Les jeunes critiques se prononcent sur Le Chemin des Passes-Dangereuses

Posté le 6 Mars 2018 - Catégories

Cette saison, DUCEPPE offre une tribune à de jeunes écrivains, des ados amoureux de théâtre, pour recueillir leurs impressions sur nos productions. Voici leurs critiques de la pièce Le Chemin des Passes-Dangereuses.

Gabrielle Chartrand, 17 ans :

« Le texte est percutant. Inutile de nier sa portée universelle, qui en plus de rejoindre plusieurs personnes de toutes les mœurs et toutes les époques témoignent de cette difficulté qu’ont les hommes à s’exprimer, à des époques où le cadre est si serré qu’il en étouffe les êtres qui divergent un tant soit peu de ses limites. Freud a qualifié de surmoi cette entité emblématique des années où le contrôle par la tradition et la religion empoisonnait des personnes comme Ambroise dans un enclos de solitude que seule la fuite permettait de contrer. C’est également cette force qui pousse Carl à se complaire dans une vie simple et rangée, dans le moule, et Victor à devenir une épave car il se sent dévoré par la culpabilité. » Lire la suite

Aurélie Dugas-Lebeau, 15 ans :

« Ce qui m’a plu aussi, c’est que chaque personnage a son « moment de gloire » où il a un grand monologue et où les autres ne font que le regarder. C’est dans ces moments que l’on peut voir la vraie nature du personnage et où il s’ouvre à nous. La pièce nous montre une autre facette des relations fraternelles à laquelle on ne s’attend pas nécessairement : le fait de se parler sans tabou, avec une franchise parfois dérangeante. » Lire la suite

Nadège Gendron, 17 ans :

« Le décor étant suggestif, l’accent est donc mis complètement sur les acteurs. Ceux-ci nous livrent une performance fantastique à la hauteur de ce classique québécois. Ce sont des personnages lourds et difficiles à interpréter et ils ont très bien rendu le contenu. Incarnés par Maxime Dénommée, Félix-Antoine Duval et Alexandre Goyette, les trois frères sont déboussolés et terrifiés par leur réalité qui les rattrape à grands pas. Nous sommes amenés à vivre ce tourbillon d’émotion à leur côté. » Lire la suite

Fabienne Pilon, 16 ans :

« L’utilisation, d’ailleurs, de cette voix hors-champ résonnante, dense, mystérieuse est particulièrement habile. Elle permet le déclic entre un début plein d’humour, quoique vaguement menaçant, et la montée dramatique de la fin, qui se rapproche du thriller. Cette même voix fera dire à celui qui m’accompagnait: “Mon coeur n’avait jamais battu aussi vite au théâtre.”»

« En somme, ​Le Chemin des Passes-Dangereuses ​est une pièce d’une grande puissance, du texte aux acteurs en passant par la superbe mise en scène de Martine Beaulne. C’est cet amalgame carrément parfait d’humour, de drame et de suspense qui séduit et rend l’intrigue si happante, les personnages si attachants. Une fois embarqué(e), on ne décroche pas une seconde et la finale est amplement à la hauteur des chemins pris pour s’y rendre. » Lire la suite

Flavie Vézina, 16 ans :

«La pièce parle du manque de communication entre les hommes. Tout au long de la pièce, nous faisons aussi face à la relation ambiguë amour/haine que vivent beaucoup de frères et sœurs. Elle traite également de la manière dont nous percevons l’homosexualité dans notre société grâce au personnage d’Ambroise qui est lui-même gai. Les trois frères représentent trois types d’hommes que nous pouvons retrouver au Québec. Il y a Carl qui vit à Québec et travail dans un Costco, Ambroise qui est un galeriste montréalais puis Victor qui vit à Alma et gagne sa vie en plantant des arbres. De cette manière, chacun et même chacune peut se reconnaitre à travers au moins un personnage. Il faut toutefois garder en tête que cette pièce n’est pas réaliste. Le texte, jonché de poèmes, est beau et plaisant à écouter tout en gardant une petite touche humoristique.» Lire la suite