Race

texte de David Mamet
mise en scène de Martine Beaulne
traduction de Maryse Warda

avec Benoît Gouin, Frédéric Pierre, Henri Chassé, Myriam De Verger

Quand un raciste commande un « black and white », il exige deux verres séparés.   — Roland Magdane

Un homme d’affaires, blanc et fortuné, est accusé d’avoir violé une jeune femme noire dans une chambre d’hôtel new-yorkaise. Deux avocats, un Noir et un Blanc, ainsi que leur assistante de race noire, doivent décider s’ils représenteront ou non cet homme. Leurs échanges soulèvent de très délicates questions, jetant un regard brutal sur l’Amérique, ses conflits raciaux et leurs implications dans les rapports individuels et juridiques.

Voilà un autre brillant suspense de l’Américain David Mamet dont l’intrigue semble faire écho à l’affaire DSK. Pure coïncidence puisque Race triomphait à Broadway en 2009. Et encore plus que de discrimination et de justice, il est question ici de mensonges. « La race, comme le sexe, est un sujet sur lequel il est presque impossible de dire la vérité. Dans chaque cas, le désir, l’intérêt personnel et l’image de soi font que la vérité est embarrassante à partager, non seulement avec des étrangers — qui peuvent, légitimement ou non, être considérés comme des opposants —, mais aussi avec les membres de son propre groupe, et certainement avec soi-même », affirmait Mamet dans le New York Times.

 

Concepteurs

Décor : Richard Lacroix
Costumes : Daniel Fortin
Éclairages : Guy Simard
Musique : Ludovic Bonnier
Accessoires : Normand Blais

Assistance et direction de plateau : Guillaume Cyr

Distribution des rôles

Benoît Gouin : Jack Lawson
Frédéric Pierre : Henry Brown
Henri Chassé : Charles Strickland
Myriam De Verger : Susan

Texte

David Mamet

David Mamet est un auteur, dramaturge, scénariste, réalisateur et producteur américain, né à Chicago en 1947. Parmi ses plus grands succès sur scène et au cinéma, on retrouve la pièce Glengarry Glen Ross (1992) et le scénario du film Les Incorruptibles (1987). David Mamet commence à écrire alors qu’il fréquente le Goddard College dans le Vermont. Il étudie ensuite le théâtre à New York. En 1976, avec un trio « off-Broadway », il présente ses toutes premières pièces : The Duck Variations, Sexual Perversity in Chicago et American Buffalo. Il obtient aussitôt le Obie Award du « Best New American Play » et le New York Drama Critics Circle Award pour American Buffalo. En 1983, Mamet présente la fameuse Glengarry Glen Ross qui remporte le prix Pulitzer. Speed-the-Plow, l’une de ses pièces de théâtre les plus applaudies, effectue sa première à Broadway en 1988, avec comme têtes d’affiche Madonna, Ron Silver et l’acteur-fétiche de Mamet, Joe Mantegna. La production est sélectionnée pour trois Tony Awards. Il écrira au total une trentaine de pièces dont Oleanna (1992), The Cryptogram (1994), November (2007), Race (2009) et China Doll, qui sera présentée à l’automne 2015 avec l’acteur Al Pacino. Au début des années 1980, David Mamet entreprend une carrière parallèle de scénariste pour le grand écran. Il s’illustre d’abord avec son remake de Le facteur sonne toujours deux fois en 1981. L’année suivante, il signe Le Verdict, d’après le roman de Barry Reed, salué par la critique et en lice pour l’Oscar du meilleur scénario adapté. Mais c’est en 1987, avec Les Incorruptibles que la consécration arrive pour David Mamet, le scénariste. Suivront les acclamés Nous ne sommes pas des anges (1989), Hoffa (1992), Des hommes d’influence (1997), qui lui vaut une seconde nomination pour l’Oscar du meilleur scénario, Ronin (1998) et Hannibal (2001). Il écrit et réalise en outre plusieurs longs-métrages, dont Engrenages (1987), Homicide (1991), qui ouvrira le Festival de Cannes, La Prisonnière espagnole (1998), Séquences et conséquences (2000), Redbelt (2008) et Phil Spector (2013), un docudrame de la HBO. Il fut le créateur, le producteur exécutif et un des auteurs de la série télévisée The Unit (CBS, 2006-2009). Également auteur de pièces de théâtre et de livres pour les enfants, d’essais, de romans, d’un recueil de poésie et de nombreux articles, David Mamet fut introduit à l’American Theatre Hall of Fame en 2002. (Crédit photo : Brigitte Lacombe)

Mise en scène

Martine Beaulne

Martine_Beaulne_credit_Karine-Wade_WEBJeune diplômée du Conservatoire d’art dramatique de Montréal (1975), Martine Beaulne parcourt la planète avec un vif désir de découvrir ce qui se fait ailleurs. Avec Giovanni Poli, Eugenio Barba, Guy Freixe, Shogu Otah et le groupe Dairakudakan, elle approfondit aux quatre coins du monde ses connaissances, autant de la commedia dell’arte que du nô moderne ou de la comédie classique. Forte de ce bagage impressionnant, la metteure en scène se démarque solidement. Ainsi, de 1991 à 2001, elle monte dans les plus grands théâtres du Québec Cinq Nô modernes de Mishima, Don Juan de Milosz, Désir sous les ormes d’Eugene O’Neill, La Locandiera de Goldoni, Albertine, en cinq temps et Le vrai monde? de Tremblay, Roméo et Juliette de Shakespeare et Dom Juan de Molière. Après avoir monté L’Ouvre-boîte de Victor Lanoux chez DUCEPPE en 2003, elle signe la mise en scène de La Savetière prodigieuse de Lorca puis celle d’Avaler la mer et les poissons de Sylvie Drapeau et Isabelle Vincent en 2005, à La Licorne. Elle réalise ensuite Top Girls et Blue Heart de Caryl Churchill et Toutefemme de Péter Kárpáti à l’Espace GO. En 2007 et 2009, elle crée Le Doute de John Patrick Shanley et Le Déni d’Arnold Wesker chez DUCEPPE; puis suivent Les Saisons de Sylvie Drapeau et Isabelle Vincent, présentée à l’Espace GO et Louis Mailloux de Jules Boudreault et Calixte Duguay à Caraquet. En 2011, au Théâtre d’Aujourd’hui, elle met en scène Cantate de guerre de Larry Tremblay, alors qu’en 2013, la revoici chez DUCEPPE avec Les Muses orphelines de Michel Marc Bouchard. Elle dirige ensuite Les visiteurs de Gian Carlo Menotti à l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal. En 2014, de retour chez DUCEPPE, elle monte Août – Un repas à la campagne de Jean Marc Dalpé. En février 2015, elle met en scène La Voix humaine de Poulenc à l’Atelier Lyrique de l’Opéra de Montréal. En 2004, Martine Beaulne présentait un essai sur la mise en scène, Le Passeur d’âmes, chez Leméac. Aussi, elle publiait, en 2012, Voir de l’intérieur avec Sylvie Drapeau, un échange épistolaire entre les deux femmes sur leur passion et leur vision du théâtre. Boursière à maintes reprises du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec, Martine Beaulne enseigne à l’École supérieure de théâtre de l’UQAM depuis plus de vingt ans. Elle recevait en 2012 le prix d’excellence en enseignement, volet carrière. Par la profondeur de sa vision, l’acuité de son intuition et l’originalité de son approche, Martine Beaulne a donné aux théâtres québécois parmi ses plus belles réalisations. (Crédit photo : Karine Wade)