Encore une fois, si vous permettez

> Dates et villes de la tournée 2017

texte de Michel Tremblay
mise en scène de Michel Poirier

avec Guylaine Tremblay et Henri Chassé

Comme Dieu ne pouvait pas être partout, il a inventé les mères.   — dicton populaire

«J’avais envie de la revoir, de l’entendre à nouveau. Pour le plaisir. Pour rire et pleurer. Encore une fois, si vous permettez.» Par ces mots du personnage du narrateur, voilà la demande que formule l’auteur Michel Tremblay. Revoir et entendre à nouveau Nana, sa mère, sa première et intarissable source d’inspiration. Mère et fils se retrouvent ainsi, le temps de cinq tableaux, au fil de dix années, avec leur complicité manifeste et leur affection rude, mais immuables. De fous rires en disputes, de l’amour de la vie à celui de la littérature et du théâtre, faites la connaissance de l’unique Nana, cette maman aimante, douée pour le dramatique, passée maître dans l’exagération et passionnée de romans et de téléthéâtres.

Cette pièce largement autobiographique, écrite trente ans après Les Belles-Sœurs, nous présente la mère de l’auteur, une « femme toute simple », mais pas ordinaire, que l’on sait derrière plus d’un personnage féminin dans l’œuvre magistrale de Tremblay. Encore une fois, si vous permettez, c’est aussi le souvenir d’une relation qui s’est achevée trop tôt. C’est un hommage émouvant à celle qui n’aura jamais vu son petit «passer de l’autre côté, du côté des artistes» et qui craignait qu’il ne trouve pas sa voie, qu’il ne se « case » pas, parce qu’elle l’avait peut-être trop laissé rêver…

Extraits de critiques

«[…] texte patrimonial puissant, interprétation magistrale, mise en scène précise magnifiant ce classique nécessaire. C’est du beau, du délicieux, du pénétrant.» Fabien Deglise, Le Devoir

«Fabuleuse Guylaine Tremblay. Touchant Henri Chassé. Émouvant Michel Poirier. #must» Guy A Lepage sur Twitter

«Cette production ressemble à une production absolument parfaite, une des productions les plus fortes que j’ai vues de ma vie. On y croit dès les premières secondes de la pièce.» Jean-Sébastien Girard, La soirée est encore jeune, ICI Radio-Canada Première

«Guylaine Tremblay reprend avec brio et émotion le rôle créé il y a 18 ans par Rita Lafontaine… ses monologues sont bouleversants.» Mario Cloutier, La Presse

«La fin arrache des larmes par la beauté d’un hommage d’un fils à sa mère. […] Guylaine Tremblay nous a fait rire, nous a fait pleurer.» Émilie Perreault, Puisqu’il faut se lever, 98.5FM

«Une performance qui nous a fait passer des rires aux larmes pendant 90 minutes. Chapeau aux comédiens et au metteur en scène.» Francine Grimaldi, Samedi et rien d’autre, ICI Radio-Canada Première

«Pour le plaisir de voir Guylaine Tremblay sur scène, incarner cette Nana, c’est à voir.» Katerine Verebely, Gravel le matin, ICI Radio-Canada Première

«Un amoncellement de tendresse, de bonheur, d’éclats de rire, de larmes, de souvenirs par procuration et d’un désir, viscéral et profond, de revoir Guylaine Tremblay rejouer Nana.» Samuel Larochelle,Nightlife

«Encore une fois si vous le permettez @DUCEPPE est le show de l’année. On rit, on pleure, on est ému et Guylaine Tremblay est magistrale.» Mado Lamotte sur Twitter

 

Concepteurs

Décor : Olivier Landreville
Costumes : Mérédith Caron
Éclairages : Lucie Bazzo
Musique : Christian Thomas
Accessoires : Normand Blais

Assistance et direction de plateau : Geneviève Lagacé

Distribution des rôles

Guylaine Tremblay : Nana
Henri Chassé : Le Narrateur

Texte

Michel Tremblay

Peu de plumes auront marqué le paysage littéraire et théâtral — d’ici et d’ailleurs — comme celle de Michel Tremblay depuis près de cinquante ans. Des Belles-Sœurs jusqu’à son tout dernier roman La Traversée du malheur, cet auteur, dramaturge, traducteur, scénariste et adaptateur a bâti avec brio et justesse une œuvre imposante, déterminante et nécessaire. L’œuvre de Michel Tremblay comprend 27 pièces de théâtre, 27 romans, 4 recueils de récits autobiographiques et 1 recueil de contes, 7 scénarios de films ou de télévision, 40 traductions ou adaptations d’auteurs étrangers, 9 pièces et 12 récits parus dans des publications diverses, 1 livret d’opéra, 1 cycle de chansons et 2 comédies musicales ainsi que les paroles d’une douzaine de chansons pour Pauline Julien, Renée Claude, Monique Leyrac et Ginette Reno. On compte par ailleurs près de 1 900 mises en scène de ses œuvres un peu partout dans le monde. Son théâtre est familier chez DUCEPPE. En effet, la compagnie suit passionnément le travail du dramaturge depuis de très nombreuses années. Quelques-unes de ses œuvres majeures ont d’ailleurs été créées sur ses planches, dont L’Oratorio de Noël, Fragments de mensonges inutiles, présentée en 2009 en première mondiale. Le Passé antérieur, Messe solennelle pour une pleine lune d’été, À toi, pour toujours, ta Marie-Lou, Le Gars de Québec, Bonjour, , bonjour, Le vrai monde?, Les Belles-Sœurs et La maison suspendue ont également ponctué le parcours de la compagnie. Aussi, outre son théâtre, les nombreuses traductions de Michel Tremblay sont-elles empreintes de cette justesse, cette sensibilité et cette humanité qui lui sont propres. Parmi celles présentées chez DUCEPPE, nommons La Descente d’Orphée (Orpheus Descending de Tennessee Williams) en 1992, Rien à voir avec les rossignols (Not About Nightingales de Tennessee Williams), Mambo Italiano de Steve Galluccio en 2000 et, la saison dernière, Qui a peur de Virginia Woolf? (Who’s Afraid of Virginia Woolf? d’Edward Albee). Michel Tremblay fut honoré de plus d’une soixantaine de prix, mentions et honneurs au cours de sa carrière. Nommé Chevalier de l’Ordre national du Québec en 1991, il recevra la Médaille de la Révolution tranquille en 2011, puis la Médaille d’honneur de l’Assemblée nationale, en 2012. En France, il est promu au grade d’Officier de l’ordre des Arts et des Lettres en 1991 et y sera décoré Chevalier de la Légion d’honneur en 2008. Michel Tremblay figure dans les dictionnaires Larousse et Robert, notamment. (Crédit photo : Tony Hauser)

Mise en scène

Michel Poirier

MichelPoirier_w Intense, chaleureux et exigeant, acteur et metteur en scène, Michel Poirier aborde toujours ses personnages avec une extrême rigueur. En plus de vingt ans de métier, il a laissé sa marque dans de nombreux théâtres : Théâtre de l’Opsis, Théâtre Beaumont St-Michel, Théâtre de Rougemont, Théâtre du Chenal-du-Moine, Théâtre du Nouveau Monde, Théâtre d’Aujourd’hui et le Théâtre Sainte-Adèle. Au Théâtre Beaumont St-Michel, Michel Poirier a signé les mises en scène de Faits pour s’aimer (2006) — qui fut présentée chez DUCEPPE à l’hiver 2008 —, Sacrée Famille (2007), Le Gars de Québec (2008), La cousine Germaine (2009) et Coco Chatel (2010), À la recherche d’Elvis (2011), Femme cherche homme désespérément (2012) et Adieu, je reste ! (2013). Il y monte aussi Mon beau-père est une princesse en 2014 et, finalement, La nuit sera chaude de Josiane Balasko en 2015, qui souligne les 40 ans du théâtre. À l’été 2015, il met également en scène Coco Chatel au Théâtre Sainte-Adèle. Au fil des années, son talent d’acteur a aussi fait la joie du public de DUCEPPE qui l’a vu évoluer dans La Maison suspendue de Michel Tremblay, Sainte Jeanne de Bernard Shaw, Ivanov d’Anton Tchekhov, Après la chute d’Arthur Miller, Le Nombril du monde d’Yves Desgagnés, Mambo Italiano de Steve Galluccio ainsi que dans Petit déjeuner compris de Christine Reverho. Il faut aussi signaler la présence de Michel Poirier au petit écran (Scoop, La Maison Deschênes, Ent’Cadieux, Les Machos et L’Auberge du chien noir) depuis presque trente ans, alors qu’il incarne Mathieu dans Le cœur découvert de Michel Tremblay, en 1987 ! Il a également incarné Claude dans Le vrai monde ? et Serge dans Bonjour, là, bonjour de Tremblay, deux téléthéâtres diffusés aux Beaux Dimanches. Chez DUCEPPE, Michel Poirier a monté Match de Stephen Belber en 2011, La Vénus au vison en 2013, Judy Garland, la fin d’une étoile en 2015 et Encore une fois, si vous permettez en 2016. (Crédit photo : Bernard Préfontaine)

Vidéos

Guylaine Tremblay incarne Nana : la rencontre de deux femmes plus grandes que nature

Admiratrice inconditionnelle de l’oeuvre de l’auteur et dramaturge Michel Tremblay, Guylaine Tremblay compte parmi les actrices les plus aimées et les plus réclamées au Québec. Elle nous fait le bonheur d’avoir accepté d’incarner Nana. Ce personnage de Tremblay évoque dans toute sa couleur sa mère, sa plus grande source d’inspiration. Un rôle à la hauteur de l’immense talent de cette comédienne au registre infini, dont l’intelligence du coeur et la profonde humanité on conquis le public québécois. 

Rita Lafontaine et Louison Danis, qui ont tour à tour incarné Nana dans Encore une fois, si vous permettez, ont toutes deux mentionné qu’elles ressentaient le désir de faire plaisir à Michel Tremblay ou d’être le plus près possible de la vraie Nana. Et vous?

C’est certain qu’on veut faire plaisir à Michel, parce qu’on l’aime. Personnellement, je l’ai toujours dit, c’est grâce à Michel Tremblay si je me suis mise à rêver qu’un jour, peut-être, je pourrais faire ce métier. Mais, je sais très bien qu’avec toutes les années qui me séparent de la vraie Nana, je ne ressemble pas à la mère de Michel. Le metteur en scène Michel Poirier et moi, on s’est entendu que je jouerais plutôt LA mère. La mère de Michel Tremblay, oui, mais aussi la mienne, la sienne. Celle qu’on connaît, celle qu’on aime. Celle qui des fois nous tombe sur les nerfs, celle qui est de mauvaise foi. Celle qui est toujours là, avec son amour inconditionnel. Cette femme-là, LA mère.

Bien que ça m’impressionne, parce que c’est la mère de Michel Tremblay et que des grandes actrices l’ont incarnée avant moi, je me dis qu’il faut que j’y aille modestement, courageusement. Il faut qu’avec tout mon cœur je rende hommage à Nana et, à travers elle, à toutes les mères.

C’est drôle parce que Michel Tremblay m’a demandé récemment comment allaient les répétitions de la pièce. Je lui ai répondu que ça se passait bien, mais que j’étais encore un peu impressionnée par Nana. Je trouve que c’est une femme extraordinaire! Michel m’a dit : « Guylaine, pense que c’est d’abord et avant tout un personnage de théâtre. Les actrices étrangères qui la jouent ne savent pas toutes que c’est ma mère. Et comme je le dis souvent, les anecdotes sont vraies, mais les dialogues sont de moi. Joue ce que j’ai fait d’elle. » Joue ce que j’ai fait d’elle… Autrement dit, il m’a donné la permission de me distancier de la Nana que l’on connaît, que l’on découvre dans ses livres. C’est certain qu’il y a des traits de caractère qui vont être là, parce que c’est écrit comme ça. Superbement écrit. Mais sa mère, ici, il l’a créée, il l’a magnifiée. Il en fait un personnage de scène fabuleux.

On devine Nana dans d’autres personnages célèbres de Tremblay. Notamment celui de Germaine Lauzon dans Les Belles-Sœurs, n’est-ce pas?

Oui. Et c’est intimidant de s’attaquer à un tel personnage. Parce que même si on joue une Montréalaise « ordinaire » des années 50-60, on sent que Nana englobe bien plus que ça. C’est impressionnant l’intelligence de ces femmes de Tremblay. Toutes les questions qu’elles se posent… Ces questions sur la place des femmes à ce moment-là… Cette envie de bouillonner! Ce sont de grands, grands personnages.

Moi, ce que j’aime des femmes de Michel Tremblay — on se le disait d’ailleurs quand on jouait Belles-Sœurs — c’est que ce sont des winners, ce ne sont pas des perdantes. Des femmes qui ont du ressort. Même si elles vivent dans des conditions modestes, confinées dans leur royaume, c’est-à-dire la cuisine et leur maison, ce sont des femmes qui, à leur mesure, veulent apprendre et ont besoin « d’ailleurs ». Pourquoi Nana, si intelligente, aime-t-elle tant la littérature? Parce que ça l’amène ailleurs, ça la fait rêver. Elle vit des grandes histoires, des grandes épopées.

À mon avis, il n’y a pas un auteur qui écrit aussi bien sur les femmes que Michel Tremblay. C’est bizarre à dire. Comment un si jeune homme, comme au moment où il a écrit Les Belles-Sœurs, a-t-il pu cerner à ce point l’âme féminine? C’est renversant. Peut-être parce qu’il a un amour démesuré pour sa mère. DansEncore une fois, si vous permettez, même si on n’est pas à une époque de câlins comme aujourd’hui avec nos enfants, on voit à quel point sa mère l’aime autant.

Ce qui est immensément beau dans cette pièce, c’est qu’on voudrait tous faire revenir quelqu’un qu’on aime, qui est mort, et dont on s’ennuie cruellement. L’espace de quelques heures, lui parler encore une fois, entendre sa voix, sentir son odeur, la toucher encore une fois. C’est ce qui est tellement prenant dans cette pièce. Michel s’est servi de son talent d’auteur pour se faire ce cadeau. Faire revenir sa mère qui est partie trop tôt, avant qu’il ne traverse de l’autre bord, du côté des artistes…

En terminant, vous êtes une actrice extrêmement sollicitée. Pourquoi avez-vous accepté ce rôle?

Tant qu’à aller au théâtre, il fallait que j’y retourne avec un défi. Avec quelque chose qui m’amène plus loin, qui me fasse peur même! Nana, c’est un travail immense, c’est un rôle gigantesque. Ça faisait quatre ans que je n’étais pas montée sur une scène. J’avais besoin de revenir au théâtre et j’ai accepté d’être Nana dans Encore une fois, si vous permettez parce qu’artistiquement je vais grandir encore un peu. De toute façon, de Tremblay, je jouerais tout!

Une présentation

Partenaire de la pièce