

Prima facie | À première vue
Pour Tessa, le droit est un sport de combat. À la cour, elle tient tout le monde au creux de sa main: témoins, accusé·es, juge et juré·es. Issue d’un milieu modeste, elle a gravi un à un les échelons jusqu’à devenir une avocate redoutée, spécialisée dans la défense d’hommes accusés d’agression sexuelle. Elle excelle dans l’art de fragiliser les témoignages et de décrédibiliser les victimes. Ses plaidoiries assassines lui assurent victoire après victoire. Mais un soir, tout bascule. Celle qui maîtrisait à la perfection les règles du jeu se retrouve soudain de l’autre côté du miroir. Elle devra se débattre dans une procédure judiciaire qui, bien qu’elle en connaisse les moindres rouages, démolira méthodiquement son récit et, impitoyablement, se refermera sur elle.
Le thriller juridique Prima facie – expression latine couramment employée en droit qui signifie «à première vue» – précipite le public dans les griffes du système de justice. Écrit par la dramaturge australo-britannique Suzie Miller, elle-même ancienne avocate, ce solo théâtral haletant est porté par Valérie Tellos, qui défend ici un rôle vertigineux: celui d’une femme solide, brillante et à l’humour caustique, plongée dans la lente et froide mécanique judiciaire. Acclamée de Londres à New York, Prima facie | À première vue est une œuvre coup-de-poing qui ravive le discours sur la position vulnérable des victimes d’agressions sexuelles et alimente les discussions bien au-delà de la salle de spectacle. Un moment galvanisant, dirigé par le metteur en scène Louis-Karl Tremblay (Tout ça), où le théâtre devient un lieu de résistance qui affirme: la lutte continue.
«Cette pièce pose des questions fondamentales: le système de justice fonctionne-t-il? Est-il adapté à tous les crimes? Qu’est-ce qui est juste? Le spectacle épouse la mécanique du récit et fissure les certitudes – ce que nous croyons avoir compris, en apparence, nous est peu à peu retiré. Prima facie met à nu une justice qui fonctionne selon ses propres règles, dans un monde construit par des hommes. Un requiem intime où l’apparence de justice se heurte à l’expérience vécue.»
Louis-Karl Tremblay









