Russie 1904.
La révolution est proche. Les temps changent déjà. De grands bouleversements s’annoncent.
Un domaine, célèbre pour son jardin planté de cerisiers, va être vendu aux enchères. L’insouciance et la sereine indifférence ont consommé la ruine des propriétaires.
Le domaine sera racheté par Lopakhine, fils de serf, lui-même ancien serf de la propriétaire du domaine, Madame Ranevskaïa. L’irrésistible courant de la promotion sociale fera de lui, demain, un possédant. Fier de sa revanche sur ses anciens maîtres, Lopakhine fera abattre les vieux cerisiers et lotira le domaine.
Ainsi se disloque sous nos yeux un petit monde qui se croyait inattaquable. S’ensuivra pour les uns et les autres la solitude, l’éviction, la dépossession, la dispersion ou la recherche d’une nouvelle vie.
Tout a soudainement changé. Le seul bruit qui persistera sera celui des haches abattant les cerisiers.
La Cerisaie, une œuvre impressionniste, toute en demi-tons, en poésie et en lyrisme, une œuvre troublante et prophétique.
Décor : Martin Ferland
Costumes : Daniel Fortin
Éclairages : Claude Accolas
Musique : Catherine Gadouas
Accessoires : Normand Blais
une pièce de
Anton Tchekhov
mise en scène de
Yves Desgagnés
avec Alice Pascual, Audrey Guériguian, Catherine Trudeau, Étienne Pilon, Gérard Poirier, Hélène Mercier, Jean René, Jean-Christophe Lizotte, Mathieu Handfield, Maude Guérin, Michel Dumont, Normand D’Amour, Pierre Collin, Steve Laplante
Joué à travers le monde, souvent cité, acclamé et ambassadeur d’une certaine époque, Anton Tchekhov est sans contredit l’un des dramaturges ayant le plus marqué l’histoire du théâtre moderne. Bien qu’il soit décédé prématurément à l’âge de quarante-quatre ans, en 1904, cet auteur russe a légué à la scène certaines des œuvres du répertoire les plus souvent montées et qui, encore aujourd’hui, trouvent leur écho auprès des spectateurs. Depuis bien des années, DUCEPPE entretient un lien privilégié avec Tchekhov. On y a présenté quelques-unes de ses pièces, soit Les Trois Sœurs,Ivanov et Oncle Vania, qui, avec La Mouette, Ce fou de Platonov et La Cerisaie, constituent le corpus principal de l’auteur. Étudiant en médecine, Tchekhov s’improvise écrivain pour aider à subvenir aux besoins de sa famille. Sa passion augmentant au fil des textes qu’il signe, il s’y consacrera bientôt presque entièrement.
Tout d’abord nouvelliste et romancier, il n’aborde le théâtre que plus tard dans son parcours. Ses premiers écrits, souvent signés de pseudonymes, sont des nouvelles humoristiques, des contes et des récits ainsi que des vignettes quelque peu satiriques. Au fur et à mesure que croissent sa popularité auprès du public et sa réputation dans les cercles littéraires, Tchekhov signe plusieurs autres textes de son propre nom, dont la pièce Platonov, communément appelée aujourd’hui Ce fou de Platonov. En 1887, Ivanov lui est commandée et est la première pièce de l’auteur à être montée de son vivant. Le triomphe et l’excitation sont palpables à la création, dit-on. Affirmer que Tchekhov a influencé le théâtre de la fin du XIXe siècle serait un euphémisme. Si ses écrits ont fait couler beaucoup d’encre depuis leur parution, c’est que l’auteur a véritablement proposé une nouvelle approche de l’écriture dramatique. Sans héros véritable, sans dichotomie entre les braves et les vilains et souvent sans action exceptionnelle, son théâtre est celui des relations entre les personnages, des liens créés et brisés, de la complexité humaine et de la finesse de la pensée dissimulés sous un enchaînement de scènes et de répliques aux apparences légères. La force de Tchekhov, relate-t-on souvent, est dans le fameux sous-texte : ces répliques que les personnages ne disent pas nécessairement mais qui ponctuent les scènes de tension dramatique que l’on devine, de moments touchants qui nous chavirent et de passages inoubliables qui restent gravés dans la mémoire. L’auteur tisse une toile occupée par une série de personnages tous plus fascinants les uns que les autres et qui comportent à eux seuls bien des secrets sur notre humanité. Chez Tchekhov, les fins heureuses et les coups de théâtre n’existent pas; seul le rythme de la vie persiste avec toute son injustice, sa cruauté et ses instants grandioses.
Bien qu’il soit aujourd’hui connu à travers le monde, le théâtre de Tchekhov aura d’abord été porté par le praticien Constantin Stanislavski. Fondateur du Théâtre d’art de Moscou, Stanislavski trouvera en Tchekhov « le » nouvel auteur russe et se servira notamment de l’écriture de ce dernier pour théoriser sur le jeu des acteurs, qu’il veut dorénavant naturel et empreint de profondeur et de vérité. Sa méthode, livrée par écrit dans La Formation de l’acteur et La Construction du personnage, a bouleversé l’Europe et a servi de guide à la pratique de l’Actor’s Studio et au jeu américain.
La Cerisaie est la dernière pièce qu’ait écrite Tchekhov. Présentée en 1904, plusieurs la considèrent comme son œuvre testamentaire. Au premier plan, une société russe en plein bouleversement et des êtres aux prises avec le changement des époques. Montée pour la première fois au Théâtre d’art de Moscou par Stanislavski, la pièce a depuis été présentée sur tous les continents et sous différentes approches de mise en scène. Notons d’ailleurs l’approche audacieuse de Jean-René Lemoine qui transposait la pièce dans les Caraïbes.
À l’occasion du 150e anniversaire de naissance de Tchekhov, DUCEPPE vous invite à le découvrir ou à le redécouvrir sous le regard éclairé et inventif du metteur en scène Yves Desgagnés.
C’est en 1981 qu’Yves Desgagnés signe sa première mise en scène: Fais-moi mal juste un peu d’Elizabeth Bourget. Puis s’enchaînent d’autres réalisations théâtrales qui démontrent sans conteste son talent immense et unique. Citons, entre autres, La Contre-nature de Chrysippe Tanguay, écologiste de Michel Marc Bouchard, Syncope de René Gingras, La Passion de Juliette de Michelle Allen, Tchékhov Tchékhova de François Nocher, Play Strindberg de Friedrich Dürenmatt, La Compagnie des animaux de René Gingras,Le Songe d’une nuit d’été, Les Joyeuses Commères de Windsor ainsi que La Nuit des rois de Shakespeare au TNM.
En 1991, il fait une entrée fracassante chez DUCEPPE en mettant en scène Le Prix, l’un des plus beaux textes d’Arthur Miller. L’année suivante, il émerveille les spectateurs par sa mise en scène époustouflante de Sainte Jeanne de Bernard Shaw. À l’automne 1993, il réalise un exploit théâtral avecIvanov d’Anton Tchekhov, dont on se rappellera l’immense champ de maïs ainsi que l’atmosphère envoûtante. Puis viennent, toujours chez DUCEPPE, Après la chute d’Arthur Miller en 1994, Les Trois Sœurs d’Anton Tchekhov en 1995, Le Nombril du monde, en 1997, dont il signe à la fois le texte et la mise en scène. Suivront Un simple soldat de Marcel Dubé en 1998 et Oncle Vania de Tchekhov ainsi queLa Mouette, du même auteur, au TNM.
Depuis 2005, Yves Desgagnés a ajouté une autre corde à son arc : la réalisation cinématographique. Il réalise donc Idole instantanée puis Roméo et Juliette.
Après avoir créé avec énormément de talent le spectacle Sherazade, il s’attaquera cette année, pour notre plus grand plaisir, à La Cerisaie, une œuvre prophétique d’Anton Tchekhov.
Acteur, metteur en scène et auteur, Yves Desgagnés est devenu, au fil des années, un des créateurs les plus prolifiques de l’univers artistique québécois.
C’est à Elizabeth Bourget qu’il revient de traduire l’œuvre du grand Anton Tchekhov cette année chez DUCEPPE. Familière de l’œuvre de ce grand dramaturge, elle signait en collaboration avec René Gingras l’excellente traduction de la pièce Oncle Vania, présentée chez DUCEPPE en 2006, et celle de La Mouette, produite au TNM en 2007. À l’automne 2008, elle assurait également la traduction de la pièceLe Lion en hiver de James Goldman, présentée chez DUCEPPE dans une mise en scène de Daniel Roussel. Très impliquée dans le domaine de l’écriture dramatique, celle qui aujourd’hui agit à titre de conseillère dramaturgique au Centre des auteurs dramatiques a longtemps enseigné aux étudiants de l’École nationale de théâtre en plus d’y coordonner le programme d’Écriture dramatique. Qui plus est, elle a œuvré à titre de secrétaire exécutive à l’Association québécoise des auteurs dramatiques. Auteure, traductrice et figure de proue du développement de l’écriture théâtrale au Québec, Elizabeth Bourget est incontestablement une personnalité importante de notre dramaturgie.
Diplômée de l’École nationale de théâtre (promotion 1978), Elizabeth Bourget s’est rapidement démarquée comme dramaturge avec Bernadette et Juliette ou La vie, c’est comme la vaisselle, c’est toujours à recommencer, qui fut mise en lecture en France et en Suisse et publiée chez VLB Éditeur. Depuis, elle a signé de nombreuses pièces originales dont Bonne fête, maman et En ville, toutes deux présentées chez DUCEPPE respectivement en 1981 et en 1982, Coin Saint-Laurent, ou Les cinq doigts de la Main qu’elle a écrite en collaboration avec Fanny Britt, François Archambault, Jean Marc Dalpé et François Létourneau. À cette liste s’ajoutent aussi les œuvres Un monde nouveau, Fais-moi mal juste un peu et Mon homme. Pour la télévision, elle a collaboré à l’écriture de la série À plein temps, diffusée à Télé-Québec. Enfin, on ne pourrait passer sous silence ses pièces Edmond Dantès et Le comte de Monte-Cristo, l’adaptation des deux parties du célèbre roman d’Alexandre Dumas père qui furent créées au Théâtre Denise-Pelletier en 2003 et en 2005.
C’est avec bonheur que DUCEPPE lui confie la traduction de l’ultime pièce de Tchekhov.
La critique...
« Maude Guérin et Michel Dumont incarnent avec grâce ces riches qui ne savent pas être pauvres... Normand D'Amour est fabuleux...Une magnifique galerie de personnages... La prestation de Gérard Poirier demeurera inoubliable. »
Le Téléjournal 18 h, SRC
« J'ai trouvé cela extraordinaire, ça fourmille de détails... »
Six dans la cité, SRC
« ... toujours excellent Normand D'Amour... La Cerisaie foisonne d'idées de génie, d'images fortes et sensibles... inoubliable et émouvant Gérard Poirier... »
Le Devoir
« Yves Desgagnés est un metteur en scène brillant... Distribution éclatante. »
C'est bien meilleur le matin, Première Chaîne
« Maude Guérin absolument exceptionnelle. Normand D'Amour est hallucinant. »
Je l'ai vu à la radio, Première Chaîne
« Gérard Poirier m'a émue aux larmes... »
Samedi et rien d'autre, Première Chaîne
« Steve Laplante joue magnifiquement l'éternel étudiant... Gérard Poirier gagne le coeur du public… »
La Grande Époque
« Très solide dans son rôle de Lioubov, Maude Guérin est d’une grande sincérité... Normand D’Amour, de son côté, présente un Lopakhine émouvant... »
7jours.canoe.ca
« Yves Desgagnés livre un Tchekhov épuré et touchant…. impeccables Normand D’Amour et Michel Dumont… on remarque particulièrement la performance de Monsieur Gérard Poirier… À voir! »
Le Quatrième
Le public…
« J’ai vu La Cerisaie avec un réel bonheur. Une pure splendeur! Un spectacle magistral! Gérard Poirier m’a fait pleurer à la fin. »
Lise Gélinas
« Très belle distribution. Décor sobre. Bravo! Toujours aussi créatif. »
Louise Chalifoux
« Quelle belle soirée! Merci! Merci!… J’ai aimé chaque comédien… le casting était excellent (particulièrement Michel Dumont…)… Mon coup de cœur : Gérard Poirier! qui jouait, plus vrai que vrai… »
Yvette Paris
« Bravo à tous. M. Poirier, vous êtes un acteur sublime! »
Linda F.
« Merveilleuse pièce, intense, interprétation magnifique! »
Isabelle Gagnon
Participez au concours et vous pourriez gagner une soirée-théâtre à la russe, dans l'univers de Tchekhov, incluant une paire de billets pour la pièce La Cerisaie et un souper gastronomique animé par le metteur en scène de la pièce, Monsieur Yves Desgagnés, et en compagnie de la directrice générale de DUCEPPE, Madame Louise Duceppe!
Vous aurez aussi la chance de rencontrer les comédiens en coulisses après la représentation. Une photo-souvenir sera remise à chacun des couples gagnants.
Prix (5) :
Une soirée pour deux (2) personnes sur le thème de la pièce La Cerisaie d'Anton Tchekhov, comprenant :
un (1) cocktail et un souper gastronomique au Salon vert du Théâtre Jean-Duceppe à Montréal, le jeudi 25 novembre 2010 en compagnie du metteur en scène de la pièce, Monsieur Yves Desgagnés et de la directrice générale de DUCEPPE, Madame Louise Duceppe, d'une valeur approximative de 500 $;
Une (1) paire de billets pour assister à la représentation de la pièce La Cerisaie, le jeudi 25 novembre 2010 à 20 h au Théâtre Jean-Duceppe de la Place des Arts à Montréal, d'une valeur approximative de 100 $;
Rencontre en coulisses entre les gagnants et les comédien(ne)s de la pièce après la représentation;
Photo-souvenir de la soirée.
La valeur totale et approximative du prix est de 600 $.
La valeur totale et approximative des prix est de 3 000 $.
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