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Le Terrier

Texte David Lindsay-Abaire

Mise en scène Jean-Simon Traversy

Traduction Yves Morin 

Interprétation Sandrine Bisson, Frédéric Blanchette, Rose-Anne Déry, Pierrette Robitaille, André-Luc Tessier

Du 13 février au 23 mars 2019

En collaboration avec Tableau Noir

Huit mois sont passés depuis que Becca et Louis ont perdu Danny. Leur fils unique avait 4 ans. Becca semble résolue à effacer tout ce qui lui rappelle son petit garçon pendant que Louis s’active et évite de manifester le moindre signe d’abattement. À sa manière, chacun tente de surmonter ce deuil, ce profond gouffre qui les sépare autant qu’il les unit. Autour d’eux, pourtant, la vie continue. La sœur de Becca, sa mère, et même l’adolescent impliqué dans l’accident de Danny cherchent à offrir un peu de réconfort au couple brisé. Mais, comment retrouve-t-on sa place dans le monde après la mort de son enfant ? Comment se reconstruit-on en tant qu’homme, en tant que femme, en tant que couple ?

Unanimement saluée à sa création québécoise à Fred-Barry en 2016, Le terrier explore les passages secrets du deuil, cette « brique dans la poche » que l’on porte. Originellement intitulée Rabbit Hole, traduite ici avec une rare justesse par Yves Morin, cette pièce de l’Américain David Lindsay-Abaire valait à son auteur le prix Pulitzer en 2007. Avec finesse, une pointe d’humour salutaire et évitant tout sentimentalisme, Le terrier retrace le parcours d’une famille complètement déroutée qui, doucement, entrevoit le chemin vers la résilience. Une histoire d’amour et de deuil. Et de la vie qui, malgré l’indicible, doit continuer.

Conception

Décor Cédric Lord
Costumes Marie-Noëlle Klis
Éclairages Renaud Pettigrew
Musique Yves Morin et Étienne Thibeault
Accessoires Normand Blais
Assistance à la mise en scène Marie-Hélène Dufort


Extraits de critiques

« ⭐️⭐️⭐️⭐️ […] la pièce mérite amplement le prix Pulitzer obtenu en 2007.»
« remarquablement dirigée par Jean-Simon Traversy, traduction exemplaire d’Yves Morin. »
« Sandrine Bisson merveilleuse […] C’est un grand numéro d’actrice. Elle est dans la vérité à chaque réplique, chaque seconde. […] Frédéric Blanchette est bouleversant. »
– Luc Boulanger, La Presse

« La pièce primée de David Lindsay-Abaire aborde avec sensibilité son tragique sujet […] sans pourtant verser dans un apitoiement excessif. »
— Marie Labrecque, Le Devoir

« Un excellent travail de conception qui paraît simple, mais dont l’ingéniosité cachée derrière, révèle toute sa complexité. »
« l’audacieuse proposition de Jean-Simon Traversy [permet] de redécouvrir Le Terrier, une pièce au sujet délicat, mais traité par un auteur en pleine possession de ses moyens. »
– Alexane Roy, MonTheatre.qc.ca

« Pierrette Robitaille est fantastique […] la distribution est forte […] la mise en scène très sobre mais très évocatrice. Le sujet peut être rébarbatif mais on comprend toute la subtilité et la gamme d’émotions que traversent des parents qui vivent cette situation. À voir! »
– Evelyne Charuest, Gravel le matin

« David Lindsay-Abaire a réussi à aborder la tragédie familiale en entremêlant humour et sensibilité. »
« il faut souligner particulièrement le travail de Pierrette Robitaille. Capable d’émouvoir, de faire rire et de choquer à l’intérieur d’une même réplique »
«Le Terrier est une déconstruction intelligente du deuil explorant la douleur sourde d’une blessure permanente. Un spectacle triste, duquel on ne sort pas affligé.»
– Rose Normandin, VOIR

« C’est une très, très bonne pièce impeccablement mise en scène et formidablement sentie par les comédiens qui y jouent. […] sublime Sandrine Bisson […] elle est tout simplement renversante. »
– Marie-Claire Girard, Huffpost Québec

« Cette pièce est vraiment touchante parce qu’elle est empreinte d’humanité »
– Eugénie Lépine-Blondeau, Dessine-moi un dimanche

« C’est une pièce qui est intelligente, qui est subtile, le texte est très très fort et c’est pas larmoyant et on rit beaucoup »
« C’est un tour de force qui est mise en valeur par la mise en scène de Jean-Simon Traversy qui est minimaliste »
– Sonia Sarfati, Culture Club

« Drame humain réaliste intemporel qui vaut la reprise de cette même équipe »
« Sandrine Bisson est […] admirable en mère éplorée »
« Ça vaut le déplacement! »
– Francine Grimaldi, Samedi et rien d’autre

« La mise en scène de Jean-Simon Traversy, très sobre et volontairement dépouillée d’accessoires et de décor nous ouvre à la perfection les portes de ce texte de l’auteur américain David Lindsay-Araire si intense et percutant
« Une pièce dramatique, récompensée par le prix Pulitzer 2007, dans laquelle pourtant l’humour trouve naturellement sa place comme le dernier rempart contre la désespérance. »
– Christiane Dubreuill, Arts et culture


Dans les médias

Entrevue avec Sandrine Bisson et Rose-Anne Déry – Le Devoir > Lire l’entrevue

Entrevue avec Sandrine Bisson – Médium large > Écouter l’entrevue

Entrevue avec Sandrine Bisson – Salut Bonjour > Écouter l’entrevue

Entrevue avec Jean-Simon Traversy – Les Irrésistibles de Marie-Anne > Écouter l’entrevue


Mot du metteur en scène

Cher public de DUCEPPE,

On ne se connait pas (encore) beaucoup.

Je m’appelle Jean-Simon.

Je suis nouvellement, avec mon ami David Laurin, codirecteur de cette magnifique compagnie qu’est DUCEPPE.

Je suis aussi metteur en scène.

C’est avec ce chapeau-là que je vous écris aujourd’hui.

Le Terrier, c’est le premier projet de Tableau Noir, la compagnie de Rose-Anne et André-Luc, les deux jeunes acteurs que vous allez voir sur scène. Je connaissais déjà le magnifique texte de David Lindsay-Abaire, mais c’est la fougue et la passion de ces deux artistes qui m’a convaincu d’y plonger.

On a monté cette production en novembre 2016, dans l’Est de la ville. Plus précisément dans la Salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier. Une salle que j’affectionne particulièrement.

Pour l’occasion, on avait réuni cette distribution de feu : Sandrine Bisson, Pierrette Robitaille et Frédéric Blanchette. Avec une équipe de concepteurs engagés, on a raconté cette histoire, simplement. Louise Duceppe est venue voir le spectacle et, après l’avoir fait lire à Michel Dumont, elle nous a invités à le reprendre ici.

Puis, quelques mois plus tard, Michel annonçait qu’il se retirait de la direction artistique après 27 ans de travail loyal et passionné. David et moi avons tenté notre chance. La suite, c’est aujourd’hui.

Tout ce long préambule pour dire que notre première rencontre, vous et moi, se fait avec Le Terrier. À travers l’univers de ce couple, de cette famille qui tente de surmonter l’insurmontable. Des humains maladroits qui luttent pour apprivoiser cette « brique dans leur poche », qui ne les quittera plus jamais.

Prenez le temps de découvrir cette proposition et laissez-vous entraîner vers la lumière.

Bon spectacle!
Jean-Simon Traversy


Mot de Tableau Noir

En découvrant la pièce de David Lindsay-Abaire lors d’un exercice scolaire au Conservatoire d’art dramatique de Montréal, nous avons été subjugués par la sensibilité et l’intelligence de ce texte où coha­bitent avec brio humour et tragédie. Nous étions convaincus qu’il fal­lait que cette pièce soit montée au Québec et nous voulions impérati­vement faire partie de ce projet. Tableau Noir est donc né du désir de présenter ce texte formidable. La production du Terrier en 2016 à la Salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier fut une magnifique pre­mière expérience et, cette reprise, ici au Théâtre Jean-Duceppe, va au-delà de nos espérances. La chance que nous avons de retravailler avec la même équipe de création est précieuse. De plus, la confiance que nous témoigne DUCEPPE est inestimable. Nous espérons que ce texte et ces personnages sauront vous toucher autant qu’ils nous ont touchés il y a sept ans, dans ce local du Conservatoire.

Bon spectacle!

André-Luc Tessier et Rose-Anne Déry

Cofondateurs de Tableau Noir

Depuis la production du Terrier, Tableau Noir s’est à nouveau illustré en présentant la pièce Je ne te savais pas poète, adaptée de la correspondance entre Pauline Julien et Gérald Godin, dans une mise en scène d’André-Luc Tessier. Présentée sous forme de laboratoire au Festival ZH en 2017, cette création a tenu l’affiche en décembre 2018 au Théâtre Espace Libre.


Commentaires du public

Puissante pièce, c’est un peu pour ça que nous allons au théâtre, audace, originalité dans la mise en scène, brio des comédiens… Très belle soirée, merci!
— FR

J’ai adoré. On sentait la colère et la révolte dans le coeur de Becca mais aussi dans celui de Louis même s’il tentait de le cacher. Très bien rendu par tous les comédiens.
— YB

Une pièce très touchante et sûrement très réaliste par rapport à ce que des parents peuvent vivre suite au décès de leur enfant. Tous les comédiens étaient excellents, autant les rôles secondaires que les principaux. Une mise en scène dépouillée et originale avec plusieurs belles trouvailles techniques.
— DB

J’ai bien aimé cette pièce. J’avais un peu peur que se soit trop intense vu le sujet du deuil mais le texte est vraiment bien écrit. On voit bien que le deuil chez un couple se fait de façon différente. Très bon jeu des comédiens.
— DB

Excellente pièce. Les acteurs sont vrais et rendent parfaitement la douleur et le désarroi que vivent les parents dont c’est la réalité au quotidien.
— RM

Le décor dépouillé et la mise en scène sobre laissaient toute la place aux textes et au jeu des comédiens. La traduction est parfaite. Le rythme est aussi parfait. Sandrine Bisson et Pierrette Robitaille sont impeccables et magistrales.
— CL

Excellent spectacle! La mise en scène sobre a donné la place au texte empreint d’émotion. Vraiment bien pensé. Bravo!
— CF

Excellent spectacle. Une bonne idée suivie sur toute la ligne : jeu et mise en scène épurés, scénographie, décor et accessoires épurés. C’est fantastique comme notre imagination aime ça… On plonge à l’intérieur de soi dans ce qu’on voit et ce qu’on entend. Merci!
— LL

Un excellent spectacle, une très belle production. Sandrine Bisson est solide, elle serre les dents, mais elle menace à tout instant de voler en éclats. Frédéric Blanchette est tout aussi impressionnant dans le rôle du père. Dans cet alliage de comique et de gravité dont elle a le secret, Pierrette Robitaille est remarquable. Finalement, chapeau à Jean-Simon Traversy pour la mise en scène, sa présentation sobre de cette production m’a fait passer une grande soirée de théâtre.
— LF

J’ai beaucoup apprécié Le Terrier. J’ai découvert des acteurs intenses qui m’ont vraiment amenés dans leur univers. Très belle soirée!
— MCP

Une pièce touchante et plein de finesse qui aborde très bien les étapes du deuil. La mise en scène épurée donne tout l’espace à l’émotion et au propos. Sandrine Bisson, tout en retenu, est criante de vérité. J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai adoré! Définitivement, une pièce à voir.
— CD

Remarquable distribution…Pièce solide et bousculante, comme l’est un deuil insupportable. Conception dépouillée de tout artifice inutile, qui nous offre l’émotion comme un joyau dans un écrin ouvert. Bravo et merci à tous.
— EC

Merci infiniment pour cette merveilleuse et précieuse initiative que vous avez eue, de parler au théâtre du deuil des parents dont l’enfant est décédé. Cela est joué avec tellement de justesse et tout est là: la colère, les non-dits, les malaises, le vécu du deuil dans la famille, les proches, le couple et le deuil, les souvenirs, les émotions incontrôlables etc. Bravo et du fond du coeur un grand merci!
— MO

Nous avons passé une soirée exceptionnelle. C’est une des meilleures pièces que nous avons vu depuis des années. La pièce a passé comme un éclair d’émotion, sans être larmoyante. Chapeau aux acteurs et concepteurs!
— SL

Très belle production, magnifique scénographie et belle performance des acteurs. Pierrette Robitaille amène dynamisme et lumière comme toujours. C’est un réel plaisir de la voir évoluer sur les planches!
— MP

Touchant. Mise en scène efficace avec un focus sur l’émotion des personnages. Le vide du décor et celui qui éloigne les personnages rend leur rapprochement ultime significatif.
— MJ

Pour mon conjoint et moi qui avons perdu notre fille en 2017, ce fut une soirée remplie d’émotions. La mort d’un enfant, c’est un sujet extrêmement délicat et j’avoue que nous sommes ressortis remplis d’espoir. L’auteur de cette pièce a su mettre dans la bouche des acteurs les émotions que l’on peut ressentir et que nous sommes incapables d’expliquer à ceux qui n’ont pas vécu un drame semblable. Bravo aux acteurs et à la production, pour nous ce spectacle est le meilleur parmi ceux que nous avons vus cette saison en tant qu’abonnés. Un grand merci!
— ML

J’ai beaucoup aimé, j’ai apprécié que l’angle abordé ne tombe pas trop dans le mélodramatique. Excellente interprétation de tous.
— YM

Très émouvant. J’ai beaucoup aimé la pièce et surtout le jeu des acteurs.
— PC

Texte intense, superbement rendu par les comédiens. Et quel plaisir de retrouver Pierrette Robitaille!
— CR

J’ai bien aimé. La meilleure de la saison. J’ai passé une heure et demi pleine d’émotions.
Pierrette Robitaille amène un note de sourire et de rires sur un sujet dramatique. On ne se trompe pas, avec elle, dans la distribution, c’est gagnant à tout coup!
— CP

J’ai été charmé par Sandrine Bisson. Aussi intense que dans la trilogie de Trogi mais avec un côté plus émotionnel qu’elle contrôle parfaitement bien. Le décor minimaliste était fort à propos. Le spectateur concentre d’autant plus sur le texte et les acteurs. Lorsque la scène tourne on visualise une cassure tant physique qu’émotionnelle.
— RS

Sobre et émouvant. Splendide texte. Le dépouillement de la scène m’a plu. Comme si plus rien ne comptait pour eux, ils ne voient plus les objets sauf ceux de leur fils. Et je me suis dit: qu’est-ce que ça aurait apporté de plus que la comédienne tienne un vrai bol de dessert ou déchire un vrai emballage de cadeau? C’était très bien comme ça.
— A.


Entrevue — Sandrine Bisson et Pierrette Robitaille

ENTRETIEN AVEC SANDRINE BISSON ET PIERRETTE ROBITAILLE QUI INCARNENT DANS LE TERRIER UN TANDEM MÈRE-FILLE INOUBLIABLE. DEUX COMÉDIENNES COMPLICES QUI SE RETROUVENT SUR LA SCÈNE DE DUCEPPE AVEC UN BONHEUR MANIFESTE.

Vous incarniez Becca, cette femme endeuillée de son petit garçon, à la création du Terrier au Théâtre Denise-Pelletier en 2016. Comment avez-vous réagi quand on vous a annoncé que vous l’interpréteriez de nouveau chez DUCEPPE?

Sandrine — Quand un spectacle est bon, quand la chimie est là, on ne veut pas que ça s’arrête. C’est un plaisir immense de retrouver cette équipe, cette richesse et cette… instabilité! Parce qu’après chaque représentation j’ai besoin de mes 25 minutes de voiture vers la maison pour m’en remettre, pour laisser Becca derrière moi! Il faut être bien « équipée » pour s’investir totalement dans un tel rôle et ensuite continuer sa vie normalement. Je suis contente d’avoir été formée à l’École nationale de théâtre où l’on nous apprend à dissocier à tout prix notre métier et notre vie personnelle. C’est vital.

Que retenez-vous de votre toute première lecture de ce texte?

Pierrette — Je me souviens que j’ai été tout de suite séduite. J’ai trouvé ça magnifique. Oui, le sujet est dramatique, mais c’est tellement habile et bien écrit, avec des rebondissements, des personnages humains, bien ficelés et beaucoup d’humour. Il y a un brillant équilibre entre le drame vécu et l’humour tout au long de cette pièce. De plus, on s’identifie tout de suite à cette famille moderne. J’étais heureuse que l’on m’offre ce rôle, car, même si la pièce est ponctuée de plusieurs moments drôles, je ne suis pas une comédienne souvent choisie dans des oeuvres plus dramatiques.

Sandrine — La première lecture a été très émouvante. Après trois pages, je n’étais plus capable de lire parce que c’était trop prenant. Ce que je retiens, c’est tout le travail d’intériorité et toute la force qui ressort de ce texte. Outre les émotions disons « de base », il y a une couche supplémentaire qui existe chez le personnage de Becca, un niveau émotionnel que l’on exploite rarement au théâtre. Personnellement, ç’a été un travail important de construire Becca et chacune des couches d’émotions qui l’habite

Le metteur en scène a choisi de débarrasser le plateau de presque tout. Sans accessoires, votre façon d’aborder un rôle est-elle différente?

Sandrine — On va directement au texte. On est nus. Tous les objets sont en dessous, et au-dessus, il y a uniquement ce que l’on vit. On est à l’essentiel, dans l’émotion. Et on ne baisse pas les yeux sur un verre de vin, par exemple! Elle est là la fragilité aussi. C’est très difficile d’être sur scène sans aucun accessoire, c’est confrontant au départ. Mais, pour ma part, ça m’a fait avancer dans mon jeu.

Pierrette — Sans accessoires, pour moi, ç’a été extrêmement diffi­cile ! On doit apprendre deux partitions par coeur: d’abord le texte, ensuite les manipulations et les accessoires imaginaires. De plus, il y a toute une question de rythme que l’on doit créer et ça demande une intense concentration, comme jamais. Mais, on y arrive!

La pièce est brillamment dosée entre tragédie et humour, c’est une soupape bienvenue pour les spectateurs. Qu’en est-il pour vous, les acteurs?

Sandrine — L’humour est en effet très présent dans l’écriture et la ré­ponse du public est un baume pour nous. Heureusement que l’on joue devant public d’ailleurs! Au cinéma, ça doit être une tout autre chose. Quand on entend les spectateurs avoir tout de même du plaisir au fil de notre histoire tragique, ça nous apporte énormément, ça amène une autre dimension, un échange que j’apprécie beaucoup. On a alors, nous aussi, une respiration qui fait du bien.

Diriez-vous que, malgré le tragique de l’histoire, Le Terrier est une pièce qui fait du bien?

Pierrette — Tout à fait. Cet auteur a une telle compréhension du drame, une approche réaliste, humaine. Les combats du couple, l’absence de jugement, les répercussions du drame sur les proches, leur culpabilité, la pièce est remplie de détails qui la rendent infiniment humaine. Il y a quelque chose ici qui tend à nous réconcilier avec ce qui peut nous arriver, avec les petits et les plus grands drames de notre propre vie, avec nos faiblesses, nos difficultés. C’est normal d’être bousculé au fil de notre existence et de perdre pied, mais on se rattrape et on se donne la chance de continuer. Ici, on ne se gratte pas le bobo, c’est une pièce pleine de vie!

Sandrine, est-ce que le fait d’être vous-même mère d’un jeune garçon a influencé votre travail?

Ça fait réfléchir cette histoire. On se rend compte que chaque moment passé avec les gens qu’on aime est précieux et nous sommes confrontés à la fragilité de la vie. Il faut prendre soin des gens quand ils sont là! Cependant, il ne faut pas que le fait d’être maman influence mon jeu. Je ne veux pas que ma vie personnelle s’immisce dans mon travail et, non, le fait d’avoir un enfant n’a pas changé ma façon de jouer. Mais cela a changé ma façon de vivre, d’aborder un texte comme celui-là!


Balados

Les entretiens DUCEPPE

Discussion publique autour du deuil

Dans le cadre de sa série d’activités gratuites Les Entretiens DUCEPPE et de la présentation de la pièce Le Terrier de David Lindsay-Abaire, DUCEPPE a tenu une discussion publique portant sur le deuil le 15 février 2019, dans le théâtre Jean-Duceppe de la Place des Arts.

Les panellistes Pierre Bruneau (journaliste et animateur) et sa conjointe Ginette St-Cyr, parents de feu Charles Bruneau, Marion Onno (travailleuse sociale au Phare enfants et famille), Michèle Viau-Chagnon (fondatrice du Phare enfants et famille) et Johanne de Montigny (psychologue, spécialiste du deuil) avaient été invités par DUCEPPE pour une discussion sur le deuil vécu par des parents suite à la mort d’un enfant. La discussion était animée par l’animateur et journaliste Denis Lévesque.

Comment survivre au deuil d’un enfant? Quels sont les meilleurs moyens pour soutenir des parents endeuillés? Quels effets le deuil d’un enfant peut avoir sur la relation des parents? Quelle place doit-on laisser aux souvenirs?

Les artistes du spectacle Le Terrier

Animée par nos codirecteurs artistiques David Laurin et Jean-Simon Traversy, cette causerie met en vedette les artistes de la pièce Le Terrier : les comédiens Sandrine Bisson, Rose-Anne Déry, Pierrette Robitaille et André-Luc Tessier.

Texte

David Lindsay-Abaire

David Lindsay-Abaire est un dramaturge, parolier et scénariste, né à Boston en 1969. Comptant parmi les auteurs de théâtre américains les plus en vogue des dernières années, il connaît son premier succès en 1999, avec la pièce Fuddy Meers, produite au Manhattan Theatre Club. Cinq ans après sa création à New York, l'œuvre, plus d’une fois récompensée, avait été montée dans au-delà de deux cents théâtres aux États-Unis.

Parmi les autres œuvres qu’a signées le dramaturge, mentionnons Kimberly Akimbo, qui met en scène une adolescente de seize ans aux prises avec une maladie qui la vieillit prématurément, Wonder of the World, dont le rôle principal fut créé par l’actrice Sarah Jessica Parker, Dotting and Dashing et Snow Angel. C’est toutefois Rabbit Hole (Le terrier) qui propulse l’auteur vers le succès international. La pièce reçoit le prix Pulitzer en 2007, récoltant aussi cinq nominations aux Tony Awards, dont celle du meilleur texte dramatique. Elle est adaptée au cinéma, en 2010, par David Linsday-Abaire lui-même. Nicole Kidman, qui produit le film, y incarne Becca, le personnage central. Elle sera finaliste pour l’Oscar et le Golden Globe 2011 de la meilleure actrice pour ce rôle.

En 2012, DUCEPPE présentait Du bon monde (Good People), créée à Broadway l’année précédente. David Lindsay-Abaire écrivait alors pour la première fois sur son lieu d’origine : South Boston dans l’état du Massachusetts, communément appelé « Southie ».

Au chapitre des scénarios, soulignons la participation de l’auteur aux films Robots et Ink Heart. Il a aussi écrit, pour DreamWorks Animation, Rise of the Guardians. David Lindsay-Abaire a finalement cosigné le scénario d’Oz the Great and Powerful ainsi que le livret et les chansons du spectacle Shrek The Musical présenté à Broadway en 2008 et à la Place des Arts de Montréal en 2012.

Sa dernière pièce, Ripcord, a été créée off-Broadway à l’automne 2015.


Mise en scène

Jean-Simon Traversy

Diplômé du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 2007, Jean-Simon Traversy est directeur artistique, metteur en scène et traducteur. En avril 2017, dix ans après sa sortie de l’école, il était nommé à la direction artistique de DUCEPPE, conjointement avec son équipier de longue date, David Laurin. Auparavant, les deux hommes étaient à la barre de la compagnie LAB87, animés par une passion commune pour la dramaturgie anglo-saxonne émergente. La solide amitié entre les deux créateurs, leur complicité et leur complémentarité durent depuis une douzaine d’années.
Avec LAB87, Jean-Simon Traversy a mis en scène Les flâneurs célestes d’Annie Baker, Constellations de Nick Payne et Yen d’Anna Jordan, en plus de travailler comme assistant-metteur en scène de Frédéric Blanchette sur L’Obsession de la beauté de Neil LaBute et Tribus de Nina Raine. LAB87, conjointement avec Denis Bernard, a également mis sur pied Les 5 à 7 de La Licorne avec les pièces L’amour est un dumpling et Toutes les choses parfaites. Les productions de LAB87 ont été présentées plus de 200 fois et ont rejoint près de 40 000 spectateurs à travers le Québec.
Jean-Simon Traversy a assuré la mise en scène de nombreuses autres pièces parmi lesquelles Super Poulet de Stéphanie Labbé, Farragut North de Beau Willimon, Eigengrau de Penelope Skinner, Simone et le whole shebang d’Eugénie Beaudry et Hamster de Marianne Dansereau. Il était l’un des six metteurs en scène de À te regarder, ils s’habitueront d’Olivier Kemeid et Mani Soleymanlou et, en tournée dans les parcs de  Montréal pour La Roulotte, il a dirigé Bras-de-Fer de Mathieu Héroux et Astéroïde B612 d’Éric Noël.
Également traducteur, il signe la version québécoise des pièces Eigengrau de Penelope Skinner, Rouge Speedo de Lucas Hnath, Tribus de Nina Raine et Toutes les choses parfaites de Duncan Macmillan.
À la saison 2018-2019 de DUCEPPE, la première sous sa direction, il signe une mise en scène saluée unanimement, celle de la pièce Le Terrier de David Lindsay-Abaire, qu’il avait d’abord créée au Théâtre Denise-Pelletier à l’automne 2016.
Photo : Maxyme G. Delisle