
Participez à la soirée-bénéfice annuelle de Duceppe qui aura lieu le 15 avril 2026.

Quel geste de générosité vous a récemment touché ?
Le dîner des Petits Frères, qui se tient chaque Noël. Et cette année, en particulier, parce que c’est un événement qui était animé habituellement par Béatrice Picard. Très impliquée, elle était Marraine à vie de cet organisme qui souhaite briser l’isolement chez les personnes âgées. C’est une heureuse initiative, un très bel événement. Béatrice s’apprêtait à l’animer encore cette année, mais elle est malheureusement décédée le 9 décembre.
Quelle œuvre — un tableau, un livre, une chanson, un spectacle… — vous accompagne depuis longtemps ?
En fait, il y a deux chansons. D’abord, Quand les hommes vivront d’amour de Raymond Lévesque. Il l’a composée pendant la guerre d’Algérie. Il vivait en France à l’époque. C’est un texte tristement réaliste. La seconde, c’est Va, pensiero, tirée de l’opéra Nabucco de Verdi. Cette œuvre a été créée un peu avant la première guerre d’indépendance italienne, et c’est un cri vers la liberté plein d’espérance. Les deux pièces que j’ai choisies sont très différentes, mais l’une ne contredit pas l’autre. Il faut les deux, je pense !
Quel souvenir personnel vous a convaincu que la culture pouvait transformer une vie ?
Je pense à mon père. Il était le 18e enfant chez lui et s’appelait Jean Hotte. Sa sœur aînée l’a élevé et, comme elle était mariée à un Duceppe, papa est devenu Jean Duceppe. Jeune, quand il était au secondaire à Chomedey-De Maisonneuve (il avait reçu une bourse du Collège Sainte-Croix, mais, parce qu'il a dit qu’il ne voulait pas faire un prêtre, on la lui a enlevée), tous les matins tôt, il coupait la glace pour son oncle sur le fleuve Saint-Laurent. Il s’en allait à l’école par la suite. Il a fait ça jusqu’à ce qu’il commence sa carrière de comédien. Et on a vu comment, parti de très loin, il a fait de grandes choses.
Qu’est-ce qui vous a amené à vous impliquer en siégeant au comité d’honneur de la prochaine soirée-bénéfice de Duceppe, pourquoi cette cause compte-t-elle pour vous ?
On est sept enfants chez nous et tous mes frères et sœurs ont travaillé dans le domaine du théâtre. Que ce soit au Théâtre des Prairies, sur le bateau-théâtre L’Escale ou en tournée. Louise a été directrice de Duceppe, Monique a fait de la mise en scène, Anne a conçu des costumes, Yves était directeur technique, Pierre et Claude travaillaient sur les tournées. Je suis le seul à ne pas avoir œuvré au théâtre. Et voilà que ma fille est aujourd’hui directrice de la compagnie… Il était temps que je fasse mon bout !
Né à Montréal en 1947, Gilles Duceppe est une figure marquante de la vie publique québécoise. Ancien syndicaliste à la CSN, il devient en 1990 le premier député souverainiste élu à Ottawa, puis dirige le Bloc Québécois pendant quinze ans (1997-2011, 2015). Excellent communicateur et politicien combatif, reconnu pour sa rigueur parlementaire et son engagement envers les intérêts du Québec, il est nommé officier de l’Ordre national du Québec en 2016. Fils du comédien Jean Duceppe, père d’Amélie Duceppe et d’Alexis Brunelle-Duceppe, il préside aujourd’hui le conseil d’administration de la Fondation Duceppe, où il contribue à la vitalité d’un théâtre accessible, engagé et ancré dans la relève artistique.
Propos recueillis par Isabelle Desaulniers.

Participez à la soirée-bénéfice annuelle de Duceppe qui aura lieu le 15 avril 2026.