« On doit à chaque fois écrire comme si l’on écrivait pour la première et la dernière fois. »
Karl Kraus
La Havane, 1950.
Accompagnée de sa mère, Adriana Ivancich débarque au domaine d’Ernest Hemingway à Cuba.
Diminué, abattu, éreinté par la critique pour son dernier roman, celui-ci tente vainement de se remettre à écrire. Dans la tour blanche qui surplombe le jardin, il se retirera en compagnie de cette jeune aristocrate. Au vu et au su de Mary, la femme d’Ernest, ils s’enferment pour bavarder pendant des jours. Tout y passera : la Bible, la guerre, la littérature, la corrida, l’Afrique…
De ces conversations naîtra un amour aussi étrange qu’impossible entre cette jeune Vénitienne pleine de vie et ce vieil homme brisé, possédé par l’alcool et hanté par la mort. Sur les ruines de sa vie foisonnante, Hemingway a construit l’ultime héritage : une œuvre puisée à même le sang et les tripes.
Dans l’ombre d’Hemingway parle d’amour, mais aussi de la relation intime entre l’artiste et l’art. D’où vient l’inspiration? Qu’est-ce que la beauté? Quel sens celle-ci donne-t-elle à la vie? Stéphane Brulotte nous fait vivre les tourments et les déchirements de l’un des plus grands romanciers des temps modernes.
texte et mise en scène de Stéphane Brulotte
avec Bénédicte Décary, Linda Sorgini, Marc Legault, Marie Michaud, Michel Dumont
Décor : Richard Lacroix
Costumes : François St-Aubin
Éclairages : Luc Prairie
Vidéo : Yves Labelle
Musique : Christian Thomas
Accessoires : Normand Blais
Assistance à la mise en scène : Maude Labonté
Ceux et celles qui font sa connaissance sont immédiatement séduits par sa franchise, son enthousiasme et sa formidable passion pour un métier qu’il adore et qu’il sert avec un immense talent.
Sensible et généreux, il a interprété le rôle de Cléante dans L’Avare de Molière sous la direction du regretté Luc Durand, puis dans Le Malade imaginaire au Rideau Vert sous celle de Guillermo de Andrea en 1997. Les fidèles de DUCEPPE se souviendront de sa prestation dans Rien à voir avec les rossignols de Tennessee Williams dans une mise en scène de Serge Denoncourt, ainsi que dans Frères de sang sous celle de René Richard Cyr en 2006. Il faut aussi signaler son interprétation de Yorick dans Hamlet de Shakespeare, d’Arlequin dans Les Jumeaux vénitiens montée par Denise Filiatrault, de Samson Carrasco dans L’Homme de la Mancha, de Zeus et Patrocle dans L’Iliade d’après Homère et d’Émile dans Un simple soldat de Marcel Dubé. Depuis quelques années, on peut également le suivre à la télévision dans la populaire série La Promesse sur les ondes de TVA.
Stéphane a foulé la plupart des scènes montréalaises en plus de participer à plusieurs tournées à travers le Québec. En 1999, il a touché à l’écriture en collaborant avec Gabriel Sabourin au Tzung-maï, une des 12 messes de la compagnie Momentum. Il a ensuite participé aux ateliers pour l’écriture de Vacarmes Cabaret Perdu du Théâtre il va sans dire sous la direction de Dominic Champagne.
Par la suite, au plan de l’écriture dramatique, nous lui devons Le Fou de Dieu toujours pour le Théâtre il va sans dire, monté en 2008 dans une mise en scène de Marc Béland, ainsi que Francesco, mon frère mis en lecture au Festival du Jamais Lu en 2005. En 2010, il assumait, avec la complicité amicale de Dominic Champagne, la mise en scène de sa pièce Une partie avec l’Empereur qui mettait en vedette Benoît Brière dans le rôle de Napoléon Bonaparte. Il nous revient, cette année, avec sa toute dernière création, Dans l’ombre d’Hemingway, qui raconte la descente aux enfers de l’un des romanciers les plus célèbres des temps modernes.
Stéphane Brulotte, c’est l’écriture inspirée au service de la passion.
Ceux et celles qui font sa connaissance sont immédiatement séduits par sa franchise, son enthousiasme et sa formidable passion pour un métier qu’il adore et qu’il sert avec un immense talent.
Sensible et généreux, il a interprété le rôle de Cléante dans L’Avare de Molière sous la direction du regretté Luc Durand, puis dans Le Malade imaginaire au Rideau Vert sous celle de Guillermo de Andrea en 1997. Les fidèles de DUCEPPE se souviendront de sa prestation dans Rien à voir avec les rossignols de Tennessee Williams dans une mise en scène de Serge Denoncourt, ainsi que dans Frères de sang sous celle de René Richard Cyr en 2006. Il faut aussi signaler son interprétation de Yorick dans Hamlet de Shakespeare, d’Arlequin dans Les Jumeaux vénitiens montée par Denise Filiatrault, de Samson Carrasco dans L’Homme de la Mancha, de Zeus et Patrocle dans L’Iliade d’après Homère et d’Émile dans Un simple soldat de Marcel Dubé. Depuis quelques années, on peut également le suivre à la télévision dans la populaire série La Promesse sur les ondes de TVA.
Stéphane a foulé la plupart des scènes montréalaises en plus de participer à plusieurs tournées à travers le Québec. En 1999, il a touché à l’écriture en collaborant avec Gabriel Sabourin au Tzung-maï, une des 12 messes de la compagnie Momentum. Il a ensuite participé aux ateliers pour l’écriture de Vacarmes Cabaret Perdu du Théâtre il va sans dire sous la direction de Dominic Champagne.
Par la suite, au plan de l’écriture dramatique, nous lui devons Le Fou de Dieu toujours pour le Théâtre il va sans dire, monté en 2008 dans une mise en scène de Marc Béland, ainsi que Francesco, mon frère mis en lecture au Festival du Jamais Lu en 2005. En 2010, il assumait, avec la complicité amicale de Dominic Champagne, la mise en scène de sa pièce Une partie avec l’Empereur qui mettait en vedette Benoît Brière dans le rôle de Napoléon Bonaparte. Il nous revient, cette année, avec sa toute dernière création, Dans l’ombre d’Hemingway, qui raconte la descente aux enfers de l’un des romanciers les plus célèbres des temps modernes.
Stéphane Brulotte, c’est l’écriture inspirée au service de la passion.
Critiques
« Un spectacle coloré et touchant, digne d’une mention d’honneur. La pièce est remarquable… Un succès sur toute la ligne. Michel Dumont […] sa performance est extraordinaire et nous éblouit tout au long du spectacle… performance magistrale… tous les acteurs sont excellents… Bénédicte Décary est merveilleuse... Marie Michaud est sublime… Linda Sorgini est excellente... Stéphane Brulotte se surpasse par son texte. Les répliques, le ton et la saveur des propos colorés de la pièce sont sublimes. »
Le Journal de Montréal
« Michel Dumont est vraiment exceptionnel… Marie Michaud absolument admirable... une pièce bouleversante, touchante, très réussie. »
Samedi et rien d’autre, Première Chaîne
« … grande fragilité dans le Hemingway que compose Michel Dumont… Marie Michaud excellente dans la peau de Mary… texte bien écrit... Duceppe tient là un portrait dramatique bien ficelé. »
La Presse
« Michel Dumont, qui d'autre aurait pu incarner aussi bien Ernest Hemingway… Michel Dumont […]
sublime. »
Que le Québec se lève, 98,5 fm
« Marie Michaud est extraordinaire... J'en fais une recommandation!... »
On aura tout vu, 98,5 fm
« Un excellent casting… un portrait très intéressant de ce monstre de la littérature. »
Le Téléjournal Grand Montréal 18 h, SRC
« Michel Dumont y est fantastique. »
Le Journal des Pays-d’en-Haut
« On doit le clamer dans toute la ville : Michel Dumont est Hemingway. Il le prouve magistralement […] en faisant comprendre les angoisses de l’écrivain… Stéphane Brulotte […] excelle dans l’art de se saisir d’un pan d’histoire et de le revisiter… »
nomag.ca
« Pièce émouvante sur la difficulté de concilier les exigences de l’art avec celles de la vie… »
monthéâtre.qc.ca
« Michel Dumont troublant de vérité. »
Échos Vedettes
Commentaires du public
« Qui d’autre que Michel Dumont pour interpréter un tel rôle! Bravo! Bravo! Bravo! »
Nicole Chaput
« Bravo à toute la troupe. Première grandiose, frissons, émotions. Bref, merci! »
« J’ai adoré, ce fut mémorable. De grands acteurs, une grande pièce. Michel Dumont, sublime. Merci!!! »
Julie Milon
« Bravo à tous! Bien intéressant du début à la fin. Vous m’avez captivé. Merci. »
Huguette Guilbeault
« Que d’éloges! Formidable, très bien présenté, par moment drôle, par moment tragique… Bravo! Bravo! Bravo! »
Patricia Ferguson
« Quelle belle histoire! Une pièce de réflexion. Bravo! Michel Dumont fut plus qu’excellent. »
Lise L’Heureux
Causerie DUCEPPE en temps réel
Le mercredi 2 novembre, de 16 h 30 à 17 h 30
Retrouvez notre directeur artistique Michel Dumont ainsi que l’auteur et metteur en scène de la pièce Dans l’ombre d’Hemingway, Stéphane Brulotte. Échangez, commentez, participez! Une manière exceptionnelle d’en savoir plus sur l’envers du décor chez DUCEPPE.
Où? Devant l’entrée du Théâtre Jean-Duceppe de la Place des Arts.
GRATUIT
Visite des coulisses, en compagnie de Michel Dumont
Jeudi 3 novembre, de 17 h à 18 h 30
Cette rencontre en toute intimité est réservée aux abonnés de DUCEPPE.
Avec : le directeur artistique Michel Dumont et le directeur technique Vincent Rousselle.
Où? Théâtre Jean-Duceppe
Réservations : par téléphone, à compter de 10 h le mardi 25 octobre, au 514 842-8194 (places limitées)
Soirée-rencontre
Le jeudi 10 novembre, immédiatement après la représentation
Pour chacun des 5 spectacles de la saison 2011-2012, DUCEPPE propose à ses spectateurs d’échanger avec le directeur artistique Michel Dumont, le metteur en scène, les comédiens et les concepteurs du spectacle. Tout détenteur d’un billet pour cette production peut assister à la soirée-rencontre. Un moment privilégié à ne pas manquer.
Où? Théâtre Jean-Duceppe
Conférence : Hemingway, le Havanais
Le lundi 14 novembre, de 19 h 30 à 21 h 30
DUCEPPE et Les Belles Soirées de l’Université de Montréal vous proposent de découvrir les liens entre l’écrivain, son œuvre et Cuba.
Avec : Jean Fugère, chroniqueur littéraire à Radio-Canada et Stéphane Brulotte, auteur de la pièce Dans l’ombre d’Hemingway
Où? Pavillon 3200, rue Jean-Brillant à Montréal
En savoir plus
Calendrier complet des activités DUCEPPE proposées lors de la saison 2011-2012.
Surveillez les entrevues des comédiens de la pièce Dans l’ombre d’Hemingway :
Le 15 octobre
Avec Michel Dumont
À l’émission On aura tout vu
98,5 Fm
Le 16 octobre
Avec Stéphane Brulotte et Bénédicte Décary
À l’émission La tête ailleurs
Première Chaîne de Radio-Canada
Le 16 octobre
Avec Michel Dumont
À l’émission Tout le monde en parle
Radio-Canada
Le 18 octobre
Avec Linda Sorgini
À l’émission Pour le Plaisir
Radio-Canada
Le 19 octobre
Avec Stéphane Brulotte et Bénédicte Décary
À l’émission C’est bien meilleur le matin
Première Chaîne de Radio-Canada
Le 20 octobre à 8 h
Avec Michel Dumont – en direct
À l’émission C’est extra
Canal V
Le 20 octobre
Avec Michel Dumont
À l’émission Désautels
Première Chaîne de Radio-Canada
Le 21 octobre
Avec Stéphane Brulotte
Dans le magazine Ici
Le 22 octobre
Avec Michel Dumont
Dans le journal La Presse
Le 24 octobre
Avec Michel Dumont
À l'émission Benezra reçoit
MusiMax
Le 25 octobre
Avec Stéphane Brulotte
À l'émission Médium Large
Première Chaîne de Radio-Canada
Le 25 octobre
Avec Michel Dumont
À l'émission Les Lionnes (à 19 min. 50 sec. sur la bande)
Radio-Canada
Le 27 octobre
Avec Stéphane Brulotte
Dans le journal Voir
Le 28 octobre
Avec Michel Dumont au téléjournal de 18 h ( à 44 min. 50 sec. sur la bande)
Radio-Canada
Le 1er novembre
Avec Stéphane Brulotte
À l’émission de relâche Voir
Radio Centre-Ville
Bio des comédiens
Michel Dumont
Théâtre : Excuse-moi; Amadeus; Une maison face au nord; Oncle Vania; La mort d’un commis voyageur; À toi, pour toujours, ta Marie-Lou; Des souris et des hommes
Télévision : Providence; Yamaska; Omertà; Marilyn; Monsieur le ministre; Race de monde
Cinéma : Café de Flore; Sans elle; Cargo
Dernière présence chez DUCEPPE : La Cerisaie
Prochainement : Projet Omertà (cinéma). Rester ouvert et passionné pour tout ce que l’avenir me réserve!
Bénédicte Décary
Théâtre : La Belle et la Bête; Le Mariage de Figaro; Des yeux de verre; Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent; La genèse de la rage
Télévision : Les Boys; Durham County; Le Négociateur; Un Monde à part
Cinéma : Dédé à travers les brumes; Le baiser du barbu; En plein cœur; Histoire de famille
Première présence chez DUCEPPE
Prochainement : En thérapie (télévision)
Marc Legault
Théâtre : La Cage aux folles; Il ne reste plus rien; L’Avare; 24 poses (Portraits); Qui a peur de Virginia Woolf?; Le soir de la dernière
Télévision : Yamaska; L’Auberge du chien noir; La vie rêvée de Mario Jean; Si la tendance se maintient
Cinéma : La Grande Séduction; Le secret des grands cours d’eau; Le Frère André
Dernière présence chez DUCEPPE : C’est ma vie
Marie Michaud
Théâtre : À toi, pour toujours, ta Marie-Lou; Le Dragon bleu; L’Iliade; La Mémoire de l’eau; La Preuve
Télévision : L’Auberge du chien noir; Toute la vérité; Destinées; Annie et ses hommes; La Petite Vie
Cinéma : Trois temps après la mort d’Anna; Ding et Dong le film
Dernière présence chez DUCEPPE : Le dernier don Juan
Prochainement : Le Dragon bleu (à Toronto et à Jérusalem); Les Peintres du charbon (DUCEPPE)
Linda Sorgini
Théâtre : L’esprit de famille; Treize à table; Un violon sur le toit; Le Déni; Grace et Gloria
Télévision : L’Auberge du chien noir; La Promesse; François en série; Smash
Dernière présence chez DUCEPPE : Fragments de mensonges inutiles
Prochainement : Le Dindon (TNM et en tournée); L’esprit de famille (en tournée)
***
Bio des concepteurs
Richard Lacroix (décor)
Théâtre et évènements spéciaux : Hamlet; Les Saisons; Le Déni; La migration des oiseaux invisibles; Rhinocéros; Le Doute; Des yeux de verre; Avaler la mer et les poissons; Spectacle de clôture du 400e de Québec produit par le Cirque du Soleil
Théâtre de marionnettes : Sur 3 pattes; La Savetière prodigieuse ; La Cité des Loups; La Félicité; Le Porteur
Danse : Fragments Volume I; Vieux Thomas et la petite fée
Projet : Corbeau (Théâtre de l’Œil) ; D pour Dieu? (Théâtre d’Aujourd’hui)
François St-Aubin (costumes)
Théâtre : Une partie avec l’Empereur; Le Dragon bleu; An Ideal Husband; Dom Juan; L’Homme de la Mancha; Frères de sang; Le Barbier de Séville
Opéra : Der Ring Des Nibelungen (Metropolitan Opera); Macbeth; Carmen
Danse : Wave; Temps de chien
Enseignement : École nationale de théâtre; option théâtre du Collège Lionel-Groulx
Luc Prairie (éclairages)
Théâtre : Une maison face au nord; Schwartz’s : The Musical; Lies my father told me; Les Fourberies de Scapin; Instructions; Vingt Mille Lieues sous les mers; L’envol de l’ange
Opéra : Cosi fan tutti (Pacific Opera Victoria); Louis Riel (Opera McGill)
Exposition : Mémorial – Suites lumineuses, en collaboration avec Sylvie Gosselin
Enseignement : École nationale de théâtre
Projet : L’Illusion (Théâtre Denise-Pelletier); In Absentia (Centaur Theatre); The Game of Love and Chance (coproduction du Centaur Theatre et du Canadian Stage)
Yves Labelle (vidéo)
Théâtre : Louis Mailloux (théâtre musical à Caraquet); Les Aveugles; L’Imposture; Lortie; Désordre public; Equus; Sherazade les mille et une nuits (spectacle musical)
Enseignement : École nationale de théâtre; École supérieure de théâtre (UQAM); École du Show-Business
Projet : Fort intérêt pour le concept de réalité augmentée et ses déclinaisons; conception vidéo pour Les Peintres du charbon (DUCEPPE)
Christian Thomas (musique)
Théâtre : Elling; Le Bourgeois gentilhomme; Une maison face au nord; Faits pour s’aimer; La Casta Flore; Le Lion en hiver; Equus
Télévision : Du cœur au ventre
Cinéma : Du Big Bang au Vivant (documentaire); Les états au pied du mur (documentaire)
Disque : Suite Symphonique du Big Bang au Vivant
Projet : écriture d’un opéra : Tempête sur Parkdale et musique de Pourquoi pas? (DUCEPPE)
Normand Blais (accessoires)
Théâtre : L’Homme de la Mancha; Ladies’ Night; Le Mariage de Figaro. Depuis 1987; la majorité des productions chez DUCEPPE dont Match; Shirley Valentine; Elling; Minuit chrétien; La Cerisaie; La Casta Flore; Amadeus; Equus; Les Sunshine Boys
Cirque : Zumanity (Cirque du Soleil)
Projet : Conception des accessoires, chez DUCEPPE : de Pourquoi pas?; L’Oratorio de Noël et Les Peintres du charbon
Jouer dans les zones d’ombre de l’Histoire
Entretien avec Stéphane Brulotte
Bien connu du public en tant que comédien ― on le voit notamment sur les ondes de TVA dans La Promesse ―, Stéphane Brulotte se démarque également comme un dramaturge et un metteur en scène qui aime les défis et les sujets complexes. À quelques semaines de la première de sa toute nouvelle pièce Dans l’ombre d’Hemingway, on rencontre un artiste fascinant, confiant et qui parle de son œuvre avec un enthousiasme contagieux. On le devine facilement : Stéphane Brulotte est un passionné. Son discours est celui d’un artiste qui a longuement travaillé, qui maîtrise parfaitement son sujet et qui est vraisemblablement heureux de partager une partie de ses connaissances. En toute convivialité, il nous ouvre la porte sur le monde fascinant d’Ernest Hemingway, personnage éponyme de la pièce qui prend l’affiche chez DUCEPPE.
L’Histoire, ce vieux mensonge
Il faut le souligner : l’auteur est un amateur d’histoire. Après avoir signé le texte Le Fou de Dieu, inspiré de la vie de François d’Assise, il a écrit et mis en scène la pièce Une partie avec l’Empereur, qui mettait en vedette Benoît Brière dans le rôle de Napoléon Bonaparte. Cette fois, c’est au célèbre auteur nobélisé, Ernest Hemingway, qu’il s’intéresse. « J’aime beaucoup l’histoire mais comme je suis moi-même un acteur, j’avais aussi envie d’écrire des personnages un peu plus grands que nature. C’est très exigeant! Avant même d’écrire la première phrase, il faut avoir lu une quinzaine de livres à ce sujet. Mais c’est un processus qui me fascine », affirme d’emblée l’auteur. Malgré le contexte historique de ses pièces, l’auteur précise bien qu’il ne cherche pas à faire un quelconque théâtre documentaire, loin de là. Il souhaite plutôt creuser un sujet de fond en comble afin de s’approprier la matière et pouvoir ensuite la réinventer, la remodeler selon son imagination. Un défi de taille lorsque l’on se mesure à un sujet aussi complexe et surtout, aussi documenté que la vie d’Ernest Hemingway. « J’ai toujours tendance à penser qu’il faut remplir le petit vide qu’il y a dans l’histoire. C’est là où il y a le plus de liberté. Par exemple, Napoléon à l’Île d’Elbe[1] est une période moins documentée; on s’y intéresse beaucoup moins. De même, durant cette idylle qu’Hemingway a eu avec l’Italienne, Adriana, on ne sait pas ce qui s’est dit, ce qui s’est passé et cela me fascinait. D’autant plus qu’à la suite à cette rencontre, Hemingway a écrit son chef-d’œuvre, Le vieil homme et la mer. »
Construire un personnage qui a déjà existé n’est pas une mince tâche : l’histoire a tôt fait de nous imposer ses limites, ses références et son vécu. À cela, Stéphane Brulotte répond : « Plusieurs disent que l’histoire est un mensonge sur lequel tout le monde s’accorde. J’ai un certain plaisir à déboulonner les mythes. » Ainsi, plutôt que de considérer les faits réels comme des barrières à l’imagination, Stéphane Brulotte perçoit en eux une source importante de matériel, une structure qu’il peut moduler. « Travailler avec un personnage historique me force à canaliser ce que j’ai envie de dire sur scène », confie-t-il.
Trouver Hemingway en cherchant Guevara
À l’origine de Dans l’ombre d’Hemingway, il y avait un projet d’écriture sur Che Guevara. En visitant La Havane, le dramaturge a remarqué à quel point l’illustre romancier a eu une influence importante lors de son séjour en terre cubaine. Encore aujourd’hui, les bars où il aurait bu un verre de rhum sont identifiés, des statues de l’homme abondent partout dans la ville et on entend son nom souvent prononcé. « J’étais un peu intrigué par ce gringo qu’on célébrait à La Havane. J’ai commencé à lire une biographie et de fil en aiguille, les recherches se sont intensifiées et le texte a pris forme. » Lors d’une rencontre avec Michel Dumont, Stéphane Brulotte admet avoir été saisi par la ressemblance de l’acteur avec son personnage éponyme. Cela explique évidemment pourquoi Michel Dumont se retrouve aujourd’hui sur scène à défendre le rôle-titre de la pièce!
De plus, Stéphane Brulotte admet qu’à force de lectures et de recherches, sa vision du grand homme de lettres a beaucoup évolué. « Tout à coup, tu te rends compte que les personnages avec lesquels tu jongles ont déjà existé, qu’ils ont souffert, que leurs petits-enfants portent encore un nom qui peut être lourd à assumer. J’avais, comme tout le monde, cette vision mythique d’Hemingway. En creusant, j’ai découvert un personnage encore plus humain qu’on ne peut l’imaginer, avec ses failles et ses faiblesses profondes. Ce qui fait qu’aujourd’hui, je l’aime davantage » raconte-t-il. Cette vision d’Hemingway s’est approfondie par la rencontre de l’auteur avec le petit-fils d’Hemingway, John Hemingway. Ensemble, ils ont parlé de politique, de divers sujets et bien sûr, d’Ernest Hemingway. « Il a accès à des informations privilégiées et a une vision bien spéciale de son grand-père. Il a réussi à synthétiser tout l’univers du personnage, des composantes du mythe qu’il y a autour de lui. La rencontre a été très fructueuse. »
Un acteur dirigeant les siens
En plus d’écrire du théâtre, Stéphane Brulotte signe également la mise en scène de ses spectacles. Puisqu’il est lui-même acteur, il semble vouer aux comédiens de ses distributions une confiance absolue en leurs capacités. « Les acteurs, ce sont des gens majeurs et vaccinés qui savent très bien quoi faire avec un personnage, si tu leur as donné le bon. Comme metteur en scène, il est encore tôt pour me définir. J’utilise le bagage que j’ai : la façon avec laquelle on m’a dirigé comme comédien. »
[1] NDR : lieu et époque dans lesquels sont ancrés la pièce Une partie avec l’Empereur de Stéphane Brulotte