Aller à la navigation Aller au contenu
Duceppe

Jeune critique : Flavie Vézina, 16 ans

9 janvier 2018
Critique de la pièce Le bizarre incident du chien pendant la nuit : Magnifique. Précise. Unique. Touchante. Originale. Cette pièce de Simon Stephens mise en scène par Hugo Bélanger mérite un immense « Wow! » Voir cette pièce a été pour moi deux heures de plaisir. On en rit, on en pleure, on en ressort avec une nouvelle vision du monde. Christopher Boone est un jeune différent des autres. Il adore les mathématiques, l’univers et Sherlock Holmes. Un matin, il trouve Wellington, le chien de la voisine Mme Shears, mort. Qui a tué le chien de Mme Shears? C’est alors pour lui le début d’une quête qui le mènera bien plus loin de ce qu’il l’aurait cru. Lui qui a horreur de communiquer avec les autres devra affronter ses peurs et sortir de sa zone de confort. Hugo Bélanger et les comédiens ont vraiment fait un travail exceptionnel. Des heures et des heures de travail sont sûrement cachées derrière la précision magistrale de la mise en scène. Tous les déplacements des comédiens venaient à créer comme une chorégraphie théâtrale. Le chœur que formaient les personnages secondaires donnait également un effet spécial et beau à la pièce. L’interprétation de Sébastien René était aussi d’une précision sans égal. Sans être mentionné dans la pièce ni même dans le best-seller qui a inspiré celle-ci, il n’est pas difficile de déduire que le personnage de Christopher est atteint d’un trouble envahissant du développement. Le rôle de Sébastien René était vraiment difficile à jouer. Jouer une maladie mentale sans l’exagérer et rester dans le réalisme est un travail de grand professionnel. Et c’est avec brio que le comédien principal a su relever le défi. Tout au long de la pièce, nous voyons la vie à travers les yeux de Christopher. Nous voyons un monde à la fois semblable et différent de celui que nous voyons à tous les jours. Je recommande sincèrement cette pièce à toute personne souhaitant passer un bon moment que ce soit seul, en famille ou entre amis. Flavie Vézina, 16 ans

Critique de la pièce Le Chemin des Passes-Dangereuses

Suite à sa création il y a 20 ans, cette pièce de Michel Marc Bouchard fait son retour chez Duceppe. Après avoir fait le tour du monde, Le Chemin des Passes-Dangereuses revient émouvoir les Québécois. Trois frères se revoient à l’occasion du mariage du cadet. Aussi éloignés géographiquement, socialement et culturellement les uns des autres, ils ont peine à s’entendre. Pourtant, voilà qu’ils se retrouvent coincés ensemble suite à un accident de voiture là où leur père est mort 15 ans plus tôt. Qu’ils le veuillent ou non, ils devront se parler. C’est alors que les confessions sont au rendez-vous. Ensemble, ils devront affronter la réalité et ce ne sera pas une tâche plaisante. Cette œuvre de Michel Marc Bouchard interprété par Maxime Denommée (Ambroise), Félix-Antoine Duval (Carl) et Alexandre Goyette (Victor) est très touchante. Nous pouvons ressentir la souffrance et le désespoir des personnages à travers le jeu des acteurs qui est d’ailleurs très juste et émouvant. La pièce parle du manque de communication entre les hommes. Tout au long de la pièce, nous faisons aussi face à la relation ambiguë amour/haine que vivent beaucoup de frères et sœurs. Elle traite également de la manière dont nous percevons l’homosexualité dans notre société grâce au personnage d’Ambroise qui est lui-même gai. Les trois frères représentent trois types d’hommes que nous pouvons retrouver au Québec. Il y a Carl qui vit à Québec et travail dans un Costco, Ambroise qui est un galeriste montréalais puis Victor qui vit à Alma et gagne sa vie en plantant des arbres. De cette manière, chacun et même chacune peut se reconnaitre à travers au moins un personnage. Il faut toutefois garder en tête que cette pièce n’est pas réaliste. Le texte, jonché de poèmes, est beau et plaisant à écouter tout en gardant une petite touche humoristique. En bref, j’ai vraiment passé un beau moment à regarder cette œuvre. Je la recommande à toute personne souhaitant vivre un moment à la fois troublant et touchant. Flavie Vézina, 16 ans Critique de la pièce Enfant insignifiant! Enfant insignifiant! Ainsi est intitulée la nouvelle pièce du grand Michel Tremblay, tirée de son plus récent roman Conversations avec un enfant curieux. Le dramaturge nous projette une fois de plus dans son petit monde, mais plus précisément chez lui dans les années cinquante. Nous y retrouvons sa mère Nana (Guylaine Tremblay), son père Gabriel (Sylvain Marcel), sa grand-mère Victoire (Danielle Proulx) et bien d'autres personnages tirés de l'enfance du petit Michel, aussi colorés les uns que les autres. Tout au long de la pièce, un enfant aussi curieux qu’intelligent fait face à la réalité qui l'entoure. A la veille de la Révolution tranquille, l'Église prend beaucoup de place dans la société québécoise. Cette situation pousse Michel à poser une tonne de questions auxquelles les adultes, sur le bord du désespoir, essaient avec peine d'y répondre. L’ingéniosité de la scénographie, la beauté de la mise en scène et la justesse des comédiens font de cette pièce un autre chef-d’œuvre de Michel Tremblay. Nous y retrouvons d'ailleurs une incroyable prestation d’Isabelle Drainville dans le rôle de Mlle Karli où elle nous fait une crise de nerfs des plus réalistes suite aux interminables interrogations du jeune Michel. De plus, la mise en scène de Michel Poirier nous garde attentifs du début à la fin. Les personnages sont continuellement en mouvement et il n'y a donc aucun temps mort. Nous pouvons également sentir l'amour inconditionnel d'une mère pour son fils à travers la belle complicité entre Guylaine Tremblay et Henri Chassé (Michel Tremblay). En laissant libre cours à sa créativité, la mère de Michel n’a jamais brimé sa libre expression et, par le fait même, l’a conduit à devenir le dramaturge et écrivain reconnu qu'il est aujourd’hui. Pour finir, cette pièce est une œuvre mémorable que je recommande à tous et à toutes. Flavie Vézina, 16 ans