Les voisins

de Claude Meunier et Louis Saia
mise en scène de Denis Bouchard

En décembre 1980, il y a eu un événement très remarqué chez Duceppe: la création de la comédie Les Voisins. Les auteurs y dénonçaient avec humour et férocité une société mijotant dans un vide existentiel total et composée d’individus indifférents les uns aux autres, préoccupés uniquement de leur confort et de leurs biens matériels.

Un beau jour, Georges rend visite à Bernard qu’il n’a pas vu depuis longtemps. On organise une soirée pour fêter l’événement; on jase de tout, on parle de n’importe quoi et on présente une projection de diapositives. Cette soirée improvisée va réunir, en plus des épouses de nos deux banlieusards, un couple de voisins. Et tout ce petit monde-là va se lancer dans des conversations banales qui n’ont d’autres buts que de rompre ces silences qui se font de plus en plus angoissants. Et on décide de jouer à des jeux de société pour combler les vides. C’est au cours d’une charade que Bernard simulera une crise cardiaque qui par la suite se révèlera plus réelle que jouée. Et en fin de compte, chacun
sera passé à côté des autres sans les voir.

Aujourd’hui, vingt années ont passé! La société a-t-elle évolué avec ses cellulaires, ses appels conférences, son internet et ses envois par télécopieur?
Avons-nous appris à communiquer vraiment?

Bernard lance un cri de détresse: « Y a-tu moyen qu’y arrive rien dans la vie? » Est-ce vraiment ce que nous souhaitons? Aspirons-nous à  » cultiver notre jardin « , à vivre dans une société distraite jusqu’à l’indifférence?

On rit beaucoup à voir Les Voisins… et on réfléchit beaucoup aussi, parce que la petite vie, au fond, c’est pas obligé!

avec Diane Lavallée, Louis Champagne, Luc Guérin, Martin Drainville, Sandra Dumaresq, Sonia Vachon, Sylvie Moreau

Texte

Claude Meunier et Louis Saia

Photo de Monic Richard (C.M.) et Yves Renaud (L.S.)À la fin des années 60, pendant que Louis Saia étudie à l’Option théâtre du cégep de Saint-Hyacinthe, Claude Meunier, de son côté, est inscrit à la faculté de droit de l’Université de Montréal dont il sort d’ailleurs, en 1970, avec sa licence en poche avant de poursuivre de nouvelles études, en criminologie, au cours de l’année suivante. Ils ne se connaissent pas encore et rien ne semble alors les destiner à faire équipe.Pendant ses études universitaires toutefois, Claude Meunier tâte aussi de l’écriture et il rédige Le Party plate, qui est en quelque sorte l’ancêtre direct de la pièce Les Voisins et dont le texte intégral se retrouve au début du 2e acte. « À l’origine, se rappelle Claude Meunier, ce court texte faisait partie d’un spectacle intitulé Les 24 heures de la rue Sainte-Catherine, présenté au théâtre du Gésu, au début des années 70. À cette époque, deux groupes s’étaient formés, l’un appelé La Quenouille Bleue et l’autre, sans nom, au sein duquel se trouvaient Louis Saia et moi-même afin, entre autres, de monter un nouveau spectacle qui n’a finalement jamais été présenté. Toutefois, comme le hasard fait souvent bien les choses, les musiciens qui collaboraient à ce projet se sont bientôt fait connaître. Les uns, issus de La Quenouille Bleue, vont devenir Beau Dommage, et les autres Harmonium. »«La grande force de Louis Saia, précise Claude Meunier, c’est de structurer une bonne histoire et de développer les caractères des personnages alors que la mienne repose sur le sens du dialogue. Ensemble, nous avons trouvé une excellente complémentarité.»Cette complémentarité, il vont la mettre en pratique en travaillant en étroite collaboration pendant la majeure partie des années 70 et 80. Ensemble, ils vont écrire le scénario d’un court métrage de fiction intitulé Voyage de nuit ainsi que les textes des pièces Appelez-moi Stéphane et Les Voisins et participer, en 1979, à la rédaction du grand succès québécois Broue. À propos de ces deux dernières pièces, Claude Meunier se rappelle que «Jean Duceppe, qui était allé voir une des premières représentations de la pièce Broue au Théâtre des Voyagements, va ensuite décider de la produire au Théâtre Port-Royal de la Place des Arts. C’est encore lui, quelque temps plus tard, qui va nous commander, à Louis et moi, la pièce Les Voisins, qui sera ensuite créée au même endroit en 1980.»Pendant les années 70, Claude Meunier fait aussi partie de divers groupes. Il y a d’abord Les Frères Brother en 1973, prédécesseurs des 6 Bols, en 1974-1975, groupe avec lequel il participe à la rédaction de La Fricassée, série télévisée pour enfants, et de la pièce à sketches Les Nerfs à l’air. Puis viennent Paul et Paul, où l’on retrouve, outre Claude Meunier, Jacques Grisé et Serge Thériault avec lesquels il participera à trois spectacles présentés à Montréal et en tournée de 1976 à 1981. «C’est comme les poupées russes. Des Frères Brother sont sortis Les 6 Bols qui eux-mêmes recelaient Paul et Paul, puis Ding et Dong» ajoute Claude Meunier.De son côté, pendant cette même période, Louis Saia écrit pour le théâtre, en collaboration avec Louise Roy, Une amie d’enfance (1976), Ida Lachance (1978) et Bachelor (1979).Au cours des années 80, Louis Saia participe avec Claude Meunier à la rédaction des textes et assure la mise en scène des spectacles de Ding et Dong mettant en vedette Serge Thériault et Claude Meunier.Au début des années 90, peu après leur collaboration à la conception de la télésérie La Petite Vie, Claude Meunier et Louis Saia prennent des routes différentes compte tenu de leurs occupations respectives. Louis Saia prépare alors le scénario du film Le Sphinx, dont il assurera la réalisation, et qui sera suivi des films Les Boys I, II et III ; pour la télévision il rédige les scénarios de la série Histoires de filles pendant que Claude Meunier se consacre à la rédaction des textes de La Petite Vie.

Mise en scène

Denis Bouchard

Depuis sa sortie de l’École nationale de théâtre en 1978, Denis Bouchard poursuit une solide carrière tant à titre de comédien qu’à titre de metteur en scène et d’auteur.On se souviendra de son interprétation à la télévision de Lulu dans la série Lance et compte de Réjean Tremblay pour laquelle il a reçu le prix Gémeaux en 1989. Il a également été de la série Scoop, de quelques dramatiques de la série Avec un grand A de Janette Bertrand, de la minisérie Le petit monde de Laura Cadieux et du téléroman Annie et ses hommes pour lequel il a reçu le Métrostar du meilleur rôle masculin en 2003 et 2004 pour son interprétation du personnage de Hugo.Au théâtre, Denis Bouchard a défendu de nombreux rôles. Il a joué dans La Déprime en 1981, Raz-de-marée en 1985, La Farce de l’âge en 1991, Pare-chocs en 1992. C’est Denis Bouchard qui a fait renaître pour notre plus grand plaisir le personnage de Fridolin créé par Gratien Gélinas. En 1997, il remporte le prix du public étudiant de la Nouvelle Compagnie Théâtrale pour son interprétation du rôle de Bousille dans l’œuvre de Gratien Gélinas. Il a participé également à de nombreuses pièces des répertoires classique et américain comme Les Précieuses ridicules et Le Médecin malgré lui de Molière, Périclès de Shakespeare, La Trilogie des Brassard au Théâtre d’Aujourd’hui et Hollywood de David Mamet qui lui vaut également le prix du public étudiant de la NCT. Il faut aussi souligner sa participation à la Ligue Nationale d’Improvisation de 1978 à 1986, participation qui l’a amené à faire plusieurs tournées en Europe francophone.Au cinéma, Denis Bouchard a joué dans plus de 25 longs métrages. Parmi les plus importants, citons: Les Invasions Barbares de Denys Arcand, Histoires d’hiver de François Bouvier, C’t’à ton tour, Laura Cadieux de Denise Filiatrault, Rafales d’André Melançon, L’Homme idéal et La Florida de Georges Mihalka, et Les Matins infidèles pour lequel on lui a décerné le prix Guy-L’Écuyer lors des Rendez-vous du cinéma québécois en 1990 et le Bayard d’Or du Festival de Namur en Belgique en 1989.De 1993 à 1997, il a été directeur artistique des galas Juste pour rire. Il a également participé à la conception et/ou à la mise en scène de numéros originaux avec, entre autres, Charlotte de Turkheim, Anne Roumanoff, Pierre Palmade, Michel Courtemanche, Anthony Kavanagh et Pascal Légitimus. C’est en 1996 qu’il signe avec Légitimus la mise en scène du gala de l’humour à Montreux en Suisse.En 1996 et 1997, Denis Bouchard réalise le Gala de l’ADISQ et la mise en scène des spectacles du Groupe Sanguin, de Daniel Lemire, de Marc Dupré, d’Anthony Kavanagh, de Roch Voisine et de Céline Dion.Il signe en 1998 la mise en scène de Grease qui lui méritera quatre mises en nominations au Gala des Masques 1999.En 1999, il monte le spectacle de Stéphane Rousseau destiné à la France et au Québec. Au cours de l’année 2000, il a signé les mises en scène des spectacles de Mario Pelchat, Éric Lapointe, Sylvain Cossette, Luck Mervil et a collaboré, en tant que conseiller, à la conception du celui de Céline Dion.Denis Bouchard est partout à la fois. En même temps qu’il montait chez Duceppe Les Voisins de Claude Meunier et Louis Saia, il mettait en scène un spectacle de variétés présenté dans le cadre du Sommet des Amériques, à Québec. En mai de la même année, il signait à Paris la mise en scène du spectacle de Stéphane Rousseau. C’est au cours de l’été 2001, qu’il montait le spectacle Les Cyclones dans le cadre du Festival Juste pour rire, ainsi que ceux de la Fête Antillaise et des 25 ans de la Bottine souriante pour les FrancoFolies. En 2002, la comédie musicale Ladies’ Night qu’il a traduite, adaptée et mise en scène, prenait l’affiche au Théâtre Corona.