
Cinq questions à Michel-Maxime Legault
18 août 2026
Tu es à la fois auteur et comédien: qu’est-ce que l’un t’apporte que l’autre ne peut pas t’apporter?
Je mélange beaucoup mes fonctions. Comme auteur, comédien, metteur en scène ou producteur, je ne compartimente pas mon travail: je cherche avant tout à être au service de l’œuvre. Écrire me permet de mettre des mots sur une expérience, alors que jouer me permet de la faire vivre, de la partager avec les autres et de la rendre profondément humaine. Mais une fois que j’ai écrit, je dois accepter de lâcher prise. Dans Michelines, j’ai confié mon histoire à mon équipe. Je leur ai raconté ma famille, mes souvenirs, mes blessures, mes joies. Maintenant, je veux qu’ils s’en emparent et qu’à travers mon histoire, ils puissent raconter quelque chose de la leur. C’est là que le théâtre devient véritablement collectif.
Écrire sur sa famille: mine d’or d’inspiration ou zone à haut risque?
Une mine d’or d’inspiration. J’aime ma famille et je suis profondément fier de mes origines. Je raconte mes souvenirs avec beaucoup de respect pour ceux qui m’ont élevé, inspiré et encouragé à faire ce métier. Écrire sur les siens, c’est forcément prendre un certain risque, mais je crois qu’on peut raconter sans trahir. Je suis transparent avec ma famille, et chez nous, on a toujours eu cette façon de se taquiner, parfois avec un peu de mordant, justement parce qu’on s’aime.
Quelle est la plus grande leçon de vie que tu aimerais que Michelines transmette au public du 5 à 7?
Je veux que les gens se reconnaissent. Qu’ils reconnaissent leur propre famille, leurs propres souvenirs, leurs propres blessures aussi. J’aimerais qu’ils aient l’impression d’être invités à ma table, qu’ils puissent entrer dans mon histoire pour mieux se reconnaître dans la leur. Mon histoire n’est pas plus importante que la vôtre. Si je la raconte, c’est surtout pour créer une connivence et rappeler que, derrière nos histoires singulières, il y a souvent quelque chose de profondément universel.
À quoi ressemble ton processus de création? Et combien de temps faut-il, en moyenne, pour faire naître un spectacle comme celui-ci?
Chaque projet est différent, mais surtout, chaque projet me surprend. On peut être préparé·e, avoir de l’expérience et croire qu’on sait où l’on s’en va: les rencontres viennent toujours tout bouleverser. Ce sont elles qui, souvent, finissent par guider le projet.
J’aime avoir une préparation solide, presque béton, tout en laissant suffisamment de place à l’imprévu. J’aime être déstabilisé, remettre mes idées en question et me laisser déplacer par les autres. Et puis, je suis quelqu’un qui aime profondément travailler. Le mot « vacances » ne m’a jamais particulièrement fait rêver! J’aime les défis, les projets qui demandent de l’engagement et qui nous obligent à aller plus loin.
Je pense que ça vient aussi de mes parents, qui étaient probablement plus heureux entre deux vaches qu’en congé. Chez nous, travailler n’était pas une punition: c’était une façon d’être vivant. Et je crois que j’ai gardé ça.
Qu’est-ce qu’on te souhaite pour la suite de ton parcours professionnel? Quels sont tes rêves les plus fous pour les années à venir?
À part participer à Fort Boyard, je veux surtout continuer à être ce petit garçon qui rêve, qui ose et qui se surprend lui-même. J’ai envie de continuer à faire des choses que je ne pensais pas être capable de faire, de me mettre en danger artistiquement et de ne jamais perdre cette capacité d’être émerveillé par les projets, les rencontres et les possibilités qui s’offrent à moi. Mais Fort Boyard me ferait vraiment plaisir. Faites aller vos contacts!



