Le Chemin des Passes-Dangereuses

Texte Michel Marc Bouchard 

Mise en scène Martine Beaulne

Avec Maxime Denommée, Félix-Antoine Duval et Alexandre Goyette

Du 14 février au 24 mars 2018

durée du spectacle : 1 h 15 sans entracte

 

Résumé de la pièce

Le temps révèle tout et n’attend pas d’être interrogé.  – Euripide

Quelques heures avant le mariage du plus jeune, trois frères qui se rendaient au camp de pêche familial se retrouvent isolés à la suite d’un accident de la route. Pour Carl, Ambroise et Victor, éloignés au quotidien tant géographiquement que culturellement, un lien étroit résiste : le mutisme autour de la mort de leur père. Aujourd’hui, au bord du Chemin des Passes-Dangereuses, à l’endroit où leur père est disparu quinze ans auparavant, ils attendent les secours. Contraints à un huis clos imprévu, ils plongent dans leurs souvenirs d’enfance et leurs mensonges d’adultes, affrontent fantômes et blessures, jusqu’à atteindre le secret qui les hante. Une cérémonie des aveux brutale, définitive et terriblement humaine.

Traduite et jouée un peu partout dans le monde, revoici Le Chemin des Passes-Dangereuses de Michel Marc Bouchard, vingt ans après sa création chez DUCEPPE en 1998. Cette saisissante «tragédie routière» de l’auteur de Tom à la ferme et Les Muses orphelines porte sur la réconciliation et la parole, sur la quête de la sincérité et la difficulté des hommes à communiquer. Une œuvre majeure du répertoire québécois, à la résonance universelle et d’une percutante actualité. Michel Marc Bouchard nous donne ici l’une de ses plus belles pièces, qu’il faut voir et revoir.


« Vingt ans plus tard, le magnifique texte de Michel Marc Bouchard a gardé toute sa force dans une mise en scène sensible de Martine Beaulne. »
« Un grand texte de la dramaturgie québécoise, bien construit avec des dialogues touffus, que la metteure en scène Martine Beaulne traite avec tout le respect qu’on doit à son auteur.»
Mario Cloutier, La Presse

« Dans cette poignante cérémonie des aveux, un genre dans lequel Bouchard est passé maître, il est bien entendu question de la place de l’artiste dans la société, de la délicate posture du marginal, mais aussi de condition masculine, d’environnement et même d’identité nationale, des thèmes qui n’ont rien perdu de leur pertinence. »
« Les comédiens sont justes, émouvants, naviguant délicatement entre la caricature et la vulnérabilité, la bravade et l’effondrement […] »
Christian Saint-Pierre, Le Devoir

« Toute l’intensité de la pièce repose sur les épaules des trois interprètes. À ce titre, Félix-Antoine Duval, qui tient son premier rôle au théâtre, est une révélation. Habité par le personnage de Carl, il fait preuve d’une grande finesse, jouant sur les variations d’émotions avec fermeté. »
Samuel Pradier, Revue JEU

« C’est vraiment un très beau texte »
« La révélation de cette représentation-là, c’est le jeune Félix-Antoine Duval qui joue Carl, qui a un visage absolument angélique, et c’est peut-être le frère qui porte la plus grande colère »
« Si vous ne l’avez pas vu, je vous le recommande fortement. Faites la route! De où que vous soyez au Canada pour le voir à Montréal »
Karyne Lefebvre, Dessine-moi un dimanche sur ICI Première

« Le Chemin des Passes-Dangereuses s’inscrit comme l’une des réalisations marquantes de Michel-Marc Bouchard, mais aussi dans la dramaturgie québécoise. La présente équipe en fait résonner toute la beauté, mais surtout tous les remous féroces. »
Olivier Dumas, Montheatre

Avec la collaboration de

Témoignages

Le texte de Michel-Marc Bouchard est très fort, à la fois poétique et cru. Il soulève des questions fondamentales (communication, responsabilité, remords…). Très bien défendu pas les comédiens, la mise en scène et le décor. — O. L.

Bonne pièce et très bons comédiens! Réflexion sur le silence et la prise de parole, et les liens fraternels. Texte intense, percutant et touchant.

Les comédiens étaient investis dans leur rôle. L’histoire, riche en émotions non avouées, nous a permis de voir à l’intérieur de ces trois gars bien de chez nous. Dynamique universelle. — N. J.

Excellente mise en scène, décors sobres et beaux, acteurs chevronnés et tout à fait à la hauteur de ce texte fort et puissant. Nous avons été touchés y nous y avons cru du début à la fin. Bravo! — S. F.

Des frissons, de toute la gamme des émotions possibles. Un plaisir de voir évoluer les trois comédiens qui m’ont tenu en haleine du début à la fin. — J. O. L.

Excellent. Belle progression dans cette histoire qui nous permet de comprendre petit à petit le mal de vivre de nos personnages et tout ceci pour nous amener à une conclusion pleine d’émotions. — D. P.

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Photos

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Vidéos

Distribution

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Maxime Denommée

Ambroise

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Félix-Antoine Duval

Carl

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Alexandre Goyette

Victor

Maxime Denommée

Théâtre: Les Enivrés ; Toccate et Fugue; Des Arbres
Cinéma: Omertà ; Jaloux ; Cheech
Télévision: Aveux ; District 31 ; O’
Dernière présence chez DUCEPPE : Les Muses orphelines
crédit photo : Daphné Caron

Félix-Antoine Duval

Théâtre : Le vin herbé ; Détruire, nous allons
Cinéma : Corbo
Télévision : L’Échappée ; Marche à l’ombre 2 ; Pour Sarah
Projet : Victor Lessard
Première présence chez DUCEPPE
crédit photo : Daphné Caron

Alexandre Goyette

Théâtre : Le déclin de l’empire américain ; Cock ; Match ; King Dave
Cinéma : Les scènes fortuites ; Nitro Rush ; King Dave
Télévision : L’Échappée II ; Le Siège ; District 31 ; Feux ; La théorie du K.O. ; C.A.
Dernière présence chez DUCEPPE : Match
crédit photo : Justine Latour

Crédits

Décor
Claude Goyette
Éclairages
Guy Simard
Musique
Ludovic Bonnier
Accessoires
Normand Blais
Vidéo
Yves Labelle
Assistance à la mise en scène
Guillaume Cyr

Michel Marc Bouchard

Il y a vingt ans, DUCEPPE présentait en première mondiale Le Chemin des Passes-Dangereuses de Michel Marc Bouchard. Depuis, cette pièce traduite en anglais, espagnol, italien, péruvien et allemand, a été produite plus de 60 fois et applaudie dans plus de 15 pays! Fait rare, elle a été publiée et produite à Cuba. Cette saison, deux décennies plus tard, ce classique de la dramaturgie d’ici est de retour sur les planches du Théâtre Jean-Duceppe. Théâtre qui a aussi accueilli Sous le regard des mouches, créée chez DUCEPPE en 2000, ainsi que Les Muses orphelines en 2013. Michel Marc Bouchard a écrit plus de 25 pièces, traduites en plusieurs langues et jouées régulièrement à travers le monde, particulièrement en France, en Italie, au Mexique et au Japon. Ses œuvres font partie du corpus significatif et représentatif du théâtre québécois. Originaire de Saint-Cœur-de-Marie (Alma), il complète une formation en théâtre à l’Université d’Ottawa au début des années 80. Il œuvre ensuite au sein de différentes compagnies franco-ontariennes. En 1983, le grand metteur en scène André Brassard dirige à Montréal La Contre-Nature de Chrysippe Tanguay, écologiste au Théâtre d’Aujourd’hui. Les années 80 seront alors fructueuses pour l’auteur qui signera bon nombre de textes dont Les Feluettes et Les Muses orphelines qui ont fait sa renommée à l’échelle internationale. Parmi ses autres pièces majeures, mentionnons L’Histoire de l’oie, qui a tourné sur les cinq continents pendant quinze ans et récolté de très nombreuses distinctions, Les Grandes Chaleurs, Le Peintre des madones, Tom à la ferme, adaptée pour le cinéma par Xavier Dolan et qui a récolté le Prix de la critique à la Mostra de Venise en 2013. Christine, la reine-garçon qui a connu un grand succès au TNM en 2012 et au Festival de Stratford en 2014. Et sa plus récente pièce La Divine Illusion (The Divine, A Play For Sarah Bernhardt) a triomphé lors de sa création au Festival Shaw de Niagara-on-the-Lake et au TNM en 2015. Plusieurs de ses œuvres ont été adaptées pour le cinéma dont Les Feluettes (John Greyson, 1996, prix Génie du meilleur film), L’Histoire de l’oie (Tim Southam, 1998), Les Muses orphelines (Robert Favreau, 2000), les Grandes Chaleurs (Sophie Lorain, 2008), La Reine-garçon (Mika Kaurismaki, 2015). L’Opéra de Montréal, sur une musique de Kevin March et dans une mise en scène de Serge Denoncourt, a créé la version lyrique des Feluettes en 2016. De son côté, le Canadian Opera Company de Toronto a commandé une version de Christine, la reine-garçon. Michel Marc Bouchard a également collaboré avec Michel Lemieux et Victor Pilon à l’installation multimédia Cité Mémoire, un hommage au 375e anniversaire de la ville de Montréal. Il travaille actuellement à un important projet italien regroupant un collectif d’auteurs européens autour de l’œuvre du cinéaste James Bidgood. Il a été honoré d’innombrables prix et distinctions, ici et à l’étranger. Il est Officier de l’Ordre du Canada, Chevalier de l’Ordre national du Québec et membre de l’Académie des lettres du Québec. Michel Marc Bouchard figure au dictionnaire Larousse depuis 2015. [crédit photo : Julie Perreault]

Martine Beaulne

Voilà une fidèle collaboratrice de DUCEPPE ! Depuis sa première mise en scène chez nous, celle de L’Ouvre-boîte de Victor Lanoux en 2003, Martine Beaulne a monté, en 2007 et 2009, Le Doute de John Patrick Shanley et Le Déni d’Arnold Wesker. Elle est ensuite de retour en 2013 avec Les Muses orphelines de Michel Marc Bouchard, dramaturge avec qui elle renoue cette saison ! En 2014, elle présente chez DUCEPPE la pièce Août - Un repas à la campagne de Jean Marc Dalpé, et, la saison suivante, elle y dirige les comédiens Henri Classé, Myriam De Verger, Benoît Gouin et Frédéric Pierre dans Race de David Mamet. « La metteure en scène Martine Beaulne traite avec subtilité les nombreuses joutes verbales de la pièce, les saupoudrant de petits gestes, clins d’œil et soupirs appropriés », écrira-t-on dans La Presse.

Jeune diplômée du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 1975, Martine Beaulne parcourt alors la planète. Avec Giovanni Poli, Eugenio Barba, Guy Freixe, Shogu Otah et le groupe Dairakudakan, elle a approfondi aux quatre coins du monde ses connaissances, autant de la commedia dell’arte que du nô moderne ou de la comédie classique.

Forte de ce bagage impressionnant, la metteure en scène se démarque. Ainsi, de 1991 à 2001, elle monte dans les plus grands théâtres du Québec L’arbre des tropiques et Cinq Nô modernes de Mishima, Don Juan de Milosz, Désir sous les ormes d’Eugene O’Neill, La Locandiera de Goldoni, Albertine, en cinq temps et Le vrai monde ? de Tremblay, Roméo et Juliette de Shakespeare et Dom Juan de Molière. Elle met en scène La Savetière prodigieuse de Lorca puis Avaler la mer et les poissons de Sylvie Drapeau et Isabelle Vincent en 2005. Elle réalise ensuite Top Girls et Blue Heart de Caryl Churchill et Toutefemme de Péter Kárpáti à l’Espace GO, puis Les Saisons de Sylvie Drapeau et Isabelle Vincent et Louis Mailloux de Jules Boudreault et Calixte Duguay. En 2011, au Théâtre d’Aujourd’hui, elle met en scène Cantate de guerre de Larry Tremblay. Elle dirige ensuite Les visiteurs de Gian Carlo Menotti, La voix humaine de Poulenc et L’Elisir d’Amore de Donizetti à l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal. En 2015, elle monte 21 Manches cubes de David Goudreault et Patrick Quintal au Théâtre du Double signe.

En 2004, Martine Beaulne présentait un essai sur la mise en scène, Le Passeur d’âmes, chez Leméac. Aussi, elle publiait, en 2012, Voir de l’intérieur avec Sylvie Drapeau, un échange épistolaire entre les deux femmes sur leur passion et leur vision du théâtre. Boursière à maintes reprises du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec, elle a enseigné à l’École supérieure de théâtre de l’UQAM pendant plus de vingt ans. Elle recevait en 2012 le prix d’excellence en enseignement, volet carrière. Par la profondeur de sa vision, l’acuité de son intuition et l’originalité de son approche, Martine Beaulne a donné aux théâtres québécois certaines de ses plus belles réalisations.

[photo : Émilie Tournevache]

1 h 15 sans entracte

« Pourquoi écrire la mort ? Parce qu’il n’y a pas de pensée plus lucide que la pensée dépouillée des boucliers-mensonges de la vie ; la pensée de celui que la mort embrasse, de celui qui n’a plus rien à perdre mais une dernière chose à gagner : la franchise. » — Michel Marc Bouchard[1] 

Après avoir ému le public des quatre coins du monde : le retour attendu de cette «tragédie routière» d’ici

DRAMATURGE QUÉBÉCOIS PARMI LES PLUS JOUÉS DANS LE MONDE DEPUIS MAINTENANT 30 ANS, MICHEL MARC BOUCHARD A VU SON THÉÂTRE ÊTRE TRADUIT DANS DES DIZAINES DE LANGUES ET PRENDRE VIE SUR CINQ CONTINENTS. LA COMPAGNIE SE RÉJOUIT DE PRÉSENTER CETTE SAISON UNE NOUVELLE PRODUCTION DE SA PIÈCE LE CHEMIN DES PASSES-DANGEREUSES QUI A UN CONNU UN PARCOURS FASCINANT DEPUIS 1998, ANNÉE DE SA CRÉATION SUR LA SCÈNE DU THÉÂTRE JEAN-DUCEPPE. ENTRETIEN AVEC MICHEL MARC BOUCHARD.  

 

Vous avez planté plusieurs de vos histoires dans votre région natale. Les textes qui ont d’ailleurs la résonance la plus importante sur la scène internationale sont Les Muses orphelines, Le Chemin des Passes-Dangereuses et Les Feluettes, toutes des pièces «régionales». Ça vous étonne?

En effet, mes pièces qui sont campées au Lac-Saint-Jean, d’où je viens, où j’ai grandi, sont les plus jouées à l’étranger. Ça m’a amené à me questionner sur le rapport intime au public. J’ai le sentiment que plus on est proche de sa langue, plus on est proche de soi, plus il y a un écho universel indéniable. Qui aurait cru, par exemple, que Les Muses orphelines — qui se passe dans un petit village du Lac-Saint-Jean et qui raconte une histoire de famille assez fuckée ! — serait présentée sur cinq continents. On a récemment atteint 140 productions différentes !

Le Chemin des Passes-Dangereuses aussi. On compte au-delà de 60 productions. Elle a été jouée dans plus de 15 pays et sera également montée en Suisse et au Brésil cette année. Même si ça se déroule sur une route forestière d’ici, et qu’on a l’impression qu’on ne fait que parler du Québec et des Québécois, il n’en demeure pas moins qu’elle a touché beaucoup de gens à travers la planète. C’est fascinant de voir qu’on reçoit encore des demandes de partout. Comment ont-ils déniché le texte ? Comment, au bout du monde, peuvent-ils trouver un ancrage dans cette proposition-là ? On se questionne ! Mais, manifestement, ça les touche et ils font de cette proposition la leur.

Aussi, ce qui est formidable avec le théâtre, c’est qu’on ne transpose rien. Le Chemin des Passes-Dangereuses se déroule tout le temps au Lac-Saint-Jean. Peu importe la culture, peu importe la langue dans laquelle la pièce est produite. Et ça, c’est phénoménal parce que le théâtre a toujours été un lieu d’ouverture aux autres. Si on monte Shakespeare, ça se passe en Angleterre ou encore au Danemark, quand on monte Brecht, on est en Allemagne, Tchekhov, en Russie… Il y a cette notion du respect des lieux d’où provient la pièce pour atteindre une certaine forme d’universel.

 

Cette difficulté de communiquer entre hommes qu’évoque la pièce n’est donc pas propre au Québec?

Non, elle est aussi évidente partout. Je parle des hommes entre eux, et non pas des hommes avec les femmes. On est dans un monde où il est très difficile, pour la plupart des gars, de se montrer vulnérables. On a l’impression que de parler de choses qui sont plus intimes ou de ses sentiments, c’est exposer sa fragilité. Et un homme apprend à ne pas le faire et à ne pas nommer l’invisible, parce qu’il risque de passer pour un fou. En ce sens, c’est la parole des pères, que l’on a, par tradition, assassinée. Et peut-être qu’à force de se taire, il y en a certains qui ne savent plus comment agir.

 

Plus de 200 acteurs ont incarné Carl, Ambroise et Victor, de Montréal à Paris, de Rome à Strasbourg. Le Chemin des Passes-Dangereuses a même été présenté à La Havane. Une première pour un texte québécois, n’est-ce pas?

Oui, El camino de los passos peligrosos, la traduction en espagnol, y a été montée en 2006. C’était la toute première fois qu’un texte d’ici était joué et publié à La Havane. C’est quand même extraordinaire. À Montréal, nous en sommes à la quatrième production du Chemin et je tiens à dire à quel point je suis fier de l’avoir créé chez DUCEPPE, il y a pile 20 ans. Cette pièce a eu un tel écho par la suite ! La compagnie peut se réjouir d’avoir contribué à son succès. C’était un pari un peu risqué à l’époque, en 1998, par rapport au type de pièce. Ils y ont cru. On a même dû ajouter des représentations supplémentaires. C’était alors complètement inespéré. Je leur en suis, encore aujourd’hui, très reconnaissant.

Je trouve d’ailleurs formidable qu’on la présente à nouveau chez DUCEPPE et que le public voie un texte revenir vivre à l’endroit où il a été créé. Toute la route parcourue par cette pièce, les approches extrêmement diverses qui ont été privilégiées depuis sa naissance, c’est incroyable. Quand tu passes de la vision des Italiens à celle des Australiens… Ou d’un état infiniment onirique à une approche carrément naturaliste — et les deux sont par ailleurs valables —, j’ai vu de tout ! J’ai vu des productions reposer sur des scénographies assez périlleuses, par exemple à Guadalajara, au Mexique, alors que la scène était étroite et à pic, en forme de « V ». Ou à Naples, sans aucun décor, dans un rapport au corps avec lequel nous sommes moins familiers ici. C’était une longue et magnifique chorégraphie et, avant chaque représentation, les acteurs devaient faire une heure de conditionnement physique ! Ils entraient ainsi en scène avec une vraie fatigue. J’ai vu des spectacles uniquement dans l’eau… et même de la gigue ! Le Chemin inspire des univers très éclatés.

C’est drôle, mais c’est beaucoup l’étranger qui nous apprend que nos pièces ne vieillissent pas. Le fait qu’elle soit encore jouée un peu partout, qu’il y ait toujours des demandes, ça démontre la pertinence de son propos qui ne semble pas vieillir. Et c’est souvent l’étranger qui nous rassure par rapport à ça.

 

C’est vous qui avez demandé à ce que ce soit Martine Beaulne qui assure la mise en scènede cette nouvelle production?

Absolument. Martine et moi avons eu une expérience très heureuse avec la reprise des Muses orphelines chez DUCEPPE en 2013, et il y a une vraie complicité qui s’est établie. Quand je lui ai parlé de ce nouveau projet, j’étais riche de toutes les productions du Chemin que j’ai pu voir, j’avais une réflexion sur la pièce, des désirs, et on les partageait mutuellement.

Son approche est plus intimiste qu’à sa création en 1998, alors que Serge Denoncourt assurait la mise en scène. Et ce, jusqu’au niveau du son. Les acteurs seront d’ailleurs amplifiés ou « mikés » — ce qui est très rare chez DUCEPPE — pour préserver cette intimité et la dimension métaphysique que propose la pièce. Sa construction et sa temporalité sont complètement déstructurées à un moment donné, et il y aura un certain jeu sur le son et une utilisation de la vidéo. Martine souhaitait aller vers un langage scénographique plus contemporain.

Beaucoup de gars ont dirigé Le Chemin des Passes-Dangereuses. Je trouve intéressant qu’une femme, avec sa sensibilité féminine, la monte cette fois !

[1] Michel Marc Bouchard, « POURQUOI ÉCRIRE LE CHEMIN DES PASSES-DANGEREUSES? », dans Le Chemin des passes-dangereuses, Montréal, Leméac, 1998

 

Quand les hommes parleront…

Vous allez assister ce soir à ce que Michel Marc Bouchard appelle « une tragédie routière ».

Trois frères que tout sépare sont victimes d’un terrible accident de la route. Ils se retrouvent sur les lieux mêmes où leur père est décédé des années auparavant, un drame qu’ils ont tous les trois vécu en silence.

Et les voilà contraints à un huis clos imprévisible au tournant du Chemin des Passes-Dangereuses.

Trois hommes autrement « muets » plongent dans leurs souvenirs d’enfance et leurs mensonges d’adultes jusqu’à atteindre le secret qui les hante.

Cette cérémonie des aveux, cette fête de la MÉMOIRE, est l’une des œuvres les plus riches de Michel Marc Bouchard. Troublante et foisonnante, elle touche à nos cordes sensibles, à nos obsessions, à nos contradictions et à nos tourments, et jette un regard lucide sur le silence des hommes.

Vingt ans après sa création chez DUCEPPE, cette œuvre d’une actualité brûlante met en scène des hommes qui vont enfin se parler car, chez Michel Marc Bouchard, « l’amour ne baisse jamais les bras ».

Bon anniversaire, bon théâtre.
Michel Dumont

MOT DE L’AUTEUR

MICHEL MARC BOUCHARD

Cette nouvelle production du Chemin des Passes-Dangereuses marque le 20e anniversaire de cette pièce créée en février 1998 chez DUCEPPE.

Depuis sa création, deux cents comédiens dans plus de 60 productions à travers le monde se sont reconnus dans cette parole donnée pour la première fois ici dans une mise en scène de Serge Denoncourt avec Sébastien Delorme, Patrice Godin et Normand D’Amour.

Cette histoire qui semblait au départ ne parler que de nous a touché un public de partout car parler du silence de nos pères et de nos frères semble être sujet universel.

Elle a été la première pièce québécoise publiée et jouée à Cuba. Elle a fait l’objet d’une dizaine de productions en Italie et en France. De l’Irlande à l’Australie en passant par le Mexique et le Pérou, des hommes de tous les horizons se sont reconnus dans la peur d’exprimer leurs émotions autant dans la détresse que dans la joie.

Bientôt à l’affiche au Brésil et une fois de plus en Italie, Le Chemin des Passes-Dangereuses, a vu le jour grâce à la générosité de Michel Dumont et à toute l’équipe de DUCEPPE. Ce soir, c’est entre les mains de mon amie Martine Beaulne qu’elle revient au bercail.

À une époque où la parole des hommes est devenue suspecte tout est encore en place pour nous protéger des autres et de nous-mêmes. Nous sommes en état de guerre avec la pensée. Nous nous dépouillons d’arguments. Les intellectuels sont dangereux. Les philosophes sont ennuyants. Les poètes sont préhistoriques.

Le mot est mort; vive l’image!

Alors, quoi? Se taire! Pourquoi oser écrire? Pour oser vivre!

Michel Marc Bouchard

Mot de la metteure en scène
Martine Beaulne

Cette tragédie routière de Michel Marc Bouchard dépeint avec force, rythme et poésie les relations tendues et complexes entre trois frères. Dans un Québec marginalisé, ce huis clos révèle une intimité masculine hors du commun empreinte de fissures identitaires, de ruptures familiales, de relations amoureuses et affectives fragilisées. En route vers le camp de pêche familial, ils sont victimes d’un accident de camion, et ce, au même endroit où a eu lieu, il y a de cela quinze ans, la mort de leur père. L’effondrement des rapports se révèlent suite à la violence de l’accident. Spirales affectives dictées par la figure du cercle, de la mémoire, du désir et de la cruelle réalité.

La violence du paysage semble toutefois, par opposition, animer une tentative de réconciliation et un sauvage besoin de franchise.

Le chiffre trois anime cette rencontre. Carl, Ambroise et Victor, trois frères qui ne se sont pas vus depuis trois ans, trois cœurs à aimer comme l’écrit le père, trois années passées depuis la mort de la mère, trois vies accidentées qui font malheureusement des dommages collatéraux à trois proches de la famille : Lucie, Martin, la mère.

Cette traversée, ce rituel de passage évoqué à travers cette partition à trois voix, contient ce présent généralisé composé du passé, du présent et de l’avenir.

On y perçoit un tableau du Québec avec ses espoirs, ses défaites, ses déchirements, ses impressions…d’indépendance!!!

À vous, de vous engager au cœur de la vérité crue!!!

Merci à tous et toutes, acteurs, concepteurs, techniciens et équipe de DUCEPPE.

Martine Beaulne

 

N.B Merci à Ginette Hardy, Hélène Desperrier et François Roux pour l’accessibilité aux lieux de tournage. Merci à Frédéric Boudreault, stagiaire en mise en scène, pour sa disponibilité et la pertinence de ses commentaires.

Ça, c’est du théâtre! J’avais vu la version originale il y a 20 ans. Version différente mais tout aussi forte!
— R. C.

J’ai beaucoup aimé la pièce. J’ai été fortement impressionné par la performance des comédiens. Techniquement ça devait être un énorme défi pour eux. Ils l’ont relevé avec brio. Ils ont démontré que les meilleurs comédiens sont au Québec. Merci, merci, merci !
— D. G.

J’avais déjà vu cette pièce il y a 20 ans. Et mes souvenirs de cette pièce étaient bons. Et j’ai eu les mêmes émotions en la regardant à nouveau.
— C. M.

Texte touchant, sensible et poétique sur l’amour et l’amitié entre hommes transmis dans la violence parfois silencieuse. Bravo à ces jeunes comédiens qui sont la relève!
— N. D.

Excellent. Belle progression dans cette histoire qui nous permet de comprendre petit à petit le mal de vivre de nos personnages et tout ceci pour nous amener à une conclusion pleine d’émotions.
— D. P.

Le texte de Michel-Marc Bouchard est très fort, à la fois poétique et cru. Il soulève des questions fondamentales (communication, responsabilité, remords…). Très bien défendu pas les comédiens, la mise en scène et le décor.
— O. L.

Bonne pièce et très bons comédiens! Réflexion sur le silence et la prise de parole, et les liens fraternels. Texte intense, percutant et touchant.
M. B.

J’ai adoré et mon fils de 17 ans qui m’accompagnait a également adoré! Il n’est pas facile à charmer et pourtant, le texte de Michel Marc Bouchard a réussi à le faire!
— N. N.

Pour moi le spectacle fut extraordinaire, particulièrement au niveau du texte. Ça me rejoignait en maints endroits : la non-communication, l’incompréhension, la honte, la gêne, et le vécu de chacun des personnages selon sa personnalité. Chacun essayant de s’en tirer au mieux avec la vie, dans un certain paraître, plutôt que dans la parole.
— P. H. B.

Troublant, touchant, juste et tout à fait magnifique. Autant par la mise en scène/décor à la fois sobres, créatifs, intelligents et efficaces, que par le texte très prenant et subtile. De haut calibre comme interprétation et jeu des acteurs, tout un privilège pour moi de les voir enfin sur les planches et non seulement à la télévision. Ce qui valait plus que le déplacement de Gatineau vers Montréal en bus 🙂
— M. R.

Très belle interprétation d’une réalité quotidienne dans certaines familles. Le manque de communication, l’éloignement de chacun, les secrets … Et un évènement qui fait tout basculer.
— J. F.

J’ai été happé par l’intensité des interprétations.
— L. L.

Les comédiens étaient investis dans leur rôle. L’histoire, riche en émotions non avouées, nous a permis de voir à l’intérieur de ces trois gars bien de chez nous. Dynamique universelle.
— N. J.

Excellente mise en scène, décors sobres et beaux, acteurs chevronnés et tout à fait à la hauteur de ce texte fort et puissant. Nous avons été touchés y nous y avons cru du début à la fin. Bravo!
— S. F.

J’ai vraiment apprécié cette pièce. La mise en scène et le jeu des comédiens étaient impeccables. Ils m’ont fait passer par toute une gamme d’émotions. De plus, même si elle date de quelques années, les enjeux y sont encore d’actualité.
— N. B.

Des frissons, de toute la gamme des émotions possibles. Un plaisir de voir évoluer les trois comédiens qui m’ont tenu en haleine du début à la fin.
— J. O. L.

Magnifique traitement de la vie et la mort dans un décor associé aux tourments des dialogues. Félicitations!
— R. C.

Belle soirée-théâtre.  Très touchant, mise en scène et décors remarquables ainsi que le jeu des 3 comédiens.
— S. R-B.

Excellent spectacle doublé d’une brochette d’acteurs formidables. Une représentation exceptionnelle.
— F. B

Les comédiens étaient tout simplement géniaux. Ils campaient leur rôle à la perfection. J’ai été happé par le texte qui montre tous les non-dits, les silences… Bravo !
— C. P.

Brillant!  Une performance à couper le souffle, un texte dense sur la difficulté de certains hommes à parler de leur intimité, des vraies choses.  Décor original. J’ai beaucoup aimé.
— J. B.

J’ai adoré!!  Quel texte et quel travail de mémorisation des acteurs, j’ai découvert un comédien que je ne connaissais pas du tout, celui qui incarne Carl!  Sublime!
— G. B.

Très forte impression. Un texte à la fois dur et poétique.  Trois frères incarnés par d’excellents comédiens qui ont su rendre toutes les nuances du texte de Michel Marc Bouchard.  Suis sortie bouleversée.
— F. B.