Charbonneau et le chef

de John Thomas McDonough
mise en scène de Claude Maher

En 1949, à Asbestos, la grève des travailleurs de l’amiante donna lieu à une violence sans précédent dans le monde syndical au Québec. Cette grève provoqua de tels remous qu’elle finit par opposer directement Maurice Duplessis, qu’on surnommait alors « le Chef », et monseigneur Joseph Charbonneau, archevêque de Montréal.

Convaincu de la légitimité de sa prise de position devant ce qu’il appelait un « désordre social », Duplessis mit en œuvre tout le poids de son pouvoir politique afin d’évincer Charbonneau dont la sympathie envers les ouvriers le dérangeait souverainement.

La grève terminée, la paix sociale revenue, Duplessis délégua à Rome auprès du Saint-Siège des émissaires chargés de porter des accusations graves sur l’attitude « subversive » de l’archevêque.

Convoqué par le nonce apostolique, Charbonneau se vit obligé de démissionner de son poste.

Par la gravité des enjeux en cause, par l’importance des deux protagonistes de ce véritable drame historique et par la théâtralité même des événements qui se sont déroulés à l’époque, Charbonneau et le Chef est une œuvre dont les échos résonnent encore aujourd’hui avec force et gravité dans un monde où la justice sociale est une préoccupation sans cesse grandissante.

Voir le programme de cette pièce

avec André Richard, Antoine Durand, Benoît Girard, Denis Houle, Éric Cabana, Francis Vachon, Frédéric Paquet, Gabriel Sabourin, Gaston Caron, Gilles Cazabon, Guy Sprung, Jean-Léon Rondeau, Jean-Pierre Chartrand, Jeff Boudreault, Martin Dion, Michel Dumont, Michel Laperrière, Normand Lévesque, Pierre Gendron, Raymond Legault, Sébastien Delorme, Sylvain Massé, Sylvain-G. Bissonnette, Vincent Giroux, Yvan Benoit

Texte

John Thomas McDonough

Lorsque la grève d’Asbestos éclate, en 1949, John Thomas McDonough, un ancien dominicain, étudie à l’Université Laval.C’est en 1965 que l’idée d’écrire la pièce lui est venue. Il présente une première version, en anglais, sous le titre Charbonneau and « le Chef » à Jean-Louis Roux alors directeur artistique du Théâtre du Nouveau Monde. Mais il s’agissait beaucoup plus d’un document historique que d’une pièce de théâtre.La pièce ne prend sa forme définitive qu’en 1971, grâce à Paul Hébert, alors directeur artistique du Théâtre du Trident, et à Pierre Morency qui décident de l’adapter. Charbonneau et le Chef est créé le 11 mars 1971 au Grand Théâtre de Québec, par le Trident, dans une mise en scène de Paul Hébert, avec Jean Duceppe dans le rôle de Duplessis et Jean-Marie Lemieux dans celui de monseigneur Charbonneau. Le succès est immense et on en donne plus de 90 représentations.Jean Duceppe propose alors d’acheter les droits de la pièce. On connaît la suite : 163 représentations à Montréal et 91 en tournée pour les productions des saisons 1973-1974 et 1985-1986. En tout, 264 200 spectateurs.John Thomas McDonough a déjà mentionné que le sujet de sa pièce n’est ni la grève d’Asbestos, ni monseigneur Charbonneau ou Maurice Duplessis, mais surtout une proposition de justice sociale. Il n’a jamais cru avoir fait le procès de Duplessis, ni pour autant l’apologie de monseigneur Charbonneau, mais avoir principalement dénoncé une forme d’injustice commise par l’Église, au nom du Seigneur. « C’est la plus grave des injustices » ajouta-t-il.Selon l’auteur, sa pièce est une allégorie ; ce n’est pas un document. Les faits sont réels, mais il a fallu les transposer sous une forme dramatique. C’est une pièce authentique, mais qui ne prétend pas pour autant rejoindre l’objectivité de l’historien.

Mise en scène

Claude Maher

Metteur en scène, réalisateur, comédien et traducteur, Claude Maher a fait des études en interprétation à l’École nationale de théâtre et en réalisation à la BBC.Directeur du service des émissions dramatiques de Radio-Canada de 1991 à 1995, il a présidé à la production de téléromans et de séries tels que Marylin, 4 et demi, Blanche, Urgence, Scoop, Omertà et La Petite Vie. Il démarra alors le développement de la quotidienne Virginie.Producteur au contenu pour Avanti Ciné-Vidéo, Claude Maher y a supervisé, entre autres, les émissions Catherine, la série jeunesse Pendant ce temps devant la télé, la série dramatique Les Étoiles filantes et le jeu-débat animé par Stéphan Bureau, La Joute.Réalisateur de 5 Bye Bye, de Poivre et Sel, de Bêtes de scène et de 15 secondes, Claude Maher s’est vu décerner un Gémeaux pour sa réalisation de la dramatique Les Gars en 1988, trois Gémeaux et deux prix spéciaux pour ses Bye Bye ainsi que le prix Anik pour sa réalisation de la dramatique Portrait Vidéo.Au théâtre, il a signé de nombreuses mises en scène pour La Relève à Michaud, le Théâtre Saint-Sauveur et le Théâtre Le Patriote.Pour DUCEPPE, il a mis en scène plusieurs spectacles remarquables. Citons, entre autres, Des frites, des frites, des frites, Douze hommes en colère, La mort d’un commis voyageur, Les Gars, La chatte sur un toit brûlant, La Ronde, Le Clan, Quelque part un lac, Histoires à dormir debout, Bluff, Des hommes d’honneur, Charbonneau et le Chef et Les Sunshine Boys.Il fut le conseiller artistique et le metteur en scène de Marc Favreau pour quatre spectacles du célèbre Sol, dont Le retour aux souches et Prêtez-moi une oreille attentative.De plus, pour le Théâtre Le Patriote, Claude Maher a traduit et adapté une quinzaine de pièces de théâtre. Citons la réussite totale de son adaptation et de sa mise en scène du Dîner de cons de Francis Veber ainsi que celles d’Un homme en taxi en vaut deux, de Libre Échange et de Tiens ça mort! de Ray Cooney et de Coup de ciseaux, où il a renoué avec le métier de comédien.À la télé, il a interprété, entre autres, le rôle de Guy Lalonde dans la série Omertà et on a pu le voir récemment dans le rôle du juge dans la série Malenfant à Séries+.Claude Maher est également chargé de cours, depuis quatre ans, à l’École des médias (télévision) de l’UQAM.