvent drôle.»

«Je suis la personne la moins ésotérique sur la Terre, je ne crois pas du tout aux fantômes. Mais je sens mes disparus plus vivants au fil des ans. Mon frère, j’avais l’impression qu’il était beaucoup plus insaisissable les premières années. Je le cherchais et ne le trouvais pas. Plus je vieillis, plus je me sens en relation avec lui.»

Photos de scène: Le fantôme dans la machine

Tapis rouge pour Le fantôme dans la machine















