Aller à la navigation Aller au contenu
Duceppe

Balado | Soirée-rencontre Manuel de la vie sauvage

30 septembre 2021

Soirée rencontre avec les artistes et les artisans de la pièce Manuel de la vie sauvage en balado

Apple Podcast | Stitcher | Spotify | Flux RSS

Les codirecteurs artistiques de la compagnie, David Laurin et Jean-Simon Traversy, qui signe la mise en scène de la pièce, animent cette rencontre entre le public et les comédien·ne·s Patrick Emmanuel Abellard (Arnaud), Isabeau Blanche (Ève), Emmanuelle Lussier Martinez (Cindy Bérard), Maxime Mailloux (Laurent), Joëlle Paré-Beaulieu (Claude) et Anne Trudel (Camille Brunelle). Aussi présent, l’auteur Jean-Philippe Baril Guérard qui arrive avec quelques minutes de retard après avoir croisé, en vélo, un policier plutôt imprévisible !

Cette discussion sympathique vous permettra de découvrir une partie de l’histoire derrière la création de la pièce Manuel de la vie sauvage, inspirée du quatrième roman de Jean-Philippe Baril Guérard; un spectacle unanimement applaudi par la critique et le public depuis la première du 8 septembre dernier. «On est passé par tellement de chemins pour arriver à cette proposition! », lancera Jean-Simon Traversy, qui raconte avoir été happé par cette œuvre dès la première phrase du roman, une phrase «immensément théâtrale», dira-t-il.

«J’adore le langage de Jean-Philippe. J’aime l’humour du texte et son extrême violence. C’est une pièce très drôle, mais les enjeux ne le sont vraiment pas.» —Maxime Mailloux

Tous n’ont que de bons mots pour l’auteur, sur qui on en apprend davantage, notamment grâce à la comédienne Isabeau Blanche, qui a fait ses études en théâtre avec lui et le connaît depuis qu’il a 16 ans. «JP est quelqu’un d’excessivement curieux. J’ai rarement vu quelqu’un avec une curiosité aussi poussée. Il est du genre à faire des recherches sur n’importe quoi et à s’intéresser à n’importe qui!», explique-t-elle.

«Jean-Philippe a une capacité de rétention d’informations et de curiosité envers autrui qui est remarquable ! Chaque fois qu’il écrit, ses recherches sont tellement exhaustives que c’est toujours une immersion dans un milieu, c’est total comme expérience.» — Isabeau Blanche

Révélant d’où lui vient en partie cette fascination pour la compétition et la cruauté dans le monde du travail, Jean-Philippe Guérard se confie aussi sur les défis qui les attendaient, lui et Jean-Simon Traversy, alors qu’ils devaient «distiller un livre de 300 quelques pages en 1h40 de show digeste». Il raconte également comment le réalisateur et scénariste américain Adam McKay (The Big Short, Vice), dont il est un grand fan, a pu l’inspirer pour réussir à expliquer aux spectateur·trice·s, de façon originale, claire et concise, plusieurs notions de l’univers des start-ups et de la technologie.

Qu’est-ce que qui a allumé chacun des acteurs et actrices? Comment font-ils pour incarner ces personnages plutôt détestables? Arrivent-ils à les aimer?

«Il y a quelque chose d’excessivement libérateur dans le fait de jouer ce qu’on n’est pas. Il y a une partie dark de nous-mêmes, que l’on a tous tapie au fond de nous, et c’est comme si on avait la permission que cette partie dégueulasse prenne toute la place», précise Isabeau Blanche.

«Autant c’est désarçonnant, autant c’est un peu ce pourquoi on fait du théâtre ; ce fantasme de jouer autre chose et de défendre l’indéfendable. Ça demande une grande impudeur, car, de la façon dont on a décidé d’aborder le personnage de Cindy, elle embrasse la cruauté avec le sourire.» — Emmanuelle Lussier Martinez.

«Je pense qu’en se rendant à cet extrême, on réussit à ébranler le spectateur dans ces convictions. Jusqu’où serais-je prêt à aller pour mon entreprise ? Que serais-je prêt à sacrifier ? », poursuit celle qui incarne le personnage de Cindy Bérard. «Cindy nous pogne par les sentiments et nous tranche la tête à la fin du show», conclura Jean-Simon Traversy!

Cette rencontre se tenait le 22 septembre dernier au Théâtre Jean-Duceppe. La pièce Manuel de la vie sauvage est présentée chez Duceppe jusqu’au 9 octobre 2021.