Des souris et des hommes

Texte John Steinbeck

Mise en scène Vincent-Guillaume Otis

Traduction Jean-Philippe Lehoux

Interprétation Benoit McGinnis, Guillaume Cyr, Nicolas Centeno, Maxim Gaudette, Mathieu Gosselin, Marie-Pier Labrecque, Martin-David Peters, Luc Proulx, Gabriel Sabourin

Du 24 octobre au 1er décembre 2018

SUPPLÉMENTAIRES : 24 novembre, 25 novembre et 29 novembre

1 h 30 sans entracte

Résumé de la pièce

George et Lennie rêvent. De liberté, de prospérité et d’un peu de bon temps. Inséparables, ils voyagent de ferme en ferme, travaillant dur afin de réunir assez d’argent pour réaliser leur projet : posséder leur propre terre, élever des lapins et goûter un bonheur tranquille. George, débrouillard et protecteur, veille depuis toujours sur Lennie, son ami simple d’esprit. Pourvu d’une force herculéenne, Lennie aime caresser tout ce qui est doux de ses mains redoutables. Dans cette vie de misère, de labeur et de survie, où prime généralement le chacun pour soi, George et Lennie comptent l’un sur l’autre. Ils se heurteront, malgré cela, à une cruelle fatalité.

Chef-d’œuvre de la littérature américaine, tragédie simple et puissante qui dépeint l’humanité à son état brut, Des souris et des hommes de John Steinbeck figure parmi ces grands classiques qu’il importe de revisiter. De nombreuses fois adapté pour la scène, le cinéma et la télévision, le texte vivra dans une langue vive et fulgurante grâce à une nouvelle traduction signée Jean-Philippe Lehoux. Alors que le mythe du rêve américain continue de produire son lot de démunis et de laissés-pour-compte, cette fable intemporelle sur l’amitié et la quête de liberté trouve toujours écho aujourd’hui.


L’avis des critiques

«Vincent-Guillaume Otis a tiré la substantifique moelle [de la pièce]. Sa mise en scène est précise, maîtrisée, et chaque geste des interprètes compte
– Luc Boulanger, La Presse

«Benoît McGinnis et Guillaume Cyr sont parfaits. La fin de la pièce […] m’a laissée en larmes. »
– Marie-Claire Girard, Huffington Post

«Guillaume Cyr est extraordinaire. […] une mise en scène qui est directe, franche, pas de détours. Tous les comédiens sont très bons.»
– Evelyne Charuest, Gravel le matin (ICI Première)

«La pièce a des résonances très fortes avec le contexte actuel.»
– Noémi Mercier, Pas tous en même temps (ICI Première)

«Le rôle de Lennie est joué par Guillaume Cyr; il est vraiment bien campé, ce personnage extraordinaire […] C’est une grande pièce de théâtre qui vaut le déplacement»
– Francine Grimaldi, Samedi et rien d’autre (ICI Première)

«C’est une très belle production, qui est très fidèle au texte. […] Guillaume Cyr se tire à merveille du rôle de Lennie […] L’environnement, le décor, les costumes, évoquent l’ADN de l’Amérique. […] La distribution est formidable
– Marc-André Lussier, Culture club (ICI Première)

«Ça souligne ce changement total qui s’est produit chez Duceppe
– René Homier-Roy, Culture club (ICI Première)

«Une bromance américaine réussie […] La chimie Cyr/McGinnis fonctionne à merveille.»
– Thomas Campbell, Mazrou

«Mention spéciale à Luc Proulx […] qui tire son épingle du jeu d’une manière brillante. Il joue […] avec une langueur et une précision d’émotion qui vient nous toucher vraiment droit au coeur
– Frédérick Moreau, CIBL

Toutes les critiques

Témoignages

Une grandiose histoire d’amitié toute simple dans sa complexité. J’ai adoré. Et quelle mise en scène !
— J.G.

Superbe pièce, avec de l’action, bien jouée, très touchante, compacte en 1h30. Nous avons adoré.
— C-A.M.

Excellente mise en scène sous forme de tableaux. Chacun d’eux, dans une succession lente, viennent nous questionner et nous émouvoir. Le jeu de Guillaume Cyr est juste et convainquant. Intéressant de revisiter les classiques sans les dénaturer.
— F.B.

C’est une des meilleures pièces vues à ce jour. Beaucoup d’émotions… J’ai adoré!
— R.L.

 J’ai été complètement absorbée par la souffrance des deux personnages principaux. Benoit McGinnis, toujours à la hauteur, très juste dans son interprétation. Guillaume Cyr, que je connaissais moins, a livré à mon avis une performance époustouflante, immensément touchante et bouleversante, du personnage de Lennie.
— J.G.

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Vidéos

    Distribution

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    Benoît McGinnis

    George

    Guillaume_Cyr_Photo_Guillaume-Simoneau-w

    Guillaume Cyr

    Lennie

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    Nicolas Centeno

    Whit

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    Maxim Gaudette

    Curley

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    Mathieu Gosselin

    Carlson

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    Marie-Pier Labrecque

    Mae

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    Martin-David Peters

    Crooks

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    Luc Proulx

    Candy

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    Gabriel Sabourin

    Slim

    Benoît McGinnis

    Théâtre : L’homme éléphant; Demain matin, Montréal m’attend; Roméo et Juliette; Caligula; Hamlet; Avec Norm; Le vrai monde?
    Cinéma : Route 132; Le banquet
    Télévision : L’échappée; Victor Lessard; 30 vies; Aveux; Les hauts et les bas de Sophie Paquin
    Prochainement : Une autre histoire (Radio-Canada), ColoniséEs (Théâtre d’Aujourd’hui)
    Dernière présence chez DUCEPPE :
    Ils étaient tous mes fils

    Photo : Daphné Caron

    Dernière mise à jour : octobre 2018

    Guillaume Cyr

    Théâtre : La meute; Huit; La divine illusion; Les trois mousquetaires; Ils étaient quatre; Pour réussir un poulet
    Cinéma : Genèse; La nouvelle vie de Paul Sneijder; Louis Cyr; Liverpool; Fatal Bazooka; Babine
    Télévision : Léo; Clash; L’imposteur; Ça décolle!; Fatale-Station; 30 vies
    Prochainement : Les nôtres (cinéma); Une autre histoire (Radio-Canada)
    Première présence chez DUCEPPE

    Photo : Guillaume Simoneau

    Dernière mise à jour : octobre 2018

    Nicolas Centeno

    Théâtre : L’Île aux Trésors; Asticot; Autorisation parentale
    Cinéma : L’Ex-Kitschéen
    Télévision : Le Club des doigts croisés
    Vidéoclip : Combustible de Coeur de Pirate
    Première présence chez DUCEPPE

    Photo : Sandrick Mathurin

    Dernière mise à jour : octobre 2018

    Maxim Gaudette

    Théâtre : Les enivrés; 1984; Richard III; Furieux et désespérés
    Cinéma : Les êtres chers; Mes ennemis; Incendies; Polytechnique
    Télévision : Le jeu; L’imposteur; Marche à l’ombre; L’auberge du chien noir; Les Rescapés
    Prochainement : Britannicus (Théâtre du Nouveau Monde); 5e rang (Radio-Canada)
    Dernière présence chez DUCEPPE : Oncle Vania

    Photo : Andréanne Gauthier

    Dernière mise à jour : octobre 2018

    Mathieu Gosselin

    Théâtre : J’aime Hydro; Amour et information; Trois; Chante avec moi; Caligula (remix); Persée
    Télévision : Olivier; District 31; Série noire; Ces gars-là; Trauma
    Cinéma : Suivre la piste du renard; Starbuck; Quelques instants dans la vie d’une fraise
    Prochainement : J’aime Hydro (DUCEPPE)
    Première présence chez DUCEPPE

    crédit photo : Ulysse del Drago

    Dernière mise à jour : octobre 2018

    Marie-Pier Labrecque

    Théâtre : Edmond; Les Bâtisseurs d’empire; Les enivrés; Ciao Papa!; Une mort accidentelle; La divine illusion
    Télévision : O’; Unité 9; Victor Lessard
    Prochainement : Électre (Espace GO); Une maison de poupée (Théâtre Denise-Pelletier); Strindberg (Théâtre de L’Opsis)
    Première présence chez DUCEPPE

    Photo : Jade Bruneau

    Dernière mise à jour : octobre 2018

    Martin-David Peters

    Théâtre : Vu du pont; Les noirs sont heureux; Un air de famille
    Cinéma : En plein cœur; Nitro
    Télévision : Clash; Cheval-Serpent; Bye Bye 2016; Série noire
    Prochainement : À tous ceux qui ne me lisent pas (cinéma)
    Dernière présence chez DUCEPPE : Des hommes d’honneur

    Photo : Andréanne Gauthier

    Dernière mise à jour : octobre 2018

    Luc Proulx

    Luc Proulx
    Théâtre : Le petit Roi; L’Énéide; Bonbons assortis
    Cinéma : Dérive; Les affamés; Nitro Rush; Lance et compte : le film; Gerry;
    Télévision : Cheval-Serpent; District 31; O’; Mon ex à moi
    Première présence chez DUCEPPE

    Photo : Max Tremblay

    Dernière mise à jour : octobre 2018

    Gabriel Sabourin

    Théâtre : Le Prénom; Le Prince des jouisseurs; Cyrano; Les Bâtisseurs d’empire; Christine, la reine-garçon
    Cinéma : C’est le cœur qui meurt en dernier; La chute de Sparte; Miraculum; Amsterdam; Les doigts croches
    Télévision : Au secours de Béatrice; La Galère; District 31; Trauma
    Prochainement : Unité 9 (Radio-Canada); Ruptures (Radio-Canada); Mauvais goût (Espace Libre)
    Dernière présence chez DUCEPPE :
    Race (tournée)

    Photo : Jérôme Sabourin

    Dernière mise à jour : octobre 2018

    Crédits

    Décor
    Romain Fabre
    Costumes
    Marc Sénécal
    Musique
    Jean Gaudreau
    Accessoires
    Normand Blais
    Vidéo
    Yves Labelle
    Assistance à la mise en scène
    Stéphanie Capistran-Lalonde

    John Steinbeck

    Romancier américain, auteur de théâtre, journaliste et essayiste, John Ernest Steinbeck est né à Salinas, en Californie, en 1902. Jeune, il travaille notamment comme ouvrier agricole et cueilleur de fruits. Il étudie à l’université de Stanford et, en 1925, il se rend à New York. Il écrit quelque temps pour le quotidien New York American avant de revenir dans sa ville natale dès 1926.

    Après voir publié quelques titres, il connaît son premier succès avec Tortilla Flat paru en 1935. Cette série d’histoires comiques sur un groupe de paisanos, des marginaux habitant près de Monterey, lui vaut son premier prix littéraire. C’est avec cet ouvrage humoristique qu’il atteint la notoriété publique et critique, mais ses écrits prennent rapidement un ton plus sérieux.

    En 1936, il publie son célèbre Des souris et des hommes et En un combat douteux. Trois ans plus tard paraît ce qu’il considère comme son meilleur roman, Les raisins de la colère, pour lequel il reçoit le prix Pulitzer en 1940. Il présente son autre grand roman À l’est d’Éden en 1952. Son œuvre comprend plus de 25 titres et en 1966 est publié son ultime livre, Un artiste engagé, un recueil de reportages, de chroniques et d’essais politiques.

    Steinbeck met souvent en scène des personnages issus de la classe ouvrière confrontés à la Grande Dépression en Californie. Son souci de raconter la misère et les luttes de l’époque se traduit aussi par son travail de reporter, notamment pour le New York Herald Tribune pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Plusieurs de ses livres seront adaptés de son vivant au théâtre ou au cinéma. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1962 pour l’ensemble de son œuvre et la médaille de la Liberté des États-Unis en 1964.

    John Steinbeck meurt à New York le 20 décembre 1968, à l’âge de 66 ans.

    Photo : Sonya Noskowiak

    Vincent-Guillaume Otis

    Depuis sa sortie de l’École nationale de théâtre, Vincent-Guillaume Otis ne cesse d’émouvoir et d’impressionner dans la panoplie de rôles qu’il tient au théâtre, à la télévision et au cinéma.

    Sur scène, on a pu le voir notamment dans Beaucoup de bruit pour rien et La chanson de l’éléphant, toutes deux dirigées par René Richard Cyr, dans Maldoror par Olivier Kemeid, Construction sous la direction de Daniel Roussel, Othello de Denis Marleau et Une ardente patience d’Éric Jean. Sur la scène du Théâtre Jean-Duceppe, on l’a applaudi dans Minuit chrétien (2010) et Ils étaient tous mes fils (2015). Aussi metteur en scène, Vincent-Guillaume Otis a monté Ceux que l’on porte au Théâtre PÀP (2008) et Zorro, le 55e spectacle du Théâtre La Roulotte (2007). Il signe cette saison sa première mise en scène chez DUCEPPE.

    Acteur parmi les plus appréciés du public québécois, il s’est d’abord fait connaître des plus jeunes par ses interprétations dans les émissions du petit écran Kif-kif, Il était une fois dans le trouble et Une grenade avec ça. Mais il a vite séduit le grand public dans les séries René Lévesque – Un enfant du siècle, Caméra café, Annie et ses hommes, Apparences et Musée Éden. Il a également joué dans Série noire, Mensonges et Web thérapie. De plus, il incarne Patrick Bissonnette dans District 31 et Étienne Dalphond dans Ruptures, à Radio-Canada.

    Au cinéma, c’est dans le rôle-titre de Babine, le film de Luc Picard, qu’il a charmé les cinéphiles et l’industrie. Il était aussi de la distribution des longs métrages Le Survenant, Le guide de la petite vengeance, Ce qu’il faut pour vivre, Code 13, Le déserteur, Gabrielle, La maison du pêcheur et Chasse-galerie.

    Vincent-Guillaume Otis était finaliste au dernier gala Artis dans les catégories « Meilleur rôle masculin : série dramatique annuelle » et « Personnalité masculine de l’année ». Ses performances dans Série noire II et Musée Éden lui ont valu des nominations aux Prix Gémeaux. Il était également en nomination pour son rôle dans Babine aux Prix Jutra.

    Photo : Julie Perreault

    Jean-Philippe Lehoux

    Diplômé de l’École nationale de théâtre en écriture dramatique, Jean-Philippe Lehoux est auteur, comédien et traducteur. Il a remporté le prix Gratien-Gélinas 2013 offert par la Fondation du CEAD, la récompense la plus prestigieuse remise à un auteur de la relève en écriture dramatique du Canada francophone. Ce prix récompensait sa pièce L’Écolière de Tokyo, créée au Théâtre Denise-Pelletier en 2016.

    Jean-Philippe Lehoux est auteur en résidence au Théâtre La Licorne, où ses pièces Comment je suis devenue touriste et Normal ont été produites. C’est aussi à cet endroit qu’a vu le jour en 2014 son one-man-show intitulé Napoléon voyage, un grand succès critique et populaire, repris à l’automne 2015 au Théâtre du Rideau Vert, puis en tournée à travers le Québec. On lui doit également l’adaptation de L’Île au Trésor de Robert Louis Stevenson, présentée à Bonaventure à l’été 2013 et dans laquelle il jouait plusieurs rôles.

    Jean-Philippe Lehoux est l’auteur de la comédie musicale pour adolescents Le chant du koï (Théâtre Le Clou), finaliste au prix Louise-LaHaye 2015 qui récompense la meilleure pièce jeune public de la saison. Enfin, il a écrit la pièce Irène sur mars, mettant en vedette Pauline Martin, créée à Carleton à l’été 2016 et présentée à Montréal, au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, à l’hiver 2017. Une tournée de plusieurs villes suivra.

    Également comédien, on l’a vu notamment dans deux œuvres mises en scène par René Richard Cyr : Intouchables, au Théâtre du Rideau Vert (2015) et partout en province, ainsi que Caligula, au TNM (2017).

    Professeur à l’École nationale de théâtre, il recevait en 2016 le prix Bernard Amyot pour l’enseignement – section française, distinction décernée annuellement, et qui souligne l’apport exceptionnel au renouveau de la formation par un nouvel enseignant.

    Photo : William Rhéaume

    Vincent-Guillaume Otis et Jean-Philippe Lehoux partagent leur vision de ce grand classique

    Automne 2015, sur les planches de DUCEPPE, Vincent-Guillaume Otis incarne Georges Deever dans Ils étaient tous mes fils d’Arthur Miller. Il partage la scène avec Michel Dumont, alors directeur artistique de DUCEPPE. En coulisses, il apprend que la compagnie projette de produire Des souris et des hommes. En partageant cette même scène, Benoît McGinnis et Vincent-Guillaume s’enthousiasment à l’idée de s’attaquer à ce classique de la littérature américaine; Vincent-Guillaume fera la mise en scène et Benoît jouera le rôle de George. Il s’associe ensuite au dramaturge Jean-Philippe Lehoux, également acteur et traducteur, afin de créer leur version de cette œuvre immortelle.

    ENTRETIEN AVEC VINCENT-GUILLAUME OTIS, METTEUR EN SCÈNE, ET JEAN-PHILIPPE LEHOUX, TRADUCTEUR.

    Qu’est-ce que vous souhaitiez mettre en lumière avec cette production de Des souris et des hommes ?

    JEAN-PHILIPPE LEHOUX — Le côté tragique. On peut avoir un souvenir de cette pièce comme d’une aventure un peu bucolique, folklorique, de deux amis sur les routes de l’Ouest américain, dans les années 30… Mais, ce qui nous semblait intéressant et qui, à notre avis, allait bien fonctionner sur une scène en 2018, c’était son aspect impitoyable. Une histoire qui se referme implacablement sur des hommes. Lennie, ce géant simple d’esprit, porte en lui tellement de maladresse et d’amour, lesquels malgré lui, mènent au pire… On a décidé de se concentrer sur ces relations humaines tragiques et sur cette amitié entre Lennie et George.

    Quand j’ai relu la pièce et le roman, j’y ai tout de suite vu la fin du fameux rêve américain auquel on croyait tant à cette époque. Il y a d’abord le rêve commun qui soude George et Lennie, celui de posséder une ferme à eux, mais il y a aussi les aspirations de tous les autres personnages. Ils ont tous une carapace, cachent leurs émotions, ne se dévoilent pas trop, mais dès que l’armure baisse, on se rend compte que chacun rêve à sa façon. Qu’il s’agisse de liberté, de gloire, d’amour, d’acceptation, etc. Ils n’ont pas le choix de projeter une image fière, dure et travaillante, mais au fond chacun est un petit gars, une petite fille, qui aimerait bien se sortir de là. C’est le grand rêve américain des années 30 : Hollywood, réussite financière, accès à la propriété, etc.

    On en rêve toujours aujourd’hui, mais on n’a plus la même naïveté. On tente toujours d’arriver au succès, mais, l’histoire nous l’a montré, la littérature nous l’a prouvé, c’est plutôt difficile. Steinbeck n’était pas dupe du tout, il était allé visiter les camps de travail dans les années 30 où il a été témoin de conditions de vie et de travail exécrables. Et si l’auteur n’était pas dupe, nous, on l’est encore moins aujourd’hui. Donc, on ne pouvait pas se permettre d’être complaisants envers l’œuvre.

    VINCENT-GUILLAUME OTIS — Aujourd’hui, avec le recul, celle-ci devient en effet une critique très forte de l’échec de ce rêve américain. Même si dans son discours sur l’état de l’Union de janvier, Donald Trump affirmait qu’«il n’y a jamais eu de meilleur moment pour vivre le rêve américain», on sait bien que ce système est une illusion et un échec qui crée son lot de laissés pour compte. Je me suis demandé combien de Lennie et de George écoutaient ça et y croyaient encore?

    Le temps qui a passé depuis la création de cette pièce en 1937 apporte un recul qui jette un éclairage nouveau sur celle-ci. Et c’est avec ce regard qu’il fallait la monter en 2018. Nous sommes davantage dans le film noir que dans la chronique historique et l’idée était de réduire l’histoire à sa texture la plus dense pour laisser le plus de place possible au texte, mais aussi aux acteurs, qui portent l’œuvre. On a voulu faire quelque chose de dramatiquement brut, et je pense que même les jeunes d’aujourd’hui vont embarquer dans cette espèce de franchise avec laquelle on a décidé de raconter cette histoire. L’idée du tragique, du destin… je suis certain qu’ils vont y adhérer.

    Il était important pour vous de remonter Des souris et des hommes en 2018, pour un public neuf, au même titre qu’une tragédie comme Othello ou Oreste?

    V-G – En effet, c’est important, comme ça l’est de remonter du Shakespeare ou tout autre classique, toute autre grande tragédie. Les thèmes y sont universels : les aspirations un peu confuses de tous les êtres humains, notre désir de liberté, d’une vie et d’un monde meilleurs.

    Des souris et des hommes est d’ailleurs une tragédie au sens structurel du terme. Steinbeck disait qu’il avait voulu faire une pièce fulgurante, enchaînée et sans temps mort, dans la conscience de son destin tragique. La structure est vraiment celle d’une tragédie classique. La fatalité, le dénouement dramatique qui est inscrit déjà dans l’ouverture de la pièce, on se croirait dans une pièce de Racine! Les meurtres miroir, l’inéluctable, c’est, pour moi, de la pure tragédie.

    L’amitié profonde entre George et Lennie est devenue mythique. Pourquoi, à votre avis?

    J-P — Oui, cette amitié qui les unit malgré leur différence est un thème important ici. C’est probablement ce qu’il y a de plus touchant dans cette œuvre. Cette amitié improbable qui, malgré ce paysage extrêmement hostile, traverse les épreuves… Ils finissent par être toujours solidaires. On n’y croit pas trop au début, mais ils sont là l’un pour l’autre, avec dureté parfois, mais il y a une fidélité dans leur relation qui est poignante. Et c’est cette amitié qui devient un mythe, comme Hamlet ou Othello, c’est ce duo que tout le monde connaît, et dont l’évocation soulève plein d’émotions.

    V-G — Il y a quelque chose de très humain, mais aussi d’animal dans cette amitié. Vous savez, ce qu’on appelle la coopération entre deux animaux; chacun sert à l’autre. Ici, il y a quelque chose de primitif, c’est l’humanité dans ce qu’elle a de plus brute. Je le dis souvent à Benoît (McGinnis) qui interprète George, on n’est pas uniquement dans une relation d’aidant naturel. À certains moments, George s’élève sur Lennie, il se sert de lui pour avoir une contenance et c’est clair qu’il ne travaillerait pas autant sans lui. En passant, j’ai lu quelque part qu’à cette époque, 25 % des travailleurs saisonniers étaient des simples d’esprit. Des hommes sans toit, sans ancrage, qui étaient assidus et avaient besoin de boulot. C’est un chiffre éloquent.

    Vincent-Guillaume, vous êtes porte-parole de La Semaine québécoise de la déficience intellectuelle. Votre frère cadet vit avec une déficience intellectuelle. Ça a teinté votre travail de mise en scène?

    V-G — Je n’ai pas voulu monter cette pièce pour extérioriser quelque chose, ce n’est pas un transfert psychologique! Mais, c’est certain que j’ai une sensibilité qui m’attire vers cette œuvre. Avant de commencer le travail avec les acteurs, je m’étais promis de ne pas parler de mon frère. Mais, veux, veux pas, c’est une expérience que j’ai et ça a été impossible de ne pas la partager avec eux. Aussi, mon frère m’a amené à côtoyer des tonnes de personnes qui ont des déficiences intellectuelles. J’ai guidé Guillaume (Cyr) par moment, mais c’est lui qui a créé, construit son propre Lennie. Ça vient de lui, il l’a dessiné. C’est un acteur que je connais bien, d’une grande sensibilité. Il a toujours été évident pour moi que Lennie ce serait lui.

    C’est la foi en l’homme et la force du rêve de Steinbeck qui m’ont bouleversé quand j’ai lu ce grand roman pour la première fois.

    Quand s’est présentée cette opportunité unique pour moi de le monter sur scène, je suis allé voir mon ami Lehoux. Il m’a dit : « Aujourd’hui si on montait Des souris et des hommes, quand la pièce commence, la Salinas serait déjà rouge. Et il faut réduire l’œuvre à sa texture la plus dense afin d’induire toute sa force au mythe ». Il est brillant mon ami.

    Ensuite, je devais relier chacune des scènes avec un fil tragique et poursuivre la volonté de Steinbeck d’offrir une pièce naturelle et enchainée sans temps mort. Fulgurante. Implacable. Et consciente de son destin.

    Et cette phrase que j’ai lue je ne sais plus où et qui me trotte dans la tête depuis le début : « le désir de Lennie d’une terre n’est pas censé représenter la folie, mais l’aspiration confuse et puissante de tous les hommes ».

    Après… La générosité, l’intelligence et la sensibilité des interprètes et des concepteurs avec lesquels j’ai eu la chance de travailler et qui m’ont tiré sans cesse vers le haut, ont fait le reste. Bon spectacle.

    Vincent-Guillaume Otis

    Nous aimons cette histoire. Profondément.

    Quand nous sommes arrivés en poste, en avril 2017, Michel Dumont nous a parlé, les yeux brillants, du travail amorcé avec Vincent-Guillaume Otis sur cette nouvelle adaptation de la pièce Des souris et des hommes. Le hasard voulut que nous réfléchissions déjà depuis quelque temps à la nécessité de remonter ce texte de Steinbeck. La vie fait parfois bien les choses. Nous avons donc plongé avec confiance dans l’aventure.

    Des souris et des hommes, c’est, avant tout, une histoire d’amitié indispensable, car les deux protagonistes sont plus forts ensemble. Lennie a besoin de la débrouillardise et de la bienveillance de George. George a besoin de la compagnie et de la force de Lennie. Tout est plus facile à deux.

    Des souris et des hommes, c’est un regard toujours actuel sur le sort des travailleurs usés par la tâche. Des travailleurs qui font face à l’implacabilité de leur destin. Des travailleurs qui n’ont que le rêve comme possibilité d’évasion.

    Encore aujourd’hui, alors que nos vies tournent autour de la productivité et du profit, on oublie trop souvent ceux qui doivent parfois survivre dans des conditions inhumaines afin qu’un produit nous parvienne à moindre coût.

    Vincent-Guillaume a réuni une équipe de créateurs exceptionnels autour de ce chef-d’œuvre, que nous continuerons encore de nous raconter pendant plusieurs années.

    Bon spectacle!
    David Laurin et Jean-Simon Traversy

    Entrevue avec Vincent-Guillaume Otis – Entretien théâtre (Radio VM) > Écouter l’entrevue

    Entrevue avec Vincent-Guillaume Otis – Le Devoir > Lire l’entrevue

    Entrevue avec Vincent-Guillaume Otis – HuffPost Québec > Lire l’entrevue

    Entrevue avec Vincent-Guillaume Otis – VOIR > Lire l’entrevue

    Entrevue avec Benoît McGinnis – Gravel le matin > Écouter l’entrevue

    Entrevue avec Guillaume Cyr – Médium large > Écouter l’entrevue

    Entrevue avec Guillaume Cyr – Journal Métro > Lire l’entrevue

    Il n’y aura pas d’entracte. Durée approximative : 1 h 30.

    L’avis des critiques

    « Vincent-Guillaume Otis a tiré la substantifique moelle [de la pièce]. Sa mise en scène est précise, maîtrisée, et chaque geste des interprètes compte. »
    – Luc Boulanger, La Presse

    «Benoît McGinnis et Guillaume Cyr sont parfaits. La fin de la pièce […] m’a laissée en larmes. »
    – Marie-Claire Girard, Huffington Post

    « Guillaume Cyr est extraordinaire. […] une mise en scène qui est directe, franche, pas de détours. Tous les comédiens sont très bons. »
    – Evelyne Charuest, Gravel le matin (ICI Première)

    «La pièce a des résonances très fortes avec le contexte actuel.»
    – Noémi Mercier, Pas tous en même temps (ICI Première)

    «Il faut saluer le travail de traduction et d’adaptation de Jean-Philippe Lehoux. […] Il faut vraiment saluer Guillaume Cyr
    – Thomas Leblanc, Pas tous en même temps (ICI Première)

    «Le rôle de Lennie est joué par Guillaume Cyr; il est vraiment bien campé, ce personnage extraordinaire […] C’est une grande pièce de théâtre qui vaut le déplacement»
    – Francine Grimaldi, Samedi et rien d’autre (ICI Première)

    «C’est une très belle production, qui est très fidèle au texte. […] Guillaume Cyr se tire à merveille du rôle de Lennie […] L’environnement, le décor, les costumes, évoquent l’ADN de l’Amérique. […] La distribution est formidable
    – Marc-André Lussier, Culture club (ICI Première)

    « Ça souligne ce changement total qui s’est produit chez Duceppe. »
    – René Homier-Roy, Culture club (ICI Première)

    «[…] impeccable Guillaume Cyr, qui incarne avec intelligence un Lennie dépourvu et attachant. […] un des meilleurs acteurs de sa génération
    «Benoit McGinnis accote son collègue avec brio, livrant un George convaincant […]. Marie-Pier Labrecque, qui défend la belle Mae avec aplomb et adresse.»
    – Amélie Bélanger, Sors-tu? 

    «La traduction de Jean-Philippe Lehoux honore l’engagement de Steinbeck
    – Sébastien Bouthillier, MatTV

    «Une bromance américaine réussie […] La chimie Cyr/McGinnis fonctionne à merveille.»
    – Thomas Campbell, Mazrou

    «Cette pièce […] a rencontré tous ces buts dans la mise en scène épurée, sobre, intense et ciblée sur les relations humaines du metteur en scène Vincent-Guillaume Otis.»
    «Le décor […] illustre fort bien la réalité fruste des logements des travailleurs des champs à cette époque.»
    Luce Langis, Atuvu

    « Il [Vincent-Guillaume Otis] voulait rendre cela punché et sans temps mort, et le pari est réussi. La pièce est encore très, très pertinente. […] Une belle brochette d’acteurs. »
    – Myriam Arpin, CJSO

    «Mention spéciale à Luc Proulx […] qui tire son épingle du jeu d’une manière brillante. Il joue […] avec une langueur et une précision d’émotion qui vient nous toucher vraiment droit au coeur. […] C’est important de souligner le travail physique et hyper précis de Guillaume Cyr […]. Il a un vocabulaire physique hyper recherché.»
    – Frédérick Moreau, CIBL

    Excellent spectacle! J’avais déjà vu la pièce de théâtre à la télévision avec l’acteur Jacques Godin. La pièce était du même niveau! Bravo pour les acteurs et metteur en scène!
    — M.B.

    Ayant lu et relu le roman de Steinbeck plusieurs fois, j’avais des attentes et je n’ai pas été déçue. Pièce magnifique jouée par des comédiens de grand talent. Touchant et bouleversant.
    — S.G.

    Excellente pièce, jeu des comédiens irréprochable et mise en scène efficace. Même si on connaît déjà l’intrigue et l’issue, le spectacle en vaut largement le déplacement. Très bon choix de programmation.
    — M.L.

     J’ai été complètement absorbée par la souffrance des deux personnages principaux. Benoit McGinnis, toujours à la hauteur, très juste dans son interprétation. Guillaume Cyr, que je connaissais moins, a livré à mon avis une performance époustouflante, immensément touchante et bouleversante, du personnage de Lennie.
    — J.G.

    Absolument fabuleux. Une interprétation des acteurs bien au-dessus de mes attentes. Une très belle en mise en scène. Je connais la pièce et je trouve l’adaptation d’une grande force. J’ai été profondément touchée. La pièce va longtemps m’habiter. Je vais beaucoup au théâtre et cette pièce est un coup de cœur.
    — M.V.

    Très bien adaptée sans perdre l’essence de l’œuvre.
    — V.C.

    Un excellent spectacle; la mise en scène, le décor, l’adaptation du texte ainsi que le jeu des comédiens étaient exceptionnels. Une pièce de théâtre parmi mes meilleures.
    — D.T.

    J’ai adoré! […] j’ai été emportée par le jeu des comédiens. J’ai aussi beaucoup aimé la mise en scène qui n’était pas statique.
    — P.B.

    Excellente mise en scène. Des personnages attendrissants : le tout extrêmement bien interprété. On retrouve l’atmosphère de Steinbeck : l’accent étant principalement mis sur les conditions de vie de cette époque. Excellente pièce.
    — H.D.

    Très bonne pièce. La prestation de Guillaume Cyr est magistrale.
    — P.T.

    Je suis très contente d’avoir réentendu ce texte après tant d’années. Guillaume Cyr m’a profondément touchée. Quelle interprétation! Le reste de la distribution est aussi très bonne. Bravo à Otis qui a réuni tout ce monde et a rafraîchi ma lecture de ce classique. Enfin, la dernière scène est d’une grande force et nous a permis de mieux voir aussi le grand talent de McGinnis.
    — D.M.

    Très bonne adaptation de ce classique américain. Pas de temps mort. Bravo aux comédiens et à l’équipe technique!
    — D.C.

    Une grandiose histoire d’amitié toute simple dans sa complexité. J’ai adoré. Et quelle mise en scène !
    — J.G.

    Superbe pièce, avec de l’action, bien jouée, très touchante, compacte en 1h30. Nous avons adoré.
    — C-A.M.

    Excellente mise en scène sous forme de tableaux. Chacun d’eux, dans une succession lente, viennent nous questionner et nous émouvoir. Le jeu de Guillaume Cyr est juste et convainquant. Intéressant de revisiter les classiques sans les dénaturer.
    — F.B.

    C’est une des meilleures pièces vues à ce jour. Beaucoup d’émotions… J’ai adoré!
    — R.L.