La traversée de la mer intérieure

création québécoise de Jean-Rock Gaudreault  

mise en scène de Monique Duceppe  

avec Michel Dumont, Marc LegaultPierre-François Legendre et Pauline Martin

Presque toujours, en politique, le résultat est contraire à la prévision.  – Chateaubriand

Ancien député provincial du comté de Roberval et ex-maire de la municipalité de Péribonka, Rosaire Bouchard, 70 ans, revient d’un long séjour à l’étranger qui lui a permis de faire le deuil de sa femme qui s’est éteinte au terme d’une longue maladie. Bien décidé à reprendre son destin en main, Rosaire annonce à Solange Lemieux, sa vieille complice et organisatrice électorale, qu’il a l’intention de briguer les suffrages lors de la campagne électorale qui s’annonce imminente. Mais la politique a bien changé et la confiance du parti à l’égard du vieux routier est loin d’être acquise. L’état-major délègue donc un jeune stratège politique auprès du candidat. Acceptant de mauvais gré cette intrusion, Rosaire fera appel à son ancien compagnon d’armes émérite. Mais le temps a fait son œuvre et l’allié espéré va devenir un véritable boulet.

À l’ère des médias sociaux qui nous annoncent, en temps réel, les mauvaises nouvelles plus souvent que les bonnes, la campagne de Rosaire Bouchard deviendra une éprouvante traversée d’une mer intérieure plus houleuse que le lac Saint-Jean.

La traversée de la mer intérieure, une comédie dramatique à saveur politique où l’amour demeure le seul sujet véritable avec, en toile de fond, un humour bien carré du Lac…

Décor et accessoires: Normand Blais
Costumes: François Barbeau
Éclairages: Luc Prairie
Conception vidéo: Yves Labelle
Musique: Christian Thomas
Assistance à la mise en scène: Carol Gagné

 

Texte

Jean-Rock Gaudreault

Jean-Rock Gaudreault, l’auteur de La Migration des oiseaux invisibles, d’Une maison face au nord, d’Une histoire dont le héros est un chameau et dont le sujet est la vie, qui reprend l'affiche à la Maison Théâtre en mai 2014, et de huit autres textes, fait rêver et réfléchir les enfants et les adultes depuis 1993. Diplômé en écriture dramatique de l’École nationale de théâtre, ce natif de Jonquière développe depuis plus de quinze ans une œuvre significative et qui a fait l’objet de plus de 1000 représentations, au Québec, en Europe et jusqu’en Asie. Sa première pièce La Raccourcie est d’abord créée par le Théâtre les gens d’en bas en 1997 et est reprise à Toronto ainsi qu’au Festival de théâtre des Amériques. Cette pièce lui vaut d’ailleurs sa première nomination à la Soirée des Masques. Le dramaturge signe ensuite des œuvres s’adressant tantôt aux enfants, tantôt aux adultes. Son texte Mathieu trop court, François trop long (1996) aura été présenté devant le jeune public québécois et européen à plus de 350 reprises. Le spectacle prend aussi l’affiche au Canada anglais et aux États-Unis en 2002, notamment à Broadway au New Victory Theater. Sa deuxième pièce pour le jeune public, Deux pas vers les étoiles, a fait l’objet d’une importante tournée de 400 représentations au Québec et en France. Cette même pièce vaut à Jean-Rock Gaudreault le Prix du Gouverneur général en 2003 et est jouée à Tokyo, en langue française, en 2004, en plus de remporter un prix à Rabat, au Maroc, en 2010. Enfin, Deux pas vers les étoiles, devient une œuvre intergalactique lorsqu’elle est projetée dans l’espace à l’occasion du voyage de l’astronaute Robert Thirsk à la Station spatiale internationale, en 2009. Auteur aux multiples voix, il a signé récemment Le plus court chemin entre l’école et la maison, spectacle jeunesse présenté en tournée au Québec et en France présenté par la compagnie Mathieu, François et les autres. Du côté des pièces pour le grand public, outre Une maison face au nord, présentée chez DUCEPPE en 2009 et La Raccourcie, Jean-Rock Gaudreault nous a livré, en 2000, sur la scène du Trident, Comment parler de Dieu à un enfant pendant que le monde pleure. En parallèle à sa carrière de dramaturge, Jean-Rock Gaudreault œuvre depuis plus de 15 ans à Compétences Québec, un organisme voué à la promotion et à la valorisation des jeunes diplômés dans les métiers spécialisés.

Mise en scène

Monique Duceppe

Crédit : François Brunelle Les réussites théâtrales de la metteure en scène sont éloquentes. Citons Fleurs d’acier, Petit déjeuner compris, Haute Fidélité, Vice et Versa, Folle à lier, Chapitre deux et Mambo Italiano, qui figurent toutes au palmarès des productions qui ont rejoint le plus grand nombre de spectateurs chez DUCEPPE. Lors de la saison 2014-2015, on la voit renouer avec l’auteur Steve Galluccio qui crée, treize ans après Mambo Italiano, sa nouvelle pièce Les Chroniques de Saint-Léonard. Monique en signe la mise en scène et collabore à la traduction. C’est en 1985 que Monique Duceppe débute comme metteure en scène avec État civil : célibataire de Wendy Wasserstein. Forte de ce succès, elle enchaîne avec C’était avant la guerre à L’Anse-à-Gilles de Marie Laberge, Yonkers de Neil Simon, Le vent et la tempête de Jerome Lawrence et Robert E. Lee, La Preuve de David Auburn, Billy l’éclopé de Martin McDonagh, La mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller (Masque du public Loto-Québec en 2000), La Casta Flore de Peter Quilter, Halpern et Johnson de Lionel Goldstein, Une maison face au nord et La traversée de la mer intérieure de Jean-Rock Gaudreault, Elling d’Axel Hellstenius et Petter Næss et Un Village de fous de Neil Simon. Monique Duceppe a œuvré au Théâtre d’Aujourd’hui, au Théâtre du Chenal-du-Moine, au Théâtre Le Patriote, au Théâtre de Rougemont, au Théâtre Sainte-Adèle et au Théâtre Beaumont St-Michel, sans oublier l’Opéra de Québec qui lui a confié la mise en scène de Don Pasquale de Donizetti. Respectueuse des auteurs et des interprètes, sensible et instinctive, Monique Duceppe cumule plus de quarante années d’expérience dans le milieu du théâtre québécois. Dès son plus jeune âge, elle est passionnée de tout ce qui se déroule sur une scène. Déjà à l’adolescence, au Théâtre des Prairies, elle est une touche-à-tout infatigable. « La meilleure école », dira-t-elle. En 2012, elle fait ses premières armes comme traductrice ; on présente chez DUCEPPE Les Peintres du charbon, sa version de la pièce de Lee Hall, The Pitmen Painters. Monique Duceppe assume la responsabilité du comité de lecture chez DUCEPPE et fait partie du conseil d’administration. (Crédit photo : François Brunelle)

Vidéos

Critiques et commentaires

« Bien écrite, bien jouée, drôle, jamais ennuyante. »
Le Téléjournal,  ICI Radio-Canada Télé

« … fort intéressant, de très belles idées… Les comédiens sont très, très justes. »
Dessine-moi un dimanche, ICI Radio-Canada Première

« … réussit à nous captiver, nous émouvoir et nous surprendre… [Michel Dumont] possède une telle présence qu’on voterait pour lui s’il se présentait sous n’importe quelle bannière politique, tant il dégage une énergie inspirante, puissante et réconfortante.  Du très, très beau théâtre. »
La traversée de la mer intérieure : la politique qui va droit au cœur
Samuel Larochelle, Sage Gamin

« Pauline Martin est vraiment, vraiment incroyable… C’est une comédie politique à voir absolument. »
Rouge Café week-end, Rouge FM

« On est assurément dans la comédie… C’est classique, efficace et bien fait. »
Le 15-18, ICI Radio-Canada Première

« Michel Dumont superbe, nuancé… Marc Legault a un rôle de composition valorisant,
étonnant, très drôle… »
Samedi et rien d’autre, ICI Radio-Canada Première

En savoir plus

Jean-Rock Gaudreault à contre-courant
Christian Saint-Pierre, Le Devoir

Pierre-François Legendre: rêve d’acteur
Luc Boulanger, La Presse

Mot de l'auteur

C’est avec un immense bonheur que je reviens sur la scène de ce grand théâtre de Montréal pour vous raconter une histoire qui se déroule sur le bord de ma mer intérieure, le Lac-Saint-Jean.

Si loin et pourtant si proche…

Parmi toutes les régions du Québec, Montréal et le Saguenay–Lac-St-Jean entretiennent une relation unique, tumultueuse et passionnée. Nous sommes en quelque sorte devenus les revers de la même médaille. Faisant fi du nombre et du sens des proportions, NOUS, les Bleuets, aimons vous provoquer en vous rappelant que le Québec ne se définit pas uniquement par son urbanité. Nos ressortissants les plus médiatisés, parfois hauts en couleur, prennent un malin plaisir à remettre en question votre empressement à rejoindre le grand club des villes mondialisées.

À Montréal, les Bleuets forment sans doute la plus grande communauté d’immigrants de l’intérieur.  Je peux témoigner que ce déracinement, malgré plus de vingt ans passés en dehors de ma région natale, est encore source d’inspiration et de réflexion. Imaginez, j’entends l’accent différent de mes enfants…

Au-delà de nos débats, nous savons bien que le  Saguenay–Lac-Saint-Jean n’est pas le détenteur de l’authenticité du passé, de même que vous n’avez pas le monopole de l’avenir.

Pour une fois, je crois que je n’exagère pas en affirmant que nous nous aimons bien, et que nous n’avons pas fini de tenir nos rôles et de nous donner la réplique.

Je me sens chez moi, ce soir, à l’ombre du Mont-ROYAL.

Bon spectacle.

 

Jean-Rock Gaudreault

Mot de la metteure en scène

 « Un homme qui fait vraiment le tour du monde revient immanquablement chez lui. »

Après avoir visité plein d’endroits, vécu plein de choses différentes pendant huit mois, Rosaire comprend que la vraie vie, le vrai bien-être est peut-être chez lui. La vie, le temps, les évènements, les expériences l’ont changé, mais notre Géant du pays des Bleuets est bien décidé à se reprendre en main… et à retourner à une de ses passions : la politique.

Mais si la vie et les temps ont changé, la politique aussi. On ne l’aborde plus de la même façon. Rosaire va comprendre qu’on ne veut plus de lui, que sa manière de faire de la politique… n’est peut-être plus la bonne façon.

Conflits des générations, conflits d’intérêts, conflits de pensée… ce qui semblait si simple avant ne l’est plus aujourd’hui.

Bienvenue à Péribonka.

 

Monique Duceppe

Mot du directeur artistique

Une traversée houleuse

Rosaire Bouchard, un homme à l’hiver de sa vie. Un homme seul, debout sur le quai d’où il vient de confier les cendres de la femme de sa vie aux eaux impénétrables du grand lac Saint-Jean.

Rosaire Bouchard : un homme engagé qui fut député de Roberval, maire de Péribonka pendant douze ans et directeur d’école; un homme qui a grandi dans la politique et qui décide sur le tard de s’y relancer afin de réaffirmer aux yeux de tous son grand rêve : que son Québec devienne enfin un pays.

Mais le temps a fait son œuvre. Tout a changé. Sauf lui? Dans un monde en pleine évolution, Rosaire est resté lui-même, un homme intègre, fonceur, carré, dynamique, un homme d’appartenance qui rêvait de refaire le monde, de réaliser ses plus grandes aspirations. Mais la vie lui est rentrée dedans, impitoyablement. Il ne lui reste que sa douloureuse lucidité.

Condamné à faire du rattrapage, il va décider de prendre le « large » et va se rendre compte que l’amour a plus de valeur et de sens que tout ce qui peut exister dans l’univers, et que le seul but de la vie consiste à se rendre digne de cet amour.

Et c’est, avec sa poignée de main magique, la grâce qu’il nous souhaite à tous.

Bonne traversée.

 

Michel Dumont