As is (tel quel)

texte et mise en scène de Simon Boudreault

avec Denis Bernard, Jean-François Pronovost, Geneviève Alarie, Félix Beaulieu-Duchesneau, Marie Michaud, Catherine Ruel, Marc St-MartinMichel F. Côté, Claude Fradette, Philippe Lauzier

Les préjugés sont la raison des sots.   — Voltaire

Nous voici dans le sous-sol sombre et surchargé de l’Armée du Rachat, un centre de tri communautaire. Saturnin, étudiant en philosophie, intellectuel en devenir, vient d’y être engagé comme trieur de « cossins » de toutes sortes. Il se retrouve franchement dépaysé dans cette microsociété, confronté à des règles tacites, des rapports de domination oppressants. Face à ses collègues d’un autre monde et à leur patron véreux, Saturnin désire changer les choses et dénoncer les injustices dont il est témoin. Y parviendra-t-il ? Et à quel prix ?

Théâtre musical ludique et tonifiant, As is (tel quel) de Simon Boudreault (Sauce brune, Soupers, D pour Dieu?) raconte, avec autant d’humour que de dureté, l’opposition entre deux mondes. Boudreault, dramaturge québécois parmi les plus habiles et les plus incisifs, expose ici les inégalités des classes et les préjugés tenaces qui en découlent. À travers une galerie de personnages hauts en couleur, il met en lumière les revers du milieu du travail, le délire de consommation et de gaspillage propre à notre ère et la complexe notion de charité. Une œuvre coup de poing.

Une création du Centre
 du Théâtre d’Aujourd’hui et de Simoniaques Théâtre.

« C’est une oeuvre puissante, profondément humaine, on parle beaucoup d’inégalités sociales, de préjugés… C’est vraiment un délice, un bon divertissement »
Francine Grimaldi, Samedi et rien d’autre, ICI Radio-Canada Première, 12 septembre 2015

« C’est un excellent show… un espèce d’envers de comédie musicale… c’est très, très drôle! »
Catherine Richer, Dutrizac, 98.5fm, 11 septembre 2015

« Le texte de Simon Boudreault, est un bijou de vérité, d’intelligence et d’humour. As is est une fresque drôle, mais sordide et tragique, […] et qui donne à rire du début à la fin.»
Sophie Jama, Huffington Post, 11 septembre 2015

« Comédie basée sur le choc des cultures et la difficulté de communication entre les classes sociales, As is décrit éloquemment une dynamique de travail où se font jour exploitation, exclusion du groupe et rapports de pouvoir.
On constate encore une fois chez le créateur de Soupers un don pour les formes scéniques divertissantes, un talent pour croquer une peinture sociale ainsi que l’art de tirer profit au maximum de l’espace théâtral. »
Marie Labrecque, Le Devoir, 19 mars 2014

« L’auteur et metteur en scène signe une pièce originale et efficace, à la fois comique et cruelle.
En opposant deux mondes, Boudreault dresse un portrait de société assez décapant, merci.
Boudreault signe une mise en scène ingénieuse, efficace, ludique. La distribution est sans faille. »
Luc Boulanger, La Presse, 17 mars 2014

« Décourageant, mais vivant, humain, tonique, rempli de drôleries et de portraits féroces et justes. On recommande ! »
Odile Tremblay, Le Devoir, 15 mars 2014

« C’est brillant, c’est drôle, c’est triste, c’est fin.
D’un rythme implacable, le texte est entrecoupé de chansons où on décèle par moments une touche de Belles-Soeurs. »
Natalia Wysocka, Métro, 13 mars 2014

« Boudreault creuse au fond du tas, au huitième sous-sol, pour y révéler l’absurdité de ce monde et le quotidien de ces travailleurs, dans cet univers où on tente de racheter ses fautes ou d’opter pour le don de soi. »
Julie Ledoux, Voir, 14 mars 2014

Concepteurs

Décor : Richard Lacroix
Costumes : Suzanne Harel
Éclairages : André Rioux
Direction musicale : Michel F. Côté
Musique et arrangements musicaux :
Michel F. Côté
Claude Fradette
Philippe Lauzier
Accessoires
: Loïc Lacroix Hoy

Collaborateurs

Assistance et direction de plateau : Judith Saint-Pierre
Maquillage : Florence Cornet

Distribution des rôles

Denis Bernard : Tony
Jean-François Pronovost : Saturnin
Geneviève Alarie : Diane
Félix Beaulieu-Duchesneau : Le Gros Richard
Marie Michaud : Suzanne
Catherine Ruel : Johanne
Marc St-Martin : Pénis
Michel F. Côté : interprétation musicale
Claude Fradette : interprétation musicale
Philippe Lauzier : interprétation musicale

En savoir plus…

Michel Dumont à Pénélope McQuade
Capsule vidéo sur La Fabrique culturelle
Simon Boudreault à Gravel le matin

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Texte

Simon Boudreault

WEB_SBoudreault_credit-Monique-RichardSimon Boudreault est auteur, metteur en scène, comédien, improvisateur et marionnettiste. En 1998, il fonde sa propre compagnie avec six copains, le Théâtre des Ventrebleus. Il propose ensuite les pièces de théâtre de marionnettes pour jeune public La Félicité et Sur 3 pattes, respectivement en 2002 et en 2011. En 2003, Simon Boudreault et Jean-Guy Legault partagent le Masque de la révélation pour l’ensemble de leur travail pour L’Honnête Fille de Carlo Goldoni. En 2005, Simon Boudreault cofonde Simoniaques Théâtre. En 2010, avec sa pièce Sauce brune, il remporte le concours « Le choix du public » du Conseil des arts de Montréal en tournée. Il enchaîne avec Soupers ainsi qu’avec D pour Dieu?, finaliste pour le Prix du Gouverneur général, pièce qu’il a écrite, mise en scène et dans laquelle il joue le rôle principal. Simon Boudreault a reçu, lors de la création de As is (tel quel) en 2014, le prix auteur dramatique attribué par le public du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui et fut également finaliste pour le prix du Gouverneur général. La pièce est en cours d’adaptation cinématographique par le réalisateur Sébastien Rose. Acteur, il a joué, entre autres, dans Assoiffés, L’Énéide et Scrooge. Il s’est fait connaître du grand public notamment avec sa participation comme comédien et improvisateur à l’émission Dieu merci! Il était aussi de la distribution de Dieu merci! Le spectacle. Joueur dans la Ligue nationale d’improvisation (LNI), gagnant du prix du public en 2004 et 2011, il fut couronné champion de l’émission Les grands duels de la LNI en 2011. En cas de pluie, aucun remboursement, écrite et mise en scène par Simon Boudreault fut créée au Petit Théâtre du Nord à l’été 2015. En septembre 2016, il se produira à La Bordée à Québec dans la pièce Gloucester, inspirée de multiples chefs-d’œuvre de Shakespeare, qu’il a coécrite avec Jean-Guy Legault. Cette pièce sera aussi présentée à la Cinquième Salle de la Place des Arts en novembre et décembre 2016. (crédit photo : Monic Richard)

Mise en scène

Vidéos

mot du d.a.

L’ARMÉE DU RACHAT

J’ai eu le privilège d’assister au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui à une représentation de As is (tel quel).

D’entrée de jeu, j’ai été happé par la force et l’impact du texte de Simon Boudreault, par l’inventivité de sa mise en scène, par la vérité et la justesse des interprètes ainsi que par l’actualité de thèmes audacieux et forts : préjugés de classe, rapports de domination, inégalités sociales et courage intellectuel; tout cela traité avec humour et rudesse, en paroles, en musique et en chansons. On y fustigeait le délire de consommation lié au gaspillage qui caractérise souvent la société dans laquelle nous vivons. On y critiquait la notion complexe et délicate, mais si souvent galvaudée, de la charité.

Une pièce coup de poing!

Il fallait poursuivre l’aventure, donner à cette œuvre une deuxième vie, comme nous l’avions fait chez DUCEPPE avec, entre autres, 24 poses (Portraits) et Des fraises en janvier, favoriser un échange, créer un pont pour que, comme le souhaitait Jean Duceppe, la culture atteigne le plus grand nombre possible de spectateurs.

À Simon et à toute sa belle gang : Bienvenue chez DUCEPPE!

Michel Dumont

mot de l'auteur et m.e.s.

On a tous eu une première job.
Un endroit où on fitait pas nécessairement.
Et le défi de faire sa place.
Une place à délimiter avec des bons coups et des coups de coude.
En peu de temps, il faut apprendre les règles, les codes, les jeux de pouvoir, ce qui se fait et ce qui ne se fait pas.
Il y a peu de différence finalement entre être un nouveau qui arrive dans un bureau, un enfant dans une classe, un Casque bleu en Afghanistan, un loup solitaire dans une meute.
À chaque fois, on se sent comme une goutte d’huile dans un verre d’eau.

Ma première job, ça été trieur de cossins dans le sous-sol de l’Armée du Salut.
Des objets. Partout. Des objets éparpillés. Partout. Des objets ramassés. Partout.
Des tas d’objets en tas.
J’y ai travaillé un été. Depuis c’est un lieu qui me hante.
Les gens, leurs regards, la distance qu’ils prenaient quand j’étais là.
Ils m’appelaient l’intellectuel.
Ils voulaient comprendre ce que je faisais là. Moi aussi d’ailleurs.
Peut-être pour que j’écrive cette pièce.
Elle est pour eux.

L’Armée du Rachat. Pour nous sauver. De quoi?
Je me suis toujours demandé qu’est-ce que ça voulait dire « aider »?
Est-ce qu’on le fait pour ceux qu’on aide ou pour être dans la gang de ceux qui aident?
Quand on aide on se met à la place de l’autre. Mais toujours selon notre point de vue.
Est-ce que l’aide en est une vraie?
Une de celle qui change les choses pour le mieux.
C’est ce qu’on voudrait.

Merci au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui d’avoir permis à ce spectacle d’exister.
Merci à La Compagnie Jean Duceppe d’accueillir cette œuvre dans son cœur.
Merci à Simoniaques Théâtre, mes amis, sans qui rien n’aurait été possible.

Simon Boudreault

Entretien avec Simon Boudreault

Entretien avec Simon Boudreault, auteur et metteur en scène

« Travailler tu seul. Ça m’a pris quelques semaines avant de comprendre que ça voulait pas dire “travailler avec personne”. » — SATURNIN, au public, extrait As is (tel quel)

Grinçant, poétique, drôle, brillant, on ne tarit pas d’éloges pour le théâtre de Simon Boudreault et pour ses univers colorés, parfois inusités. Plusieurs de ses pièces – pensons à Soupers, Sauce brune et As is (tel quel) – émanent d’un désir de dépeindre un phénomène social qui le fascine. Phénomène sur lequel il pose un regard aussi lucide, poignant que comique. Boudreault compte aujourd’hui parmi les auteurs de théâtre les plus habiles de sa génération. Il présente As is (tel quel), pièce pour laquelle il a été finaliste au Prix du Gouverneur général, où il raconte l’été de Saturnin, étudiant en philosophie à l’université, qui vient d’être engagé comme « trieur de cossins » au centre communautaire de l’Armée du Rachat.

Quatre questions à Simon Boudreault.

Vous abordez plusieurs thématiques sociales qui vous fascinent dans votre théâtre. Parmi celles de As is (tel quel), il y a les revers de l’organisation du travail et les rapports de pouvoir que l’on y retrouve presque inévitablement.

Oui. Les enjeux hiérarchiques, c’est quelque chose qui sert mon écriture et je crois que peu importe le milieu de travail, que ce soit dans la bienfaisance, au gouvernement ou dans un Rona, les enjeux hiérarchiques sont toujours présents. Du moment que l’on met un groupe d’humains ensemble dans un milieu de travail, il y a le boss, l’adjoint, et l’autre qui veut monter… Comme être humain, ça me passionne de voir à quel point il y a un « pattern » hiérarchique que l’on retrouve systématiquement, dès qu’il y a un groupe. À l’école, au camp de vacances… Avec des rôles imposés. Ça me fascine, j’ai beaucoup lu là-dessus. Dans As is (tel quel), on est dans quelque chose de noble. C’est-à-dire le don, la charité. Mais, en même temps, c’est un organisme de travail. Et on est devant les mêmes enjeux hiérarchiques.

Vous y dépeignez aussi les difficultés de la rencontre entre le milieu intellectuel et le milieu ouvrier. Les préjugés existent de part et d’autre, n’est-ce pas? 

Oui, complètement. D’abord, dans notre société, il y a beaucoup de préjugés face aux intellectuels. On a l’impression que les intellectuels méprisent les autres classes sociales, ou qu’ils se placent au-dessus de tout. Toutes mes « jobines » d’été, c’était des « jobs de bras ». J’en ai entendu de toutes sortes sur nous, les 2 ou 3 étudiants qui travaillaient là. Se faire traiter de « moumounes » ou encore « on sait ben, vous autres, vous vous pensez meilleurs… ». Il y a une distance. Pour As is, je me suis inspiré de la peur qui crée cette distance. De cette difficulté de se rencontrer parce qu’on se met dans des cases : « Moi je viens du monde ouvrier, toi du monde intellectuel, on ne pourra pas se comprendre ». Alors que dans le fond, en général, il y a vraiment moyen de se comprendre une fois qu’on dépasse ses préjugés.

Dans As is, nous sommes témoins de préjugés entre le milieu ouvrier et celui intellectuel, d’une part, mais aussi au sein même des ouvriers au bas de l’échelle. L’ex-junkie et l’alcoolique en « désintox » par exemple, se retrouveront en dessous des employés permanents comme Suzanne et Johanne, dans cette hiérarchie! Et s’ils ont la possibilité de monter dans l’échelle parce que quelqu’un est en train de prendre un débarque, ils vont sauter sur cette possibilité.

Vous avez souvent comparé Saturnin, le personnage central de votre pièce rempli de bonnes intentions, à un Casque bleu en Afghanistan…

Oui, à quelqu’un qui arrive de l’extérieur et qui trouve que là-bas, ça ne marche pas. Qu’il y a des gens malheureux, abusés ou what ever. Et il se dit : « Attends, moi, je vais régler ça! On va vous installer ça de même la démocratie! » Mais la façon de régler ça, c’est celle de quelqu’un qui n’est pas de l’intérieur et qui ne voit pas les conséquences de tous ses actes. Celle de quelqu’un qui, avec ses gros sabots, veut tout changer et qui jette le bébé avec l’eau du bain, sans le vouloir. Il n’y a pas seulement les bons sentiments qui peuvent résoudre les problèmes des gens. C’est un peu ça que je questionne avec As is. C’est un sujet délicat, mais l’aborder avec humour, comédie et divertissement, c’est une belle façon d’y réfléchir.

Vous avez été vous-même, à l’âge de 18 ans, « trieur de cossins » à l’Armée du Salut. Comment ce lieu vous a-t-il inspiré?

Contrairement au personnage dans ma pièce qui rencontre les gens qui travaillent là, moi j’étais le plus souvent seul, dans mon coin, dans mon tas d’objets. Et ce rapport, dans un sous-sol, avec un tas immense, GIGANTESQUE, était très étrange. Il s’agissait souvent de dons après le décès de quelqu’un. J’ai vu des tables de chevet qui se ramassaient intégralement dans une boîte en carton par exemple. Photos de famille, dentier, boîte de Kleenex, j’avais accès tout à coup à l’intimité de gens que je ne connaissais pas du tout. Ou encore des sacoches pleines!

Aussi, c’est fou, vertigineux, le nombre d’objets dont on croit avoir besoin! Dans le spectacle, j’ai voulu que ce tas représente chaque pièce de la maison, mais aussi chaque période, chaque sphère de notre vie. Enfance, vieillesse, loisirs, travail, études… Et que chaque spectateur puisse se dire : « Et moi, si je sortais tout ce que je possède dans un tas dehors, ça ressemblerait à quoi? »

Une présentation

Partenaire de la pièce

Présentée en collaboration avec

Le Centre du Théâtre d'Aujourd'hui et Simoniaques Théâtre