Les Muses orphelines

de Michel Marc Bouchard
mise en scène de Martine Beaulne

avec Maxime Denommée, Léane Labrèche-Dor, Macha Limonchik, Nathalie Mallette

La vérité existe, on n’invente que le mensonge.
Georges Bernanos

Nous sommes en 1965.  La trame de la pièce s’organise autour du personnage d’Isabelle Tanguay, 27 ans, déficiente intellectuelle.  Isabelle était toute jeune quand sa mère a quitté le nid familial.  Mais son frère et ses deux sœurs lui ont menti en lui disant que cette dernière était morte.  Plus tard, au hasard d’une rencontre, Isabelle apprend que sa mère est toujours vivante.  Elle monte alors un subterfuge pour se venger.  Elle réunit son frère et ses sœurs à la maison familiale en leur faisant croire que leur mère revient.  Là, en l’espace d’une fin de semaine, le clan Tanguay revit le passé, chacun réinventant ses parents à sa manière.  Autour d’une table, ils se confient, se vident le cœur et crient leur mal de vivre ainsi que leur besoin inassouvi d’amour.

Les Muses orphelines, une pièce forte, envoûtante, inquiétante, le psychodrame d’une famille à la suite d’un mensonge.  Du Michel Marc Bouchard à son meilleur!

 

Décor : Richard Lacroix
Costumes : Daniel Fortin
Éclairages : Claude Cournoyer
Musique : Ludovic Bonnier
Accessoires : Normand Blais
Assistance à la mise en scène : Manon Bouchard

Critiques

« … un souffle, une intensité, une profondeur et un dénouement extraordinaires… Du très bon théâtre. »
La Presse

« … le texte de Michel Marc Bouchard est d’une solidité sans nom… son œuvre fait partie des grandes. » sagegamin.blogspot.ca

« … distribution extraordinaire de sensibilité, de vérité et d’humour. »
Le Huffington Post

« … magnifique distribution… des caractères pétillants et une performance explosive sur scène. »
Le Journal de Montréal

« … très bons comédiens… excellente Léane Labrèche-Dor… texte important. »
Samedi et rien d’autre, Première Chaîne

« On reçoit cette pièce avec la même force…  Une découverte, la jeune Léane Labrèche-Dor… Une belle production de chez Duceppe. »
Désautels, Première Chaîne

« Quelle pièce! La production est tellement bonne ! Émouvant, limpide, joué de façon magistrale! »
Marie-Christine Trottier, animatrice

En savoir plus…

Martine Beaulne, Les Muses réincarnées
Melissa Proulx, Voir, 14 février 2013

En famille comme en société, Martine Beaulne se mesure au Muses orphelines de Michel Marc Bouchard
Christian Saint-Pierre, Le Devoir, 16 février 2013

Les Muses orphelines : secrets de famille
Luc Boulanger, La Presse, 17 février 2013

Léane Labrèche-Dor et « Les Muses orphelines » : se faire un prénom
Marie-Josée Roy, Le Huffington Post, 19 février 2013

Entrevue avec Michel Marc Bouchard et Martine Beaulne
ARTV, 27 février 2013

Les Muses orphelines en tournée.

Consulter toutes les activités en marge des représentations.

 

 

Texte

Michel Marc Bouchard

Dans le paysage dramaturgique québécois, Michel Marc Bouchard est incontestablement l’une des figures incontournables et les plus prolifiques. Souvent traduites et présentées partout dans le monde année après année, ses pièces font partie du corpus significatif et représentatif du théâtre québécois. Les textes que signe l’auteur bouleversent le public, l’amènent dans des imaginaires fertiles où évoluent des personnages complexes et attachants. Ce sont plus de vingt-cinq pièces, toutes créées au théâtre, que Michel Marc Bouchard a signées depuis ses débuts comme dramaturge il y a plus de trente ans. DUCEPPE est particulièrement heureux de présenter l’un de ses textes les plus renommés : Les Muses orphelines. Originaire de la région du Lac Saint-Jean, plus précisément du village de Saint-Cœur-de-Marie, Michel Marc Bouchard complète au début des années 80 une formation en théâtre à l’Université d’Ottawa, à la suite de quoi il entame son parcours professionnel. Pendant quelques années, il œuvre dans la région ontarienne comme comédien et metteur en scène au sein de différentes compagnies comme le Théâtre de la Vieille 17, le Théâtre du Centre national des Arts et le Théâtre du Nouvel-Ontario. En 1990, l’homme de théâtre reviendra vers la région de la capitale pour assurer le rôle de directeur artistique du Théâtre du Trillium. Il y fera la rencontre d’artistes qui s’avèreront déterminants dans son parcours artistique : André Brassard, Brigitte Haentjens, Robert Bellefeuille et Jean Marc Dalpé. C’est en 1983 que Michel Marc Bouchard fait son entrée sur la scène montréalaise; le metteur en scène André Brassard dirige la création de sa pièce La Contre-Nature de Chrysippe Tanguay, écologiste au Théâtre d’Aujourd’hui. Les années 80 seront particulièrement fructueuses pour l’auteur. Effectivement, ce dernier signera bon nombre des textes qui l’ont fait reconnaître à l’échelle internationale. Les Feluettes ainsi que Les Muses orphelines, toutes deux portées au cinéma, voient le jour. Parmi ses autres pièces, rappelons L’Histoire de l’oie, qui a tourné sur les cinq continents pendant quinze ans et qui a remporté d’innombrables prix, Les Grandes Chaleurs, Le Peintre des madones, Tom à la ferme, ainsi que Le Chemin des Passes-Dangereuses et Sous le regard des mouches, toutes deux créées chez DUCEPPE. Si le travail de Michel Marc Bouchard a été monté dans plusieurs des grands théâtres et festivals nationaux, il a tout aussi bien fait l’objet de productions étrangères. Les Francophonies de Limoges, le Festival d’Avignon, le LIFT de Londres, le Gran Ciudad de Mexico ont tous mis, comme plusieurs autres théâtres de par le monde, ses œuvres à l’affiche. Reçu Officier de l’Ordre du Canada en 2005, Michel Marc Bouchard a reçu de nombreuses distinctions dont le Prix du Gouverneur général, le prix Dora Mavor Moore, le prix Betty Mitchell, le prix Floyd S. Chalmers à deux reprises et même le Prime Arte Candoni en Italie.

Mise en scène

Martine Beaulne

Martine_Beaulne_credit_Karine-Wade_WEBJeune diplômée du Conservatoire d’art dramatique de Montréal (1975), Martine Beaulne parcourt la planète avec un vif désir de découvrir ce qui se fait ailleurs. Avec Giovanni Poli, Eugenio Barba, Guy Freixe, Shogu Otah et le groupe Dairakudakan, elle approfondit aux quatre coins du monde ses connaissances, autant de la commedia dell’arte que du nô moderne ou de la comédie classique. Forte de ce bagage impressionnant, la metteure en scène se démarque solidement. Ainsi, de 1991 à 2001, elle monte dans les plus grands théâtres du Québec Cinq Nô modernes de Mishima, Don Juan de Milosz, Désir sous les ormes d’Eugene O’Neill, La Locandiera de Goldoni, Albertine, en cinq temps et Le vrai monde? de Tremblay, Roméo et Juliette de Shakespeare et Dom Juan de Molière. Après avoir monté L’Ouvre-boîte de Victor Lanoux chez DUCEPPE en 2003, elle signe la mise en scène de La Savetière prodigieuse de Lorca puis celle d’Avaler la mer et les poissons de Sylvie Drapeau et Isabelle Vincent en 2005, à La Licorne. Elle réalise ensuite Top Girls et Blue Heart de Caryl Churchill et Toutefemme de Péter Kárpáti à l’Espace GO. En 2007 et 2009, elle crée Le Doute de John Patrick Shanley et Le Déni d’Arnold Wesker chez DUCEPPE; puis suivent Les Saisons de Sylvie Drapeau et Isabelle Vincent, présentée à l’Espace GO et Louis Mailloux de Jules Boudreault et Calixte Duguay à Caraquet. En 2011, au Théâtre d’Aujourd’hui, elle met en scène Cantate de guerre de Larry Tremblay, alors qu’en 2013, la revoici chez DUCEPPE avec Les Muses orphelines de Michel Marc Bouchard. Elle dirige ensuite Les visiteurs de Gian Carlo Menotti à l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal. En 2014, de retour chez DUCEPPE, elle monte Août – Un repas à la campagne de Jean Marc Dalpé. En février 2015, elle met en scène La Voix humaine de Poulenc à l’Atelier Lyrique de l’Opéra de Montréal. En 2004, Martine Beaulne présentait un essai sur la mise en scène, Le Passeur d’âmes, chez Leméac. Aussi, elle publiait, en 2012, Voir de l’intérieur avec Sylvie Drapeau, un échange épistolaire entre les deux femmes sur leur passion et leur vision du théâtre. Boursière à maintes reprises du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec, Martine Beaulne enseigne à l’École supérieure de théâtre de l’UQAM depuis plus de vingt ans. Elle recevait en 2012 le prix d’excellence en enseignement, volet carrière. Par la profondeur de sa vision, l’acuité de son intuition et l’originalité de son approche, Martine Beaulne a donné aux théâtres québécois parmi ses plus belles réalisations. (Crédit photo : Karine Wade)

Mot de la metteure en scène

La pièce Les Muses orphelines nous rappelle l’état d’étouffement et d’ostracisme qu’a vécu le Québec dans la première moitié du XXe siècle. Il faut se rappeler que les années 60, période où se situe l’action de la pièce, furent pour notre société, avec la Révolution tranquille, un moment sociopolitique marquant et libérateur. Le personnage de la mère, malgré son absence, porte tout ce désir de liberté et de changement. Mais tout changement ne se fait pas sans heurts!!!

Cette pièce offre des tableaux troublants d’une famille qui, suite au départ de la mère et de la mort du père, se retrouve contrainte au mensonge comme seul moyen de survie. Ces adultes encore enfants sont touchants par la complexité de leur détresse et de leur déni. Le passé refait surface, les vengeances s’accumulent, la vérité éclate et une porte s’ouvre sur un ailleurs peut-être rédempteur… Les personnages de Michel Marc Bouchard sont souvent des marginaux, des êtres désobéissants qui aspirent à un avenir meilleur laissant entrevoir une possible tolérance dans nos sociétés.

Une maison aux murs défraîchis de Saint-Ludger-de-Milot au Lac-Saint-Jean est dressée devant nous telle une cathédrale. Une savane infinie, étouffante et peut-être libératrice se dévoile en arrière-plan. Voilà l’espace où ces quatre personnages coloreront tour à tour cet univers de grisaille et d’abandon.

En espérant que vous serez touchés par l’histoire de cette famille qui nous rappelle l’histoire de notre société.

Merci à tous les acteurs, concepteurs et techniciens ainsi qu’à toute l’équipe de La Compagnie Jean Duceppe.

Bon spectacle.

Martine Beaulne

Mot de l'auteur

À la fin de l’été 1988, quelques semaines avant la première des Muses orphelines dans une mise en scène d’André Brassard au Théâtre d’Aujourd’hui, je ne savais toujours pas comment terminer la pièce et ce faisant, je mettais toute l’aventure en péril.  Je décidai donc de retourner à Saint-Ludger-de-Milot au Lac Saint-Jean et de me replonger physiquement dans ma fiction.  Armé d’une caméra 16 mm, je voulais capter des images de la maison qui avait été la source de mon histoire imaginaire.  Pour cette mission singulière, ma mère avait accepté de m’accompagner. Arrivés sur place,  nous découvrîmes avec stupeur que cette maison avait été incendiée. Alors que, par dépit,  je tournais des images de ruines, ma mère me demanda de lui faire un résumé de la  pièce. Je lui dis que c’était l’histoire de… de si elle était partie alors qu’on était petits!  L’Histoire de… de si elle nous avait abandonnés, mes trois sœurs et moi, pour un autre destin. Une pièce sur l’abandon avec ce que l’abandon a de terrible et de nécessaire. Étonnée, elle me répondit que la nature voulait le contraire, que ce sont les enfants qui abandonnent leurs parents et que cela était nécessaire et plus naturel que dans ma pièce! »  C’est alors que j’ai pu écrire la fin de ma pièce sur la nécessité de savoir quitter sa famille.  Devenue à ce jour mon œuvre la plus jouée, la plus traduite et la plus étudiée, je me dois d’admettre que cette histoire imaginaire a été fabriquée aussi avec les fibres de l’intime.

J’ai une pensée toute émue ce soir pour les quelque cinq cents acteurs et actrices qui ont incarné les enfants de la famille Tanguay  au cours de ces 120 productions.

Merci à La Compagnie Jean Duceppe de ramener ces muses voyageuses en leur pays et à Martine Beaulne et à son équipe d’en assurer un si beau retour.

Michel Marc Bouchard

Mot du directeur artistique

Un destin fabuleux

En vous proposant ce soir Les Muses orphelines de Michel Marc Bouchard, je fais d’une « pierre précieuse » deux coups.

Je vous offre tout d’abord l’opportunité, je dirais même le privilège, de voir ou de revoir une des œuvres les plus marquantes de toute la dramaturgie québécoise, une œuvre qui a franchi avec un énorme succès l’épreuve du temps, une œuvre touchante et inquiétante à la fois qui nous parle avec franchise et lucidité d’une époque de notre histoire qui, après la nuit noire, se mettait soudain à sentir souffler le vent régénérateur de la liberté.

Le spectacle de ce soir marque d’une pierre blanche un anniversaire peu commun. En effet, vous allez assister à la 120e production professionnelle des Muses!

Je tiens à remercier du fond du cœur Michel Marc d’avoir choisi la scène de DUCEPPE pour consacrer cet évènement fabuleux. Je me sens comblé.

Je veux aussi rendre hommage au talent de Martine Beaulne et de sa belle équipe d’interprètes et de concepteurs qui font de ce retour sur scène des Muses une véritable fête qui, j’en suis convaincu, restera dans notre mémoire collective encore longtemps, longtemps.

Michel Marc, je souhaite à tes Muses rien de moins que l’immortalité! C’est déjà pas mal bien parti!

Bon théâtre à tous et à toutes.

Michel Dumont