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Délicate Balance

d’Edward Albee
mise en scène de Daniel Roussel

Tobie et Agnès forment un couple raffiné de la bonne bourgeoisie américaine. Ils vivent « en famille » avec Claire, la sœur d’Agnès, une alcoolique affirmée qui menace l’équilibre de leur union. Un soir, après un souper orageux, l’arrivée inopinée de leur fille Julia et l’irruption mystérieuse de leurs meilleurs amis Harry et Edna mettent en péril l’harmonie apparente de leur vie commune.

Agnès, Tobie, Harry, Edna, Claire et Julia forment, en microcosme, une société qui, sous des dehors aisés et confortables, se referme sur elle-même sans se préoccuper des autres, de leurs besoins, de leur solitude et de leur détresse.

Délicate Balance, un classique incontournable qui aborde avec cruauté certes mais avec une lucidité implacable les valeurs d’une société qui se drape dans la bonne conscience et l’indifférence.

Devant l’échec, le rejet et le déséquilibre de notre trajectoire humaine ne sommes-nous pas toujours à la recherche d’un refuge, d’un nid où nous pourrions retrouver ne fut-ce qu’un temps, cette délicate balance qui a pour nom le bonheur?

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avec Andrée Lachapelle, Béatrice Picard, Benoît Girard, François Tassé, Louise Turcot, Violette Chauveau

Texte

Edward Albee

Né à Washington en 1928 de parents inconnus, Edward Albee est adopté, à peine deux semaines après sa naissance, par Reed Albee, un magnat du spectacle qui lui donne son nom. Après un passage à l’académie militaire de Valley Force, puis dans d’autres écoles dont il est chaque fois renvoyé, il rompt avec sa famille à 20 ans et s’installe à Greenwich Village. C’est là, après avoir écrit des poèmes et multiplié les petits métiers, qu’il signe sa première pièce Zoo Story. On est en 1959. Proche de Tennessee Williams, Pinter, Ionesco et Beckett, Edward Albee propose un regard sans complaisance et d’une causticité féroce sur la société américaine. Figure marquante du théâtre de l’absurde aux États-Unis, il repoussera les frontières de la dramaturgie américaine. Tennessee Williams aimait d’ailleurs rappeler qu’Albee « est probablement le seul grand dramaturge que nous ayons jamais eu en Amérique »! En 1962, sa pièce Qui a peur de Virginia Woolf? lui vaut une notoriété internationale. Couronnée de plusieurs distinctions, elle sera jouée pas moins de quinze mois à Broadway, avant de faire le tour du monde et d’être adaptée au cinéma en 1965 par Mike Nichols. Richard Burton et Elizabeth Taylor y seront inoubliables. On lui doit aussi Sandbox (1960), The Death of Bessie Smith (1960), The American Dream (1960), Tiny Alice (1964), A Delicate Balance (1966), Everything in the Garden (1967), Quotations from Chairman Mao Tse Tung (1970), Seascape (1975), Counting the Ways (1977), Listening (1977) et The Lady from Dubuque (1980). Après une éclipse de plusieurs années, le dramaturge renoue avec le succès grâce à Three Tall Women, créée à Broadway en 1991. Plusieurs autres pièces suivront entre 1993 et 2007 : Fragments, The Play about the Baby, The Goat or Who Is Sylvia, Occupant, Peter and Jerry et, finalement, Me, Myself and I. Trois prix Pulitzer (A Delicate Balance, Seascape, Three Tall Women) et deux Tony Awards (Who’s Afraid of Virginia Woolf? et The Goat or Who Is Sylvia? ) comptent au nombre des multiples prix décernés aux œuvres d’Albee. En 1996, il reçoit des mains du président Clinton le prix Kennedy Center Lifetime Achievement. Il est le quatrième dramaturge à récolter cet honneur après Tennessee Williams, Arthur Miller et Neil Simon. Il recevait en 2005 le Special Tony Award for Lifetime Achievement et en 2011 la prestigieuse Edward MacDowell Medal for Lifetime Achievement.

Mise en scène

Daniel Roussel

Comédien, metteur en scène, réalisateur, traducteur et, au cours des ans, professeur à l'École nationale de théâtre, à l'option théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe, à celle de Lionel-Groulx ainsi qu'au Conservatoire d'art dramatique de Montréal, Daniel Roussel signe sa première mise en scène en 1971. Près de quarante ans plus tard, il en a plus de 90 à son palmarès, tant ici au Québec qu’en France, lui qui a fait la navette entre le pays qui l’a vu naître et sa terre d’adoption : le Québec. Après avoir suivi les cours du Centre national d’art dramatique à Paris ainsi que ceux du New York University, Daniel Roussel réalise de nombreuses mises en scène à Paris, à New York, à Los Angeles et à Montréal. À Paris, au Théâtre Marigny, il met en scène deux œuvres d’Eric-Emmanuel Schmitt : Le Visiteur etHôtel des deux mondes; au Théâtre de Paris : Madame Doubtfire; au Théâtre du Palais-Royal : Poste restante de Noel Coward; au Théâtre des Champs Elysées : Virage d'Alain Teulié et au Petit Théâtre de Paris : Being at home with Claude de René-Daniel Dubois. À Montréal, il met en scène des œuvres de Marguerite Duras, de Jean-Claude Brisville, de René de Obaldia et de Paul Claudel au Café de la Place. Au Rideau Vert, il monte Feydeau, Gabriel Arout, Ionesco et Paul Claudel; au Théâtre du Nouveau Monde : Labiche, Molière, Shakespeare, Eric-Emmanuel Schmitt; au Quat’Sous : Mishima, Ionesco et René-Daniel Dubois (Being at home with Claude). Le Théâtre d’Aujourd’hui lui doit Le facteur réalité de René Gingras, le Centaur, PIAF et The Visitor et le Leanor and Alvin Segal Theatre, My Old Lady. Chez Duceppe, il signe plusieurs mises en scène marquantes. Signalons ici P’pa, Gin Game, Ciel de lit, Bonne nuit m’man, En première page, Mort accidentelle d’un anarchiste, Le Printemps, monsieur Deslauriers, Délicate Balance, C’est ma vie, Très chère Mathilde et Equus au printemps 2008. « Je ne suis pas un homme à suivre un plan de carrière » nous confie-t-il. « Je préfère penser qu’il y a toujours un effet d’entraînement du fait de la disponibilité et du désir des autres. » Daniel Roussel, c’est le plaisir et le bonheur de faire ce qu’on aime avec des collaborateurs qu'on aime et de le faire pour le plaisir des spectateurs.

Critiques et commentaires

« … Daniel Roussel … fait une très grande place à ses interprètes… Andrée Lachapelle et Béatrice Picard nous livrent une très très grande performance. Du grand théâtre, une grande parole. »
– C’est bien meilleur le matin, Première Chaîne

« Une mouture accomplie, signée Daniel Roussel… la traduction et les comédiens servent magnifiquement le texte. On pourrait difficilement trouver meilleure distribution. »
– Voir

« Un très bon spectacle »
– Pourquoi pas dimanche?, Première Chaîne

« C’est féroce, cinglant, absurde et parfois très drôle. »
– Journal de Montréal

« Béatrice Picard pétille d’intelligence et de malice… Ironique, mélancolique, accablée, révoltée, tendre, Andrée Lachapelle en dévoile toutes les strates avec élégance, force et précision… Albee… son théâtre est à la fois accessible et extrêmement intelligent. »
– La Presse

« … une réalisation quasiment impeccable. »
– Le Devoir

« … une pièce féroce à l’humour totalement ravageur… qui tient énormément par la magie du jeu des comédiens. Ils sont tous bons, ils sont tous à leur place, comme les cinq doigts de la main….
– Désautels, Première Chaîne