
Michel Dumont
Directeur artistique de 1991 à 2018Michel Dumont aura été directeur artistique chez Duceppe pendant 27 saisons. Son passage sera marqué par un engagement fort envers la dramaturgie nationale, et ce, jusqu’à ne programmer que des créations québécoises lors de deux saisons (2009-2010 et 1997-1998), faisant de Duceppe, un des seuls théâtres institutionnels à remporter un tel pari.
Figure de proue du théâtre et de la télévision, directeur artistique de Duceppe depuis 1991, Michel Dumont enchaîne les rôles depuis plus de quarante ans en y laissant chaque fois une marque profonde. Son talent pour l'interprétation est un don qu'il n'hésite jamais à mettre en péril, explorant sans cesse les diverses facettes de son métier. Entre Kénogami (devenu Jonquière, puis Saguenay), où il est né et a grandi, où il est monté sur les planches pour la première fois, où il a goûté ses premiers succès et a reçu des mains de Paul Hébert un premier prix d'interprétation lors d'un festival de théâtre amateur, et Montréal où il s'installe en 1969, le chemin parcouru par Michel Dumont est impressionnant.
En 1999, dans une longue entrevue accordée au journaliste Pierre Maisonneuve pour l'édition du livre Michel Dumont, grandeur nature, publié chez Novalis, le comédien, jetant un regard sur sa carrière, se demandait: «Comment pourrais-je me plaindre?» Car Michel Dumont n'est jamais aussi heureux que lorsqu'il monte sur les planches. Quand on sait qu'il a joué dans plus de 75 pièces de théâtre et une quinzaine de téléromans et de téléséries au cours de sa carrière, on peut dire qu'il a non seulement côtoyé le bonheur mais qu'il a cohabité avec lui. Comment ne pas s'en réjouir? Quand le bonheur se porte d'aussi belle manière, on ne peut qu'être séduit. Le public de théâtre et les téléspectateur·trice·s québécois·es aiment Michel Dumont et il le leur rend bien.
Biographie
En 1973, Jean Duceppe fonde sa propre compagnie de théâtre et présente La mort d'un commis voyageur d'Arthur Miller, à Montréal. Il offre à Michel Dumont le rôle de Biff, l'un des deux fils de Willy Loman, le personnage central de la pièce, interprété par Jean Duceppe. «Ce sera, écrivait Chantal Éthier en avril 1999 dans le magazine Châtelaine, entre le comédien d'expérience et le jeune acteur, le début d'une longue complicité.»

Une carrière florissante
Par la suite, les grands rôles se succèdent. De l’incarnation de Petrucchio dans La Mégère apprivoisée de Shakespeare en 1973 à l’interprétation de Gaev dans La Cerisaie de Tchekhov en 2011, Michel Dumont a plus d’une fois impressionné le public par son jeu. Nous vous invitons à parcourir dans sa théâtrographie, une liste non exhaustive des rôles qu’il a tenus dans sa carrière.
À la télévision, Michel Dumont est également amené à camper une multitude de rôles depuis les années 1970 où il joue Fantoche, dans Picotine, une émission pour enfants qu’il coécrit avec Linda Wilscam. Au cours des années, il fait aussi sa marque dans les émissions Monsieur le ministre, Des Dames de cœur, Urgence, La Petite Vie, Omertà, La loi du silence, Providence et dans Yamaska, téléroman qui lui vaut une nomination aux prix Gémaux en 2010 et aux prix Artis en 2012. Il est récipiendaire de trois prix Gémeaux: en 1998 pour Omertà, la loi du silence (meilleure interprétation rôle de soutien: dramatique) en 2003 pour Bunker, le cirque (meilleure interprétation rôle de soutien: dramatique) et en 2013 pour Yamaska (meilleur rôle de soutien masculin: téléroman).
Au grand écran, on peut le voir, entre autres, dans Café de Flore de Jean-Marc Vallée et tout récemment, en 2015, dans Le Garagiste de Renée Beaulieu.
Veuillez vous reporter à la section filmographie de Michel Dumont afin d’en savoir plus.
À la suite du décès de Jean Duceppe, survenu le 7 décembre 1990, Michel Dumont devient directeur artistique de Duceppe. Il prenait alors la relève d'un homme que le public aimait «comme il aimait les René Lévesque et Félix Leclerc,» précisait-t-il dans Michel Dumont, grandeur nature. «La programmation […] l'image que nous avons auprès du public, le choix de présenter tel type de spectacle», tout cela reposait désormais sur lui. Et il s'y engageait, là encore, avec passion.
Au cours des années, le comédien Michel Dumont a abordé des rôles dont la charge symbolique et émotive est forte (comme celui de Willy Loman dans La mort d'un commis voyageur d'Arthur Miller). Jean Duceppe l'avait déjà campé et en avait laissé dans l'imaginaire collectif un souvenir impérissable. En avril 1999, lors de la première représentation de La mort d'un commis voyageur au Théâtre Jean-Duceppe de la Place des Arts, Michel Dumont quitte les autres acteurs et actrices afin d'aller préparer son entrée, seul, sous la scène. «Je me revois, relate-t-il encore dans Michel Dumont, grandeur nature […] seul avec mes deux valises. J'étais habité d'une peur mêlée d'un désir profond de monter sur scène. Je me souviens… Placé devant le miroir, j'ai redressé mon chapeau. Je revoyais Jean Duceppe dans son costume, avec son chapeau. […] Monsieur Duceppe, on y va tous les deux, on monte ensemble! Accompagné de Jean Duceppe, je suis monté. Une fois rendu sur la scène, il m'a laissé aller, j'ai joué mon rôle, tout seul. Comme si le cordon venait d'être coupé.»
Au fil des ans, sur la scène de Duceppe, il a campé des rôles aussi connus qu’éclectiques dont, entre autres, Ernest Hemingway (Dans l’ombre d’Hemingway), Antonio Salieri (Amadeus), Henri II Plantagenêt (Le Lion en hiver), Big Daddy (La chatte sur un toit brûlant), monseigneur Charbonneau (Charbonneau et le Chef), Vania (Oncle Vania) et le cardinal Mazarin (Le Diable rouge).

Militant pour la vie
En janvier 2010, Michel Dumont a été honoré par l'Assemblée nationale du Québec pour son engagement à titre de porte-parole de la Société d'Alzheimer Rive-Sud. Le 25 mai 2001, il recevait un doctorat honorifique de l'Université du Québec à Chicoutimi. Cette grande marque d'estime, de respect et de reconnaissance, le directeur artistique de Duceppe l'a accueillie avec fierté, mais aussi avec toute l'humilité qu'on lui connaissait. Aboutissement d'une carrière fructueuse qui l'a mené de Kénogami, où il est né en 1941, jusqu'à Montréal? Plutôt un formidable encouragement à poursuivre son travail avec toute la passion qui l'habitait. En 2013, Michel Dumont a été nommé officier de l’Ordre national du Québec.
Lecteur boulimique, passionné de mots croisés, amoureux des chats, curieux de tout, Michel Dumont avait une relation d'amour passionnée avec la vie, aux sources de laquelle il puisait son immense talent et son énergie sans fin et dans laquelle il a tracé des sillons indispensables et profonds.
Sa dévotion à partager son amour du théâtre avec tous et toutes, mais en particulier avec les futures générations est à souligner. Son enthousiasme pour les arts de la scène se faisait sentir dans toutes les causeries publiques qu’il animait et dans toutes les rencontres chaleureuses qu’il partageait avec le public. Le travail acharné de Michel Dumont continuera de laisser une marque indélébile dans l’histoire du théâtre québécois.
Le 13 août 2020, Michel Dumont s'éteint à l'âge de 79 ans. Plusieurs de ces camarades acteurs et actrices lui rendent alors hommage. Le comédien Denis Bernard, avec qui il a partagé la scène à plusieurs reprises, dira: «C’est un énorme morceau de la culture qui est parti. C’est un artiste immense, mais surtout un cœur immense, qui nous quitté.».
Hommage à Michel Dumont
Quelques rôles joués au cinéma
Année | Film | Réalisation | Production |
1990 | Cargo | François Girard | Les productions Cargo inc. pour Velvet caméra inc. et Cléo 24 inc. |
2006 | Sans elle | Jean Beaudin | Christal Films |
2010 | Café de Flore | Jean-Marc Vallée | Item 7 et Films Crazy |
2012 | Omertà | Luc Dionne | Cinémaginaire |
2015 | Le garagiste | Renée Beaulieu | Production du moment et TVA Films |
Quelques rôles joués à la télévision
Année | Rôle | Émission/télésérie/téléroman | Auteur |
De 1970 à 1978 | Éric St-Germain | Les Berger | Marcel Cabay |
De 1972 à 1975 | Fantoche | Picotine | Michel Dumont et Linda Wilscam |
De 1976 à 1982 | Vincent Tremblay | Du tac au tac | André Dubois, Jean-Pierre Plante, Raymond Plante |
1978 | Colonel Chandler | Le procès d'Anderson | Louis-Georges Carrier, André Dubois |
De 1978 à 1981 | Jos | Race de monde | Victor-Lévy Beaulieu |
De 1982 à 1986 | Alain Robert | Monsieur le ministre | Solange Chaput-Rolland |
De 1986 à 1989 | Gilbert Trudel | Des Dames de cœur | Lise Payette |
De 1991 à 1994 | Henri St-Jean | Marilyn | Lise Payette |
De 1993 à 1998 | Sergent Tanguay | La petite vie | Claude Meunier |
En 1996 et 1997 | Gilbert Tanguay1 | Omertà, la loi du silence | Luc Dionne |
1997 | Gilbert Tanguay | Omertà II, La loi du silence | Luc Dionne |
1997 | Le docteur Yves Perras | Urgence | Fabienne Larouche et Réjean Tremblay |
1998 à 1999 | Léo Paradis | La Part des anges | Sylvie Payette |
De 1999 à 2001 | Léon Béliveau (Vieux Jazz) | Rue L'Espérance | Jacques Savoie |
2001 | Jean Dansereau | L'or | André Petrowski, Anne Boyer, Michel d'Astous, Michelle Allen |
2002 | Maurice St-Jean2 | Bunker, le cirque | Luc Dionne |
De 2002 à 2008 | M. Charbonneau | Rumeurs | Isabelle Langlois |
2005 | Lemoyne | Détect Inc. | Claude Meunier |
2006 | René Bédard | Un Homme mort | Fabienne Larouche |
De 2007 à 2008 | Dr Larouche | Les étoiles filantes | François Archambault |
De 2009 à 2011 | Capitaine Lambert | Providence | Chantal Cadieux |
De 2009 à 2016 | Zachary Harrison3 | Yamaska | Anne Boyer et Michel D’Astous |
1 Prix Gémeaux 1998, meilleure interprétation dans un rôle de soutien
2 Prix Gémeaux 2003, meilleure interprétation dans un rôle de soutien
3 Nomination aux prix Gémeaux 2010, meilleur rôle de soutien
Quelques rôles joués au théâtre
Année | Rôle | Pièce | Auteur |
1972, 1982 | Brick | La chatte sur un toit brûlant | Tennessee Williams |
1973 | Petrucchio | La Mégère apprivoisée | Shakespeare |
1977 | Pip Thompson | Des frites, des frites, des frites | Arnold Wesker |
1983 | Henri Dumas | Les Gars | Jean Barbeau |
Vladimir | En attendant Godot | Samuel Beckett | |
saisons 1985-1986 et 2003-2004 | Monseigneur Charbonneau | Charbonneau et le Chef | John Thomas McDonough |
1987 | Lennie | Des souris et des hommes | John Steinbeck |
1987 | le juré no 8 | Douze hommes en colère | Reginald Rose |
1990 | Thomas Stockmann | L’ennemi du peuple | Henrik Ibsen |
1990 | Henri Higgins | Pygmalion | George Bernard Shaw |
1991 | Walter | Le Prix | Arthur Miller |
1993 | Sir Toby | La Nuit des rois | Shakespeare |
1993 | Pavel Kirilitch Lebedev | Ivanov | Anton Tchekhov |
1993 | Quentin | Après la chute | Arthur Miller |
1996 | Léopold | À toi, pour toujours, ta Marie-Lou | Michel Tremblay |
1998 | Édouard | Un simple soldat | Marcel Dubé |
1999 | Willy Loman | La mort d'un commis voyageur | Arthur Miller |
2000 | Big Daddy | La chatte sur un toit brûlant | Tennessee Williams |
2003 | Sir George | L'Habilleur | Ronald Harwood |
2006 | Vania | Oncle Vania | Anton Tchekhov |
2008 | Henri II Plantagenêt | Le Lion en hiver | James Goldman |
2009 | Antonio Salieri | Amadeus | Peter Shaffer |
2009 | Henri | Une maison face au nord | Jean-Rock Gaudreault |
2010 | Denis | Excuse-moi | Serge Boucher |
2010 | Gaev | La Cerisaie | Anton Tchekhov |
2011 | Ernest Hemingway | Dans l'ombre d'Hemingway | Stéphane Brulotte |
2013 | Mazarin | Le Diable rouge | Antoine Rault |
2013 | Rosaire Bouchard | La traversée de la mer intérieure | Jean-Rock Gaudreault |
2014 | Simon | Août - Un repas à la campagne | Jean Marc Dalpé |
2015 | Joseph Keller | Ils étaient tous mes fils | Arthur Miller |
2016 | Henri | Les héros | Gérald Sibleyras |
Étés 2003 et 2004 | Le Dîner de cons | Francis Veber | |
Été 2005 | François Tremblay | Un homme en taxi en vaut deux | Ray Cooney |
Été 2006 | Richard Watier | Libre Échange | Ray Cooney |
Été 2007 | Richard Watier | Tiens ça mort | Ray Cooney |






