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Jeune critique : Luka Provost, 16 ans

Posté le 1 Janvier 1970 - Catégories

Critique de la pièce Le Terrier

Comme disait la célèbre romancière Agatha Christie : « L’amour d’une mère pour son enfant ne connaît ni loi, ni pitié, ni limite. Il pourrait anéantir tout ce qui se trouve en travers de son chemin ». Becca et Louis ont perdu leur fils Dany dans un accident de la route, alors que celui-ci courait derrière leur chien dans la rue, il a été frappé par un véhicule et est décédé sur le coup. Depuis ce jour, les parents vivent un deuil de façons complètement différentes. Leur entourage tente de leur porter soutien à leur façon, mais Becca semble rester indifférente à leur support et elle est dans une phase de déni évidente. Sa relation de couple sera ébranlée par les représailles de l’accident ainsi que ses autres relations interpersonnelles. Le chauffeur de la voiture, Jason, tente par tous les moyens de rencontrer la famille du jeune garçon à qui il a donné la mort, mais est-ce que le pardon est réellement possible pour tous? Les conséquences d’un événement aussi tragique laissent indéfiniment des traces, une fissure au cœur qui ne disparaîtra jamais.

Profondément humain

Le spectacle présente une réalité que certaines personnes peuvent vivre en 2019. Nous serons tous confrontés au décès d’un être cher. J’ai beaucoup apprécié que l’on puisse observer les différents points de vue et les différentes réactions des personnages par rapport au récent décès de Dany. La mère de Becca (Nathalie), interprétée impeccablement par Pierrette Robitaille, ne cessait de comparer la situation de Dany avec le cas de son fils, lui aussi décédé, mais ayant une histoire complètement différente, ce qui irrite beaucoup Becca. Pourtant, Nathalie ne veut pas mal faire. C’est l’approche que le spectacle souhaite présenter à mon avis, que chaque individu à sa perception des choses. Vous savez, il y a des pièces qui se terminent et tout le monde se lève sans dire un mot, Le Terrier était l’une d’entre elles, car l’ensemble de l’œuvre était si près de la réalité que tous furent ému.

Minimaliste, mais grandiose

La mise en scène de Jean-Simon Traversy était si réfléchie. Tous les petits objets qui étaient apposés au sol avaient une place bien précise dans le déroulement de l’histoire. La scène était très uniforme, ne comportait presque aucun élément, on pouvait apercevoir de très petits souliers rouges du côté cour. Au-dessus des comédiens trônait un énorme bloc qui pivotait tout au long du spectacle, celui-ci projetant de la lumière colorée, éclairage réussi. Cela m’a impressionné, car le tout était recherché et astucieux. Un travail remarquable qui mérite d’être souligné !

Réalisme jusqu’au bout des lèvres

Plusieurs fois pendant la représentation, je me reconnaissais à travers certains textes, dans certaines réactions que les personnages pouvaient avoir et dans les sentiments que ceux-ci éprouvaient. Les textes étant très bien écrits, ainsi que le travail de traduction, permettaient au spectateur de s’identifier à ce qui se passait sur scène. L’interprétation est aussi un élément inévitable à récompenser dans ce spectacle. Le Terrier nous a offert Sandrine Bisson sensible, Frédéric Blanchette incompris, Rose-Anne Déry crue, Pierrette Robitaille hilarante et André-Luc Tessier touchant. Une distribution qui se complète parfaitement et qui a su faire de cette pièce de théâtre un succès assuré.

Luka Provost, 16 ans

 

Critique de la pièce Oslo

Le conflit israélo-palestinien est l’une des oppositions les plus violentes que la planète ait connues. Le spectacle Oslo représente les actions qui ont été posées par Terje Red-Larsen (Emmanuel Bilodeau), aidé par sa charmante épouse Mona Juul (Isabelle Blais). Ils ont tenté tant bien que mal de servir de médiateurs entre les différents négociateurs. Les discussions, qui ont lieu en Norvège, piétinent énormément. Les compromis sont inadmissibles et les concessions sont peu probables. L’ensemble des problèmes devront être réglés, mais est-ce que ce sera aussi simple qu’un claquement de doigts ?

Des interprètes fantastiques
Isabelle Blais rayonnait dans son rôle de Mona. Sa projection vocale impressionnante et son jeu extrêmement juste étaient parmi les éléments forts de la pièce. J’ai beaucoup apprécié que celle-ci narre certains passages de l’histoire afin que le public puisse mieux saisir les lieux et les éléments de temps. Il n’y avait qu’un seul et unique décor, mais on voyageait beaucoup. Cet aspect a grandement contribué à ma compréhension du spectacle. J’aimerais également souligner la performance de monsieur Manuel Tadros, qui interprétait Abou Ala, le premier ministre de l’Autorité nationale palestinienne. Il m’a marqué par son sens de l’humour et tout autant par son intensité. Que de surprises !

Une épreuve de concentration
On ne peut quitter la scène des yeux pendant la pièce. Il y a des éléments qui font réfléchir et qui nous aident à réaliser à quel point le conflit est énorme. Il se dit tellement de choses à la fois qu’il faut rester canalisé sur ce qui se passe sur scène pendant les deux heures quarante minutes. J’ai beaucoup aimé qu’il y ait un entracte, car cela m’a permis de discuter avec mon accompagnatrice des différents enjeux rattachés au spectacle.

Une mise en scène simpliste, mais franchement efficace
J’ai a-do-ré la mise en scène. Félicitations, madame Patenaude, votre travail m’a conquis. Les éléments de décor n’avaient rien de superflus, ils étaient là et utiles. En faisant basculer les porte-documents, on comprenait les différents évènements tragiques qui se passaient en dehors des discussions autour d’une table. Nous prenions ainsi conscience de toute l’horreur que les peuples israéliens et palestiniens vivaient pendant que nos personnages, entêtés, tentaient d’arriver à un consensus.

Luka Provost, 16 ans

 

Critique de la pièce Le bizarre incident du chien pendant la nuit :

Qui a tué Wellington ? Une question que l’on se pose dès l’ouverture du rideau, lorsqu’on aperçoit le pauvre chien, étendu au sol, une fourche plantée au bas du ventre. Christopher (Sébastien René) ne veut pas y croire. Le jeune homme de 15 ans, remarquant dans ce cas l’injustice, décide de mener une enquête afin de trouver le coupable de cet acte irréparable. Muni de son cahier et de son imagination débordante, celui-ci rencontre de nombreuses personnes et les interroge au sujet du meurtre. Personne n’a rien vu, ou presque. Le père de l’adolescent (Normand D’Amour) lui demande de cesser immédiatement de déranger le voisinage et d’une manière assez abrupte, saisi son cahier et le cache dans la maison. Son père parti travailler, Christopher en profite pour fouiller dans la chambre de celui-ci. C’est à l’intérieur de la garde-robe qu’il découvre son cahier, mais également les preuves de l’énorme mensonge que lui a raconté son père au sujet de la disparition subite de sa mère (Catherine Proulx-Lemay), qui serait décédée d’une crise cardiaque, à l’hôpital. À son retour, son père le découvre sur le plancher, parsemé d’enveloppes révélant la vérité. Christopher pleure.

Une histoire forte en émotions

J’ai beaucoup aimé l’intrigue du spectacle. Les différents personnages avaient tous un rôle à jouer dans la quête de Christopher. Ces derniers étaient pertinents et avaient tous leurs propres caractéristiques qui les rendaient spéciaux. L’aventure vécue dans le spectacle était remplie de moments surprenants, des chutes, qui nous tenaient sur le bout de notre siège tout au long de la représentation. J’ai beaucoup aimé le dénouement, qui amenait une touche de douceur au spectacle qui avait été très tumultueux depuis le début. Une finale qui vient caresser l’audience dans le sens du poil.

L’interprétation, le principal atout

J’ai trouvé que l’acteur interprétant Christopher (Sébastien René), le personnage principal de la pièce, avait un talent exceptionnel. Celui-ci avait énormément de texte et l’a rendu avec brio. Il a joué son rôle avec beaucoup de réalisme et de finesse. J’aimerais aussi souligner l’excellent jeu de Normand D’Amour qu’on se réjouit à haïr. Cet homme a une facilité exceptionnelle à se mettre dans la peau de son personnage. Il a su m’émouvoir dans ses moments de désespoir, ne savant plus quoi faire afin d’obtenir le pardon de Christopher. Un comédien en or qui a beaucoup d’aplomb sur scène, un plaisir de le voir performer.

La mise en scène, éclairages, décors, j’adore

J’ai à souligner le travail remarquable du metteur en scène, Hugo Bélanger. Tout a été réfléchi, pensé. Des lettres qui tombent du plafond aux multiples trappes, les petits détails m’ont vraiment impressionné. J’ai été stupéfait devant les jeux de lumières et d’éclairages ainsi que devant les projections sur scènes. Pleins de petits éléments qui m’ont surpris et qui m’ont fait apprécier encore plus ma soirée au théâtre.

Bref, j’ai adoré le spectacle. Un des meilleurs, si ce n’est pas mon favori auquel j’ai pu assister dans ma jeune vie d’adolescent de 15 ans. Je le recommande à tous. Une pièce nécessaire, un texte intelligent, des interprétations digne de mention, une mise en scène sans faille, juste du beau. À toute la distribution, gens de la production, employés du Théâtre DUCEPPE, merci. Merci de continuer à présenter des pièces après lesquelles on ressort satisfait, ému et grandi.

Luka Provost, 15 ans