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Duceppe

Éditorial de la direction - Saison 2026-2027

20 avril 2026

Ensemble

En ces temps d’incertitude, où tout semble vouloir nous diviser, le théâtre continue de faire le pari inverse: celui du rassemblement. Il nous offre quelque chose de beau et précieux à la fois: un moment de suspension autour d’une même histoire, une rare occasion de partager un silence, un rire, une émotion. Notre saison 2026-2027 est née du besoin de créer des espaces de rencontre–dans un monde qui en a cruellement besoin–autour d’œuvres d’hier et d’aujourd’hui qui nous permettent de nous reconnaître et d’ouvrir le dialogue sur le monde de demain.

Nous ouvrons cette 54e saison avec un jeune classique de la dramaturgie québécoise qui n’a rien perdu de sa force: 24 poses (portraits), de Serge Boucher, une ode à la famille et à la vie de banlieue qui nous entraîne dans le Québec des années 1990. Avec une humanité désarmante, la pièce pose un regard sur ce qui nous lie autant que sur ce qui nous éloigne. Avec humour et tendresse, 24 poses (portraits) nous rappelle que les grandes questions collectives prennent souvent racine dans l’intimité, dans ces lieux où l’on apprend à aimer, à résister et à se définir. L’engagement de Duceppe envers la création québécoise se poursuit avec Le fantôme dans la machine, de Fanny Britt. Dans cette œuvre profondément personnelle, notre autrice en résidence explore les territoires vertigineux des mondes parallèles, imaginant un espace où l’absence pourrait être contournée, où le deuil ouvrirait sur d’autres possibles. Avec courage et délicatesse, elle nous parle de perte, de mémoire et de cette pulsion très humaine de vouloir réécrire l’histoire – autant intime que collective. Nous revisitons ensuite une œuvre phare de la dramaturgie américaine: Un tramway nommé Désir, de Tennessee Williams. Près de 80 ans après sa création, la pièce continue de nous éblouir par sa puissance et la complexité de ses personnages. Alors qu’on s’interroge plus que jamais sur les rapports de pouvoir et les normes sociales, et qu’on accorde une plus grande importance à la santé mentale, cette œuvre résonne avec une actualité troublante. Notre saison se poursuit avec Nous, dans les plaines immenses, d’Olivier Kemeid, une autre création issue de nos résidences d’écriture. Poursuivant sa collaboration fructueuse avec l’acteur d’origine ukrainienne Sasha Samar, l’auteur nous propose une œuvre qui s’inscrit comme une suite – ou comme une tentative de réponse – au succès Moi, dans les ruines rouges du siècle. Enfin, nous clôturons la saison avec une découverte percutante issue de la dramaturgie australienne: Prima facie | À première vue, de Suzie Miller. En remettant en question notre système de justice de manière aussi rigoureuse que judicieuse, cette formidable partition pour une actrice ouvre un espace de réflexion nécessaire sur nos institutions, nos préjugés et notre responsabilité collective.

Cette 54e saison se veut une invitation à arrêter le temps pour se poser, écouter, réfléchir, ressentir, débattre à l’occasion, mais surtout se reconnaître. Plus que jamais, nous croyons au théâtre comme lieu de rencontre et d’échanges. Nous vous invitons à franchir nos portes, à prendre part à ce rassemblement inspirant et essentiel. Parce que le théâtre n’atteint pleinement sa cible que lorsqu’il est partagé. Ensemble.

David, Amélie et Jean-Simon,
directrice générale et codirecteurs artistique