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Entretien avec Guillaume Laurin

Posté le 10 Mars 2021 - Catégories

Guillaume Laurin est au cœur du projet Whitehorse. Non seulement est-il l’un des interprètes principaux, il signe également l’adaptation du texte avec Sébastien Tessier et Samuel Cantin. Avec Couronne Nord, compagnie multidisciplinaire dont il est le cofondateur, il agit également à titre de coproducteur de la mise en lecture disponible en vidéo sur demande du 15 au 20 mars. Rencontre avec un artiste aux multiples talents.

 

Comment le projet d’adaptation théâtrale de la BD Whitehorse est-il né?

Tout ça est parti des auditions ouvertes de Duceppe. Sébastien Tessier et moi avons participé en 2019. Moi qui viens plus du milieu du cinéma, ça faisait longtemps que j’avais envie de jouer au théâtre. On cherchait une façon de se démarquer et on n’avait pas envie de jouer une scène réaliste issue du répertoire américain. On s’est tourné vers un médium qui nous intéressait: la bande dessinée. Dans Whitehorse il y avait tellement de dialogues savoureux! On a trouvé une scène de deux minutes où le personnage d’Henri annonce à son ami Diego qu’il est atteint du syndrome de la tortue. C’est ce qu’on a présenté aux auditions Duceppe et on a eu beaucoup de plaisir autant à créer cette scène qu’à la jouer. 

Après notre présentation, les codirecteurs artistiques de Duceppe, Jean-Simon et David, nous ont approchés en disant qu’ils seraient intéressés à présenter une version plus longue de notre adaptation. Ça nous a mis la puce à l’oreille et ça nous a donné la motivation nécessaire pour commencer à travailler le texte.

On a contacté l’auteur Samuel Cantin et dès le départ il a embarqué. On a décidé de se concentrer sur le tome 1 en premier lieu et d’ajouter certains éléments du tome 2. Le projet de la pièce Whitehorse a donc pris forme.  

Le bédéiste Samuel Cantin lors du tournage de la webdiffusion.

 

Quels sont les défis que vous avez rencontrés avec l’adaptation?

Ce qui nous intéressait c’était d’abord de voir au théâtre les rouages du milieu du cinéma. Il y avait des personnages qui étaient nettement moins développés dans la version papier comme Nathalie, Diego et Sébastien. On a décidé de se concentrer sur des personnages qui gravitent dans le milieu artistique. Nathalie est, dans notre version, une comédienne qui n’a pas le vent dans les voiles et qui a l’impression que le théâtre corporel est sa vraie vocation. Sébastien devient un enfant acteur qui a joué dans Les rois maudits et qui a la tête enflée depuis. Diego est cascadeur et gravite autour d’eux. On a voulu étoffer l’univers qui entoure Henri et Laura et se concentrer sur le milieu du cinéma.

On trouvait aussi que la BD ne vieillissait pas tout à fait en harmonie avec le courant de pensée actuel (ndlr : plus sensibilisé après les mouvements metoo et agression non dénoncée). On voulait étoffer les personnages féminins comme Nathalie et Laura. Le personnage du docteur a été féminisé et est interprété de façon extraordinaire par Marie Brassard.

Il fallait aussi que notre personnage principal Henri soit plus conscient des conséquences que peuvent avoir ses actes et de sa propre toxicité. Même chose pour le personnage de Sylvain Pastrami. Ce sont des personnages masculins qui ont de drôles de pratiques! 

Autant pour Henri, qui plus est dans le manque de confiance en soi, que pour Sylvain qui est dans la surconfiance en lui. Avec Samuel [Cantin] on a adressé ces besoins de changements par rapport à la BD dès notre première rencontre. Il a été super réceptif et participatif. 

Sébastien Tessier cosigne l’adaptation et interprète le personnage d’Henri.

 

Qu’est-ce que les autres comédien·ne·s et Simon Lacroix, qui signe la mise en lecture, ont-ils·elles apporté à l’adaptation lors du laboratoire de création? 

Tout! C’est d’abord un travail de comédie et donc un travail de rythme. On a une distribution d’enfer! Ce sont des actrices et des acteurs que Sébastien [Tessier] et moi on admire énormément. 

Ces comédien·ne·s ont tous et toutes une immense facilité et une compréhension du comique. C’est un rêve pour nous d’entendre nos mots et nos idées dans la bouche de ces gens-là! Avec leur apport, les coupures et changements sont devenus très évidents dès notre première lecture. 

Simon [Lacroix], ç’a été un chef top! Tous les projets auxquels il touche, tant comme comédien qu’avec le Projet Bocal, ont une touche d’absurde et de folie. Mais il ont aussi un certain sérieux et vont toujours au-delà de la simple comédie. Il y a une créativité dans son sens de l’humour, dans sa compréhension du jeu des d’acteurs et dans le rythme qu’il impose. Il nous a conseillés dans des coupures de texte et il a été super généreux. 

Simon Lacroix donne ses directions aux comédien·ne·s avant le tournage.

 

Comment décrirais-tu le personnage que tu interprètes, Sylvain Pastrami? Pourquoi as-tu choisi d’interpréter ce personnage en particulier? 

Sylvain [Pastrami] est un réalisateur exécrable dans tous ses clichés. Il est allé à Cannes et depuis, tout le monde boit ses paroles comme si c’était du génie pur! C’est un cadeau pour un acteur de jouer un personnage aussi obscène. Chaque réplique est un petit coup de poing pour le public. Moi, comme acteur, aller dans la laideur d’un personnage, c’est une chose qui m’intéresse. Avec Couronne Nord, nos plateaux de tournage sont super plaisants! Mais comme acteur, dès que tu rentres sur des plateaux plus mainstream tu peux vite tomber dans une game d’égo. Dans Whitehorse le comportement de Sylvain Pastrami est beaucoup exagéré mais tous et toutes les acteur·trice·s que je connais pourraient sûrement raconter des histoires d’exubérances étranges de réalisateur·trice·s!

De gauche à droite: Charlotte Aubin, Guillaume Laurin, Sébastien Tessier, Etienne Lou, Sonia Cordeau et Joey Bélanger

 

Est-ce vous voyez un avenir à ce spectacle au-delà de la webdiffusion?

Ce serait vraiment triste qu’on ne puisse jamais entendre les rires du public. Ça pourrait être la seule et unique raison de poursuivre l’aventure. 

Mais aussi, tout est arrivé tellement à point et de façon organique avec ce projet-là. Tout a été facile, tout le monde avec qui on voulait travailler a dit oui. Donc, de continuer avec cette belle gang là serait un privilège. 

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