
Participez à la soirée-bénéfice annuelle de Duceppe qui aura lieu le 15 avril 2026.

Quel geste de générosité vous a récemment touchée ?
J’ai réfléchi aux grands gestes et j’ai réalisé que ce qui me touche et m’impressionne peut-être le plus, c’est de voir n’importe quel individu donner de son temps pour une cause. Le temps est une chose qu’on ne peut pas stocker. Le temps ne s’accumule pas, ne se récupère pas, ne se multiplie pas. De grands gestes de don d’argent, on en voit souvent, c’est admirable et essentiel. Mais le don de temps, c’est un bout de notre existence que l’on offre et que l’on ne va jamais rattraper. C’est remarquable et généreux.
Quelle œuvre — un tableau, un livre, une chanson, un spectacle… — vous accompagne depuis longtemps ?
J’ai beaucoup de difficulté à ne nommer qu’une seule œuvre… J’ai donc deux éléments de réponse. D’abord, les livres, de façon générale. Je suis une lectrice assidue et ça me permet de relaxer après mes journées de travail, de m’évader. J’aime beaucoup la littérature, particulièrement quand la langue est bien ficelée. Par exemple, toute l’œuvre de Leïla Slimani, une autrice que j’affectionne vraiment beaucoup. J’aime les fresques familiales qui m’amènent ailleurs, dans d’autres univers, d’autres pays, d’autres cultures. C’est très enrichissant pour moi.
Et sinon, en toute honnêteté, un spectacle qui m’a beaucoup marquée récemment, c’est Corps fantômes chez Duceppe que j’ai vu l’année passée avec mon frère. J’ai été complètement fouettée. C’est une œuvre qui m’a habitée longtemps. J’aime finir un livre et être triste de quitter les personnages, et ça m’a fait la même chose ! J’aurais continué avec l’équipe sur scène, j’aurais voulu en savoir plus. Le fait de comprendre mieux le passé de cette communauté m’a amenée vers une nouvelle perspective de la bataille qu’elle mène et doit continuer à mener. C’était un spectacle très envoûtant, mais avec de nombreux apprentissages à travers tout ça. J’aime quand une œuvre m’habite, que je n’ai pas envie de la quitter, que j’ai envie de la revoir. C’est ce que j’ai ressenti avec Corps fantômes.

Quel souvenir personnel vous a convaincue que la culture pouvait transformer une vie ?
J’ai été amenée à découvrir la culture très jeune parce que mes parents étaient très amis avec un couple de la communauté artistique. Ça nous a permis, à mon frère et moi, de faire une immersion tôt dans le monde de la culture, à consommer du théâtre, mais aussi de la musique, des comédies musicales comme Starmania qui a bercé mon enfance. Nous en consommons encore énormément aujourd’hui. C’est difficile à expliquer, mais ça crée une dépendance assez rapidement et il est important de continuer à donner accès à la culture aux jeunes.
Qu’est-ce qui vous a amenée à vous impliquer en siégeant au comité d’honneur de la prochaine soirée-bénéfice de Duceppe, pourquoi cette cause compte-t-elle pour vous ?
Il y a plusieurs raisons, mais je dirais que la principale, celle qui m’a amenée à m’impliquer l’an passé, mais encore plus cette année, est le fait que nous vivons dans une période où la polarisation et la haine sont malheureusement présentes au Québec, au Canada, et dans d’autres grandes sociétés. Les temps sont difficiles à cet égard et je pense que de protéger la culture, d’encourager la création d’œuvres, est un contrepoids.
Pour moi, se rassembler, aller voir un art vivant avec de vrais humains devant nous qui racontent une histoire qui nous parle, ça nous permet de nous évader et de réfléchir. C’est un contrepoids à l’hyper présence de l’écran dans nos vies, des algorithmes et des contenus qui nous sont imposés et sur lesquels on n’a pas tant de contrôle.
Maintenir en vie la culture, la rendre populaire, faire en sorte que les gens soient nombreux à pouvoir y accéder, c’est particulièrement important, dans une période où ça brasse autant.
Nadja Décarie est vice-présidente principale, affaires, chez Cossette, où elle met à profit plus de 20 ans d’expérience en marketing et communication intégrés. Elle cumule une solide expertise en conseil stratégique auprès de grandes organisations québécoises et canadiennes. Leader reconnue dans son domaine, elle excelle dans la gestion d’environnements complexes et le développement d’équipes hautement performantes, favorisant une culture de collaboration et d’excellence, faisant dialoguer créativité et stratégie. Forte d’une connaissance fine du paysage culturel canadien et d’une expertise auprès de grandes marques et sociétés du pays, Nadja Décarie est portée par la conviction que la culture joue un rôle essentiel dans la transformation de la société. Elle siège au conseil d’administration de Duceppe depuis l’automne 2025.
Propos recueillis par Isabelle Desaulniers.

Participez à la soirée-bénéfice annuelle de Duceppe qui aura lieu le 15 avril 2026.