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Causerie Duceppe en balado — Les Hardings

Posté le 29 Janvier 2020 - Catégories

Les codirecteurs artistiques de Duceppe, David Laurin et Jean-Simon Traversy, animent cette causerie avec l’autrice et metteuse en scène Alexia Bürger ainsi que les comédiens Bruno Marcil et Patrice Dubois. Cette discussion passionnante vous permettra de découvrir une partie de l’histoire derrière Les Hardings, une pièce que les codirecteurs avaient applaudie au printemps 2018. Une œuvre qui les avait profondément marqués. « Il y a de ces spectacles qui restent longtemps en nous. Quelques semaines après l’avoir vu, on s’en parlait encore. Pour nous, c’était devenu une évidence qu’il fallait le présenter à nos abonné·e·s et nos spectateur·trice·s », racontera David Laurin en introduction.  

 

Nous vous invitons à écouter l’intégrale de cette troisième causerie de la saison: une belle occasion d’en apprendre plus sur le processus de création, les enjeux de ce spectacle hors de l’ordinaire, les traces que laissent de tels rôles, les réactions des Méganticois·e·s et beaucoup plus. 

 

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« Comme tous les Québécois et les Québécoises, j’ai été absolument bouleversée par ce qui s’est passé à Mégantic. Je ne suis pas Méganticoise, je ne connaissais rien du réseau ferroviaire ou du transport du pétrole au Québec, mais, je suis devenue un peu obsédée — en fait, complètement obsédée — par le fait que dans les jours suivants, tout repose sur les épaules d’un seul homme », expliquera d’entrée de jeu Alexia Bürger.

 

« Je me disais que l’on ne pouvait pas mettre dans les mains d’un seul homme le sort d’une ville complète. » – Alexia Bürger

 

L’autrice et metteuse en scène partagera avec le public le processus de création de sa pièce Les Hardings. Elle évoquera l’absence du quatrième mur, souhaitant que les spectateur·trice·s se sentent tout autant inclus·e·s que les comédiens dans la représentation, et la conception scénographique de Simon Guilbault, un décor qui happe le public, afin qu’il se sente englobé dans l’accident. Elle s’exprimera aussi sur le choix de ses trois acteurs — Bruno Marcil, Patrice Dubois et Martin Drainville — et sur l’importance qu’ils ont eu dans la création de ce spectacle.

 

« J’ai été aussi inspirée dans l’écriture par les acteurs que les personnages. » – Alexia Bürger

 

Présent chez Duceppe pour la toute première fois, l’acteur Bruno Marcil, bien connu du grand public notamment pour ses divers rôles au petit écran, joue avec force, nuances et sensibilité le chef de train Thomas Harding.

 

« Dès le départ, en me proposant ce rôle, il y avait quelque chose de vertigineux. » – Bruno Marcil

 

À la question de savoir si porter ce personnage impliquait une responsabilité particulière, il répondra sans hésiter : « Clairement. Je pense qu’on l’a tous sentie, dès le départ. Et tout au long du processus de travail, on avait cette responsabilité d’être à la hauteur du projet. On va parler de gens qui ont perdu des proches, qui sont endeuillés depuis pas si longtemps.

 

« Parce qu’on parle de gens qui ont vécu une tragédie, on manipule quelque chose de très sensible, de très fragile. Alors, ça oblige à se situer tout de suite dans une zone d’équilibre assez précaire. » – Bruno Marcil

 

Dans Les Hardings, le trio d’interprètes doit en effet constamment maintenir un équilibre, au propre et au figuré, car le décor est incliné. Ces trois acteurs doivent aussi s’écouter, se soutenir, se compléter, se provoquer. « Comment créer une telle fratrie ? Ça prend quoi ? », demandera Jean-Simon Traversy.

 

« Beaucoup de patience ! C’est vrai que la mise en scène est très sobre, mais en même temps il y a plusieurs éléments : parler en chœur, dire d’une même voix, raconter d’une même voix… Même si on incarne des personnages qui ont chacun leur propre histoire, on doit se rallier au cœur d’un même thème, notamment celui de la responsabilité, du devoir civil, du devoir moral… Donc, c’est comme syntoniser le même poste, et c’est fantastique, parce que ce spectacle nous oblige à être dans le temps présent. On est “pleine conscience”, on n’a pas le choix ! », précise l’acteur Patrice Dubois.

 

Patrice Dubois incarne le chercheur néo-zélandais Thomas Harding. Il s’agit également d’une première présence pour lui chez Duceppe. Il s’en réjouit. « Quel bonheur ! Quand j’étais jeune acteur, je me disais : “Moi, je vais jouer chez Duceppe, c’est sûr !”. J’aimais le répertoire, j’aimais le rapport avec le public que la compagnie a toujours prôné. Et que ce spectacle soit l’occasion d’arriver sur cette scène-là, ce n’est pas anodin non plus », lancera-t-il.

 

« Les gens se sentent interpellés par cette prise de parole. » – Patrice Dubois

 

Familier avec le théâtre de création, habitué à ces processus créatifs où l’auteur·trice se mesure aux premières réactions des comédien·ne·s, Patrice Dubois aime se plonger dans ces projets à l’aveugle. Le Thomas Harding qu’il incarne a vécu un drame familial qui va à la fois l’isoler et le mettre au monde. « Dans la trame dramaturgique, je représente le drame intime. Celui auquel on peut tous faire face un jour, dans notre vie. Ce petit moment qui nous a échappé, dans le quotidien, banal. Mon personnage porte un de ces drames qui sont derrière les portes closes et auxquels on peut s’identifier facilement », précise-t-il.

 

« Il y a un appel de fraternité dans ce spectacle qui est très fort. » – Patrice Dubois

 

Jean-Simon Traversy reviendra sur divers moments particulièrement touchants de la pièce, dont l’énumération des prénoms des 47 victimes par le chef de train interprété par Bruno Marcil. « J’ai pris le temps de lire sur chacune des victimes, d’en savoir plus, pour donner un peu plus de profondeur à ce que je porte », révèle le comédien.

 

« On préférait ne pas savoir qu’ils étaient là, avant. » – Bruno Marcil

 

C’est des Méganticois et Méganticoises dont parle le comédien. Ils sont nombreux·ses à avoir vu le spectacle, depuis sa création en 2018 au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. Le comédien racontera d’ailleurs sa rencontre toute récente avec le contrôleur ferroviaire Richard Labrie, un des trois coaccusés de négligence criminelle avec Thomas Harding. Ils ont passé 1 h 30 dans les coulisses du théâtre Jean-Duceppe à discuter. « Ç’a été assez fort comme rencontre. Malgré une grande capacité de se remettre et de se retourner, tu sens qu’il y a une grosse blessure qui est encore là, qu’il porte et portera encore longtemps », dira Bruno.

 

On conclura la causerie avec le témoignage d’Isabelle Cyr et Michel Martin, un couple abonné depuis maintenant 20 ans ! Ces amoureux du théâtre, et en particulier du théâtre québécois, ont vu la pièce Les Hardings dont ils sont sortis soufflés. Rappelons que, cette année, chaque causerie permettra d’entendre la petite histoire d’un·e abonné·e chez Duceppe.

 

TIRAGE D’UNE PAIRE DE BILLETS Pour les auditeurs de la causerie en balado, il est possible de participer au tirage d’une paire de billets pour Les Hardings, en répondant à la question posée à la fin de la discussion et en faisant parvenir votre réponse ainsi que vos coordonnées à: [email protected] avant le 7 février. Bonne chance !

 

Cette causerie se tenait le 23 janvier 2020 à l’Espace culturel Georges-Émile-Lapalme, au cœur de la Place des Arts.

 

Pour écouter la causerie en balado, remontez au haut de cette page.
La pièce LES HARDINGS est présentée chez Duceppe jusqu’au 15 février 2020.

 

De gauche à droite: Jean-Simon Traversy, David Laurin, Alexia Bürger, Patrice Dubois et Bruno Marcil.