Shirley Valentine vit en banlieue avec son mari; une vie routinière et sans surprise.
Depuis des années, Shirley s’ennuie terriblement. Les enfants sont partis et il n’existe plus de complicité entre elle et l’homme qu’elle a épousé.
Mais Shirley a changé. Voilà que maintenant, elle rêve. Elle veut redevenir Shirley, la femme passionnée, active, curieuse de tout et un peu bohème, cette femme qu’emportée par la routine, elle avait fini par oublier.
Or, voilà que sa voisine lui offre de l’accompagner en Grèce pendant deux semaines. Shirley aura-t-elle le courage et l’audace de partir?
Shirley Valentine, une pièce tonifiante sur l’affirmation de soi, sur la nécessité de vivre librement sa vie avant qu’il ne soit trop tard.
Décor : Guillaume Lord
Costumes : Mérédith Caron
Éclairages : Martin Labrecque
Accessoires : Normand Blais
une pièce de
Willy Russell
mise en scène et adaptation de
Jacques Girard
avec Pierrette Robitaille

crédit : clivearrowsmith.com
C’est d’abord au métier de coiffeur pour dames que se destinait Willy Russell. Bien qu’il exerçât, sans grand intérêt, ce métier dès l’âge de quinze ans, les nombreuses heures à travailler dans le salon de coiffure lui ont donné le loisir d’écouter, d’analyser et de découvrir la richesse du comportement humain. Fort de cet apprentissage, de quelques années d’études et d’autres expériences accumulées en effectuant une série d’emplois, dont celui de professeur, Willy Russell prend la plume et signe quelques premiers textes de théâtre. Qui aurait cru que cet adolescent de quinze ans, ciseaux à la main, deviendrait un jour l’un des dramaturges britanniques contemporains les plus populaires?
Avec une œuvre comprenant plusieurs pièces, des comédies musicales, des scénarios, des chansons ainsi qu’un roman, l’auteur originaire de Whiston, près de Liverpool en Angleterre, est devenu au fil des ans une figure incontournable de la dramaturgie britannique. Ses trois premières pièces Keep Your Eyes down, Sam O’Shanker et Playground, écrites en 1971 et en 1972, sont d’abord créées par la troupe étudiante du St Katherine’s College de Liverpool. Lors des productions, Russell fait la rencontre de John McGrath qui, séduit par le travail du jeune dramaturge, encourage la compagnie théâtrale Liverpool Everyman Company à lui commander une première œuvre, When the Reds créée en 1973. Lors de cette même année, Willy Russell fait aussi sa première incursion dans le monde de la télévision en écrivant le scénario de King of the Castle, diffusé sur les ondes de BBC Birmingham. Malgré cette activité fructueuse lors de ses débuts, ce n’est qu’en 1974 que la carrière de dramaturge de Willy Russell démarre à plein régime. S’inspirant du groupe légendaire The Beatles, l’auteur compose la comédie musicale John, Paul, George, Ringo…and Bert, qui sera jouée au Liverpool Everyman Company puis au Lyric Theatre de Londres. La pièce raconte l’apogée et la chute du groupe ainsi qu’une tentative de retrouvailles peu concluante. Le spectacle remporte le Prix de la meilleure comédie musicale de l’année, décerné par l’Evening Standard et le London Critics. C’est à ce moment que Russell confirme sa place en tant que dramaturge et décide de se consacrer pleinement à son art.
Bien que souvent couronnée de succès, la carrière de Willy Russell culmine autour de trois œuvres majeures. Educating Rita, son premier vrai chef-d’œuvre écrit en 1980 et commandé par la prestigieuse Royal Shakespeare Company, est joué au Picadilly Theatre et fait salle comble pendant trois ans ainsi qu’au cours de deux importantes tournées nationales. Educating Rita, qui remporte d’ailleurs de très nombreux prix, raconte l’histoire de Rita, une coiffeuse pour dames qui décide de changer sa vie en s’éduquant. Sous une plume légère se devine un discours critique et pertinent sur l’accès à la culture et l’abrutissement général de la société. La pièce est portée au cinéma et met en vedette Michael Caine et Julie Walters. Russell est mis en nomination aux Oscars pour l’adaptation de sa pièce au cinéma.
En 1983, Russell revient avec la pièce musicale Blood Brothers (Frères de sang), présentée chez DUCEPPE en 2005 dans une mise en scène de René Richard Cyr. Dès la création, la critique et le public sont séduits par l’histoire de ces jumeaux séparés à la naissance. De plus, la pièce sera mise en nomination pour six prix Tony et remportera le prix Laurence Olivier de la meilleure comédie musicale. En 1988, la pièce est reprise et tient l’affiche, aujourd’hui encore, au Phoenix Theatre à Londres. Enfin, le troisième moment particulièrement fort de la carrière de Willy Russell est Shirley Valentine, un spectacle solo que DUCEPPE vous propose cette saison. Créée en 1986 à Liverpool puis à Londres en 1988 avec la comédienne Pauline Collins, Shirley Valentine tient l’affiche pendant trois ans et remporte de nombreux prix. En 1989, Russell adapte la pièce pour le cinéma, ce qui lui vaut une seconde nomination aux Oscars.
Doté d’un humour typiquement britannique et d’un talent indéniable pour la construction de personnages, Willy Russell écrit avec un brin d’ironie, avec beaucoup de compassion pour cette classe ouvrière qui l’inspire tant et avec une habileté à révéler la poésie du langage quotidien. Parmi ses autres titres qui ont marqué son parcours d’écrivain, rappelons ses pièces One for the Road et Stags and Hens, ses scénarios de Terraces et Our Day Out, son premier roman The Wrong Boy publié en 2003 et son premier album de chansons Hoovering the Moon, paru en 2003.
C’est avec plaisir que DUCEPPE retrouve cet auteur contemporain qui sait si brillamment faire rire, pleurer et réfléchir.

crédit : Photo: Pierre Halmaï
C’est à Jacques Girard que nous devons la mise en scène de l’inoubliable spectacle Pierrette est enchantée qui a été offert aux spectateurs de DUCEPPE en février 2009.
Jacques Girard a participé à l’écriture collective et à la mise en scène de plusieurs créations théâtrales au Théâtre de la Bordée dont il est un des cofondateurs. Il a mis en scène les spectacles humoristiques Bobépine et Ben voyons donc matante ainsi que C’est parti mon sushi et Enfin duchesse, deux spectacles des Folles alliées. Il a participé au délire des Cabarets de l’Espace Libre en y orchestrant les numéros des Trois Stars. Il y a trente ans avec, entre autres complices, Jean-Fernand Girard et Pierrette Robitaille, il créait Les Vols au vent.
Comédien de talent, Jacques Girard a joué dans la plupart des théâtres québécois sous la direction de metteurs en scène chevronnés. Citons, en particulier, ses performances dans Rouge Gueule, Art, L’Avare, La Visite de la vieille dame, Le Revizor, Haute Fidélité, Cyrano de Bergerac, Comme il vous plaira, Le Médecin malgré lui, Roméo et Juliette, Le Roi se meurt et Appelez-moi Stéphane.
À la télévision, les téléspectateurs ont pu le voir dans Chabotte et fille, L’Auberge du chien noir, 3 x rien, Les Bougon, Watatatow, Simonne et Chartrand, Jean Duceppe, Sous un ciel variable, René Lévesque et Le Retour.
Au cinéma, il était de Ma vie en cinémascope sous la direction de Denise Filiatrault, de Nuit de noces d’Émile Gaudreault et du Jardin d’Anna d’Alain Chartrand.
Grand passionné de musique, Jacques Girard a interprété plusieurs rôles chantants au théâtre, notamment dans My Fair Lady et dans Ténor recherché.
C’est avec bonheur que nous l’accueillons chez DUCEPPE où il dirige Pierrette Robitaille dans le rôle de Shirley Valentine.
Acteur incontournable tant au théâtre qu’à l’écran et directeur artistique de DUCEPPE depuis maintenant vingt ans, Michel Dumont a interprété avec un savoir-faire indéniable un immense éventail de rôles. Les rôles qu’il incarnera dans la télésérie Omertà ou sur scène dans les pièces telles Excuse-moi de Serge Boucher ou encore La mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller, lui permettront d’occuper brillamment le paysage artistique du Québec par sa présence impressionnante. Parallèlement, Michel Dumont entretient une autre passion, celle de la langue française. Que ce soit lorsqu’il les joue sur scène, lorsqu’il les devine en complétant les mots croisés, dont il est un adepte hors pair, ou lorsqu’il les lit dans un bon roman, l’artiste est un véritable amoureux des mots.
Au long de son parcours, il a signé plusieurs textes et traductions en compagnie de Marc Grégoire. Ensemble, ils ont scénarisé les 67 épisodes de Robert et compagnie, un téléroman diffusé sur les ondes de Radio-Canada et qui racontait l’existence et les préoccupations de quatre hommes montréalais. De plus, dans les années soixante-dix, Michel Dumont coécrivait avec Linda Wilscam les séries Picotine et Alexandre et le roi. Au chapitre des pièces de théâtre, Michel Dumont, soit seul ou en collaboration avec Marc Grégoire, en a traduites plus de quarante au cours de sa carrière. Lors de la saison dernière chez DUCEPPE, il proposait sa version des pièces à succès Elling d’Axel Hellstenius et Petter Næss et Shirley Valentine de Willy Russell. Parmi ses autres réalisations comme traducteur, retenons les pièces Le Doute de John Patrick Shanley, La mort d’un commis voyageur, Les Sorcières de Salem, Ils étaient tous mes fils et Après la chute d’Arthur Miller, La chatte sur un toit brûlant de Tennessee Williams, Le Père d’August Strinberg et Sainte Jeanne de Bernard Shaw.
Cette année, c’est au cœur de l’œuvre de l’auteur et scénariste américain Stephen Belber que plonge Michel Dumont. Le projet est d’autant plus stimulant pour lui du fait que la pièce Match se déroule dans l’univers du ballet. Du coup, la traduction du texte nécessite une certaine recherche ainsi que la découverte d’un nouveau contexte. On sait que Michel Dumont saura insuffler à cette démarche toute la rigueur et le sérieux qu’il réserve à chacun des textes sur lesquels il travaille.
« La force du personnage porte l’actrice… Prisonnière de la routine et de la vie domestique, Shirley est si attachante dans sa détresse et son combat vers le changement qu’elle en devient très touchante. L’histoire de son rite de passage est racontée avec grâce. Aucun autre personnage ne partage la scène avec elle, mais elle occupe pleinement la scène grâce à son imagination débordante et à son sens du tragique. »
New York Times
« Une comédie romantique délicieuse. »
Variety
« Shirley Valentine, l’histoire d’un phénix qui renaît de la poêle à frire, réitère l’une des plus belles vérités : il n’est jamais trop tard pour tout recommencer. »
Washington Post