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Duceppe
Profil d'artiste

Anton Tchekhov

biographie

Joué à travers le monde, souvent cité, acclamé et ambassadeur d’une certaine époque, Anton Tchekhov est sans contredit l’un des dramaturges ayant le plus marqué l’histoire du théâtre moderne. Bien qu’il soit décédé prématurément à l’âge de quarante-quatre ans, en 1904, cet auteur russe a légué à la scène certaines des œuvres du répertoire les plus souvent montées et qui, encore aujourd’hui, trouvent leur écho auprès des spectateurs. Depuis bien des années, Duceppe entretient un lien privilégié avec Tchekhov. On y a présenté quelques-unes de ses pièces, soit Les Trois Sœurs,Ivanov et Oncle Vania, qui, avec La Mouette, Ce fou de Platonov et La Cerisaie, constituent le corpus principal de l’auteur. Étudiant en médecine, Tchekhov s’improvise écrivain pour aider à subvenir aux besoins de sa famille. Sa passion augmentant au fil des textes qu’il signe, il s’y consacrera bientôt presque entièrement. Tout d’abord nouvelliste et romancier, il n’aborde le théâtre que plus tard dans son parcours. Ses premiers écrits, souvent signés de pseudonymes, sont des nouvelles humoristiques, des contes et des récits ainsi que des vignettes quelque peu satiriques. Au fur et à mesure que croissent sa popularité auprès du public et sa réputation dans les cercles littéraires, Tchekhov signe plusieurs autres textes de son propre nom, dont la pièce Platonov, communément appelée aujourd’hui Ce fou de Platonov. En 1887, Ivanov lui est commandée et est la première pièce de l’auteur à être montée de son vivant. Le triomphe et l’excitation sont palpables à la création, dit-on. Affirmer que Tchekhov a influencé le théâtre de la fin du XIXe siècle serait un euphémisme. Si ses écrits ont fait couler beaucoup d’encre depuis leur parution, c’est que l’auteur a véritablement proposé une nouvelle approche de l’écriture dramatique. Sans héros véritable, sans dichotomie entre les braves et les vilains et souvent sans action exceptionnelle, son théâtre est celui des relations entre les personnages, des liens créés et brisés, de la complexité humaine et de la finesse de la pensée dissimulés sous un enchaînement de scènes et de répliques aux apparences légères. La force de Tchekhov, relate-t-on souvent, est dans le fameux sous-texte: ces répliques que les personnages ne disent pas nécessairement mais qui ponctuent les scènes de tension dramatique que l’on devine, de moments touchants qui nous chavirent et de passages inoubliables qui restent gravés dans la mémoire. L’auteur tisse une toile occupée par une série de personnages tous plus fascinants les uns que les autres et qui comportent à eux seuls bien des secrets sur notre humanité. Chez Tchekhov, les fins heureuses et les coups de théâtre n’existent pas; seul le rythme de la vie persiste avec toute son injustice, sa cruauté et ses instants grandioses. Bien qu’il soit aujourd’hui connu à travers le monde, le théâtre de Tchekhov aura d’abord été porté par le praticien Constantin Stanislavski. Fondateur du Théâtre d’art de Moscou, Stanislavski trouvera en Tchekhov «le» nouvel auteur russe et se servira notamment de l’écriture de ce dernier pour théoriser sur le jeu des acteurs, qu’il veut dorénavant naturel et empreint de profondeur et de vérité. Sa méthode, livrée par écrit dans La Formation de l’acteur et La Construction du personnage, a bouleversé l’Europe et a servi de guide à la pratique de l’Actor’s Studio et au jeu américain. La Cerisaie est la dernière pièce qu’ait écrite Tchekhov. Présentée en 1904, plusieurs la considèrent comme son œuvre testamentaire. Au premier plan, une société russe en plein bouleversement et des êtres aux prises avec le changement des époques. Montée pour la première fois au Théâtre d’art de Moscou par Stanislavski, la pièce a depuis été présentée sur tous les continents et sous différentes approches de mise en scène. Notons d’ailleurs l’approche audacieuse de Jean-René Lemoine qui transposait la pièce dans les Caraïbes. À l’occasion du 150e anniversaire de naissance de Tchekhov, Duceppe vous invite à le découvrir ou à le redécouvrir sous le regard éclairé et inventif du metteur en scène Yves Desgagnés.