Enfant insignifiant!

Texte Michel Tremblay

Mise en scène et adaptation Michel Poirier

Du 13 décembre 2017 au 3 février 2018

avec Henri ChasséGwendoline Côté, Isabelle Drainville, Michelle LabontéSylvain MarcelDanielle Proulx et Guylaine Tremblay

durée du spectacle : 1 h 50 sans entracte

Résumé de la pièce

Un enfant qui pose une question, c’est la voix de tout un monde qui veut s’améliorer.  — Tristan Bernard

Michel est devant son ordinateur et termine un texte. Le point final posé, les personnages de la pièce qu’il vient d’écrire le rejoignent. Sa mère Nana, puis son père, sa grand-mère, sa maîtresse d’école, son amie Ginette… On se retrouve rue Fabre, Plateau Mont-Royal, dans les années cinquante. On plonge au cœur des souvenirs de l’auteur alors qu’il revit plusieurs échanges réjouissants avec des personnes phares de son enfance. Michel, gamin curieux et tenace, bombarde de questions les adultes. Amoureux de la littérature, du cinéma et des poupées à découper, obnubilé par la religion, le petit Michel a besoin de comprendre le monde qui l’entoure, afin d’y trouver sa place.

À travers les questions incessantes de l’enfant qu’il a été et les réponses vagues des adultes exaspérés, Michel Tremblay dépeint subtilement la société qui l’a vu grandir, à l’aube de la Révolution tranquille. Et ces savoureuses conversations, pétillantes d’innocence et de bon sens, nous rappellent à quel point l’auteur est un fabuleux dialoguiste ! DUCEPPE est très fière de présenter la toute nouvelle pièce de Michel Tremblay, adaptation pour la scène de son plus récent roman Conversations avec un enfant curieux (Leméac 2016). Enfant insignifiant ! nous fera aussi la joie de revoir Guylaine Tremblay dans le rôle de Nana et Henri Chassé dans le rôle de l’auteur, tous deux éblouissants la saison dernière dans Encore une fois, si vous permettez.

Une présentation

Calendrier

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13 Décembre 2017
19:30

Vidéos

Distribution

Henri_Chasse_nb

Henri Chassé

Michel, le narrateur

Duceppe17-4887_Gwendoline_Côté

Gwendoline Côté

Ginette

Duceppe17-4933_Isabelle_Drainville

Isabelle Drainville

La vendeuse et Mlle Karli

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Michelle Labonté

La sœur directrice

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Sylvain Marcel

Gabriel

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Danielle Proulx

Victoire

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Guylaine Tremblay

Nana

Henri Chassé

Théâtre: Race; Oncle Vania; Le Jeu de l’amour et du hasard; On ne badine pas avec l’amour; Dimanche napalm; Le Dragon bleu

Cinéma: Post Mortem; Congorama 

Télévision: Le monde de Charlotte; Nouvelle adresse; Unité 9; District 31

Projets: Hubert et Fanny; Boomerang 2

Dernière présence chez DUCEPPE : Encore une fois, si vous permettez

Gwendoline Côté

Théâtre : Stéphane et les voisins; Probablement la Genèse; L’éveil du printemps; Hommage à Brel «Les Marquises»

Cinéma : Lost Paradise Lost; Sainte-Cécile

Télévision : Blue Moon III; Ruptures III

Première présence chez DUCEPPE

Isabelle Drainville

Théâtre : Molière, Shakespeare et moi; Hairspray; Sister Act; Les Voisins

Télévision : Pour Sarah; Les Ex; Au secours de Béatrice; Radio-Enfer

Dernière présence chez DUCEPPE : Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges

Michelle Labonté

Théâtre : Demain matin, Montréal m’attend; Intouchables; Belles-Sœurs; Le Chant de Sainte Carmen de la Main; L’Homme de la Mancha; Les Parapluies de Cherbourg; Là

Télévision : Plan B; Unité 9; Marche à l’ombre I, II et III; Toute la vérité; Toi et moi malgré tout; Vrak la vie

Projets: Tournée de Demain matin, Montréal m’attend en avril et mai 2018, Reprise de Belles-Soeurs à Montréal et en tournée en 2018-2019.

Dernière présence chez DUCEPPE : Equus

Sylvain Marcel

Théâtre : L’intrus; Tout ça m’assassine; Clash; Game Show; Lorenzaccio; L’homme poubelle ; Le Concierge

Cinéma : 9 le film; Bon cop, Bad cop; Miraculum; Lac Mystère; En terrains connus; Nez rouge; La Loi du cochon

Télévision : Marche à l’ombre; Mensonges; Pour Sarah; 19-2; Toute la vérité; 30 vies 

Projets : La pièce Le Concierge sera présentée à Québec (hiver 2018) et à Saint-Jérôme (été 2018).

Dernière présence chez DUCEPPE : Nos femmes

Danielle Proulx

Théâtre : Don Juan revient de la guerre; Vincent River; Les Belles-Sœurs; La cousine Germaine; Le Joueur

Cinéma : C.R.A.Z.Y; Monsieur Lazhar; Le Déserteur; Portion d’éternité; Amoureux fou

Télévision : Unité 9; Aveux; Sous le signe du lion; Jamais deux sans toi; Cornemuse

Projets: Fugueuse (nouvelle série à TVA) et la publication en 2018 d’une pièce de théâtre coécrite avec Guy Corneau

Dernière présence chez Duceppe : Faits pour s’aimer

Guylaine Tremblay

Théâtre : Belles-Sœurs; Albertine, en cinq temps; 24 poses (Portraits); Durocher le milliardaire; C’était avant la guerre à l’Anse-à-Gilles

Télévision : Unité 9; Les Rescapés; Annie et ses hommes; Emma; Histoires de filles; La Petite Vie

Cinéma : Le vrai du faux; Trois temps après la mort d’Anna; Le grand départ; Contre toute espérance20h17 rue Darling; Matroni et moi

Projets : Banc public (3e saison à Télé-Québec); En tout cas (nouvelle comédie à TVA)

Dernière présence chez DUCEPPE : Encore une fois, si vous permettez

 

Crédits

Décor
Olivier Landreville
Costumes
Mérédith Caron
Éclairages
Lucie Bazzo
Musique
Christian Thomas
Accessoires
Normand Blais
Vidéo
Yves Labelle
Assistance à la mise en scène
Geneviève Lagacé

Michel Tremblay

L’œuvre magistrale de Michel Tremblay comprend 28 pièces de théâtre. On compte plus de 2 000 mises en scène de ses œuvres un peu partout dans le monde! Peu de plumes auront marqué le paysage littéraire et théâtral — d’ici et d’ailleurs — comme celle de Michel Tremblay depuis près de cinquante ans. DUCEPPE suit passionnément le travail du dramaturge depuis de très nombreuses années. Plusieurs œuvres majeures ont été créées sur ses planches, dont Fragments de mensonges inutiles, présentée en 2009 en première mondiale. À toi, pour toujours, ta Marie-Lou, Le Gars de Québec, Bonjour, là, bonjour, Le vrai monde ? Les Belles-Sœurs, La Maison suspendue, L’Oratorio de Noël et Encore une fois, si vous permettez ont également ponctué le parcours de la compagnie. L’œuvre de Michel Tremblay comprend aussi 28 romans, 5 recueils de récits autobiographiques et 1 recueil de contes, 7 scénarios de films ou de télévision, 1 livret d’opéra, 1 cycle de chansons et 2 comédies musicales ainsi que les paroles d’une douzaine de chansons. Michel Tremblay a été honoré de plus d’une soixantaine de prix, mentions et honneurs au cours de sa carrière. Nommé Chevalier de l’Ordre national du Québec en 1991, il recevait la Médaille de la Révolution tranquille en 2011, puis la Médaille d’honneur de l’Assemblée nationale, en 2012. En France, il est promu au grade d’Officier de l’Ordre des arts et des lettres en 1991 et décoré Chevalier de la Légion d’honneur en 2008. Tout récemment, il fut le récipiendaire de deux prestigieuses récompenses littéraires reconnaissant l’ensemble de son œuvre : le prix Prince Pierre de Monaco ainsi que le prix Gilles-Corbeil de la Fondation Émile-Nelligan. Il a aussi été nommé ténor du Salon du livre de Montréal, un honneur unique pour cette 40e fête du livre. L'automne 2017 marque aussi la sortie de son tout nouveau roman Le peintre d’aquarelles.   (Crédit photo : Tony Hauser)

Michel Poirier

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Au printemps 2016, Michel Poirier signait la mise en scène d’une version mémorable de la pièce Encore une fois, si vous permettez de Michel Tremblay présentée chez DUCEPPE. Après une première tournée triomphale à l’hiver 2017, la pièce repartira pour une deuxième tournée cet automne avec Guylaine Tremblay et Henri Chassé, deux acteurs que Michel Poirier retrouve avec joie dans la toute nouvelle pièce de Tremblay, Enfant insignifiant !, créée cette saison.

Le metteur en scène n’en est pas à ses premières armes chez DUCEPPE. En plus de monter Nos femmes d’Éric Assous la saison dernière, il était à la barre de Faits pour s’aimer de Joseph Bologna et Renée Taylor en 2008, Match de Stephen Belber en 2011, La Vénus au vison de David Ives en 2013 et Judy Garland, la fin d’une étoile de Peter Quilter en 2015.

Intense, chaleureux et exigeant, acteur et metteur en scène, Michel Poirier aborde toujours ses personnages avec une extrême rigueur. En plus de vingt ans de métier, il a laissé sa marque dans de nombreux théâtres : Théâtre de l’Opsis, Théâtre Beaumont St-Michel, Théâtre de Rougemont, Théâtre du Chenal-du-Moine, Théâtre du Nouveau Monde, Théâtre d’Aujourd’hui et le Théâtre Sainte-Adèle.

Au Théâtre Beaumont St-Michel, Michel Poirier a signé, l’été dernier, l’adaptation et la mise en scène de la comédie Le Concierge, d’Éric Assous. Ce fut un succès retentissant. Près de 29 000 spectateurs y ont assisté. La pièce sera maintenant présentée à Québec, en février et mars 2018 ainsi qu’à Saint-Jérôme l’été prochain.

Pour ce théâtre de Saint-Michel-de-Bellechasse, il a par ailleurs monté Faits pour s’aimer (2006), Sacrée Famille (2007), Le Gars de Québec (2008), La cousine Germaine (2009), Coco Chatel (2010), À la recherche d’Elvis (2011), Femme cherche homme désespérément (2012), Adieu, je reste ! (2013), Mon beau-père est une princesse (2014) et La nuit sera chaude (2015), qui soulignait les 40 ans du théâtre.

Au fil des années, son talent d’acteur a aussi fait la joie du public de DUCEPPE qui l’a vu évoluer dans La Maison suspendue de Michel Tremblay, Sainte Jeanne de Bernard Shaw, Ivanov de Tchekhov, Après la chute d’Arthur Miller, Le nombril du monde d’Yves Desgagnés, Mambo Italiano de Steve Galluccio ainsi que dans Petit déjeuner compris de Christine Reverho.

Il faut aussi signaler la présence de Michel Poirier au petit écran (Scoop, La Maison Deschênes, Ent’Cadieux, Les Machos ou L’Auberge du chien noir) depuis maintenant trente ans, lui qui incarnait Mathieu dans Le cœur découvert de Michel Tremblay, en 1987 ! Il interprétait également Claude dans Le vrai monde ? et Serge dans Bonjour, là, bonjour de Tremblay, deux téléthéâtres diffusés aux Beaux Dimanches.

(Crédit photo : Bernard Préfontaine)

1 h 50 sans entracte

ENTRETIEN AVEC MICHEL POIRIER, QUI SIGNE L’ADAPTATION SCÉNIQUE ET LA MISE EN SCÈNE

Été 2016, Michel Tremblay donne rendez-vous au metteur en scène Michel Poirier dans un café de Montréal. En main, le célèbre auteur a tous les dialogues qui constitueront son prochain récit biographique : Conversations avec un enfant curieux. Il demande à Michel Poirier s’il aimerait monter ce texte pour la scène. On connaît aujourd’hui sa réponse. DUCEPPE est extrêmement fière de créer cette saison la pièce Enfant insignifiant !, adaptation du 5e récit biographique de Michel Tremblay.

Après Encore une fois, si vous permettez, vous signez de nouveau la mise en scène d’une pièce de Michel Tremblay. Mais, cette fois, l’auteur vous a aussi confié l’adaptation du récit à la pièce, n’est-ce pas ?

Lorsque Michel Tremblay m’a apporté le texte en juillet 2016, c’était avant même la parution de Conversations avec un enfant curieux chez Leméac. Tout ce que j’avais alors c’était des dialogues entre le petit Michel et des personnes clés de son entourage, des gens qui l’ont forgé. Ce n’était situé nulle part. Il n’y avait aucune didascalie. Il m’a donc remis ses conversations et m’a dit : « Écoute, j’ai envie d’amener ça au théâtre, est-ce que ça te tente de le faire ? ».

J’ai dit oui, bien sûr ! Mais j’avais alors un autre projet en chantier avec DUCEPPE. Quand Michel Tremblay a dû s’éclipser quelques minutes, j’ai tout de suite appelé Louise Duceppe, la directrice générale. Elle était en vacances, les bureaux de la compagnie étaient fermés. Elle a dit : «C’est extraordinaire, j’ouvre le bureau, viens me porter ça! ». Lorsque Michel est revenu, je lui ai dit que j’avais contacté Louise et, non seulement je suis arrivé chez DUCEPPE avec le texte, mais aussi avec l’auteur!

On a immédiatement enclenché le processus de la production d’Enfant insignifiant!. À partir du texte que Michel m’a remis, j’ai changé un peu l’ordre des conversations a n de construire une réelle trame dramatique. Dans le livre, on passe sans aucun problème d’une conversation à une autre, puis à une autre… Pour le théâtre, je voulais éviter que l’on présente une scène avec un personnage qui sort ensuite, alors qu’un autre revient et disparaît à son tour, pour revenir par la suite… Je souhaitais quelque chose de plus théâtral.

J’ai aussi fait de légères coupures et je suis allé piger un petit peu dans d’autres œuvres, dont dans La traversée du continent. Michel Tremblay m’a donné carte blanche.

Vous avez décidé de camper l’action à Key West ?

Oui. Avec Enfant insignifiant !, on a affaire à Michel, un personnage d’aujourd’hui qui converse avec des gens d’autrefois et le personnage d’aujourd’hui se retrouve à différents âges. Ce n’est pas réaliste et la première idée que j’ai eue, c’est d’amener tout le monde à Key West ! On sait tous que Michel vit et écrit là-bas depuis presque 30 ans. Sa vie d’auteur est à Key West. Tous ceux qui l’ont inspiré l’ont donc rejoint. Quand j’ai lui ai présenté mon idée, il y a eu un long silence. Puis, il a dit : « T’es pas sérieux ? ». J’ai répondu que… oui. Il a ajouté : « C’est une idée extraordinaire ».

Je voulais aussi sortir de la cuisine. Comme avec Encore une fois, si vous le permettez, où le fond était noir, où on pouvait être partout et nulle part à la fois. Il y avait également ce long passage en damier, une référence au théâtre classique, parce que je crois que le personnage de Nana, dans 300 ans, sera joué comme on joue Phèdre. D’autres actrices interpréteront Nana et je voulais la traiter comme on traite les grands personnages de la dramaturgie.

Comment avez-vous évoqué cette ville américaine sur scène ?

Vous savez, à la fin de chaque jour, plusieurs résidents de Key West se rejoignent sur un des quais qui se jettent dans la mer pour assister au coucher du soleil. C’est un moment important pour eux. Et, ce qui est très, très touchant, c’est que lorsque le soleil disparaît, les gens applaudissent. C’est l’une des plus belles choses que j’ai vues de ma vie! J’ai donc demandé à Olivier Landreville, le concepteur des décors, de transformer la scène en un immense quai qui avance dans l’océan.

Michel Tremblay fait référence à plusieurs faits ou évènements, notamment son obsession des questions religieuses, qui ont marqué son enfance dans les an- nées 40 et 50. Pensez-vous que les plus jeunes générations, nées longtemps après la Révolution tranquille, s’y retrouveront ?

Tout à fait, si je pense à leur réaction devant Encore une fois, si vous permettez. La pièce a été vue par un très vaste public, à travers tout le Québec. C’était plein partout, on devait même ajouter des chaises en haut de temps en temps ! J’assistais parfois à la représentation et j’y croisais beaucoup de jeunes. J’ai été étonné de constater qu’ils comprenaient parfaitement ce dont il était question dans la vie de Nana et de son ls. Comme

si ça relevait d’une sorte de mythologie québécoise. Ils finissent tous par avoir assez de repères et de références pour s’y retrouver. C’est dans notre ADN, on dirait, comme une espèce de mémoire ancestrale !

Par exemple — Henri [Chassé] et Guylaine [Tremblay] pourraient aussi en témoigner —, le nombre de spectateurs qui, à tour de rôle, nous disaient que Nana, c’était LEUR mère. On parle de gens de différents milieux, de différentes générations. À Québec, Robert Lepage, le premier arrivé en coulisse, m’affirme aussitôt : « C’est ma mère. » Immédiatement après, le maire Labeaume m’assure que Nana, c’est sa mère! Nana, c’est une maman universelle. Voilà une des grandes forces de Michel Tremblay. Voilà son génie.

L’auteur Michel Tremblay est né à Montréal en 1942. Alors qu’il grandit dans un milieu modeste, au sein d’une famille élargie et aimante, la société québécoise d’avant la Révolution tranquille est dominée par l’Église catholique. Entre les examens de conscience et la crainte de l’excommunication, la vie est cependant animée chez les Tremblay où les livres à l’Index sont dévorés par la grand-mère maternelle, où les feuilletons radiophoniques et les télé-théâtres bouleversent Nana. Coup d’œil sur certains évènements qui soulèvent les passions dans cet appartement de sept pièces au cœur du Plateau Mont-Royal…

 

Les rumeurs sur le troisième Secret de Fatima

Les secrets de Fatima sont trois révélations que la Vierge Marie aurait faites lors d’une apparition à Lucia dos Santos et ses cousins Jacintha et Francisco Marto dans la petite ville de Fatima au Portugal le 13 juillet 1917. La Vierge Marie aurait demandé aux trois enfants de ne pas les divulguer immédiatement.

En 1941, Lucia dos Santos, devenue sainte Lucie, a dévoilé deux des trois secrets en promettant que le troisième serait révélé en l’an 2000. Le premier était une vision de l’Enfer. Le deuxième enseignait comment sauver les âmes de l’Enfer, obtenir la paix, faisant aussi référence à la Russie qui devait se consacrer à Dieu.

Le troisième secret est le plus complexe et la plus controversé. Entre 1941 et 2000, les rumeurs circulent sur son contenu. On prétend qu’il annonce l’Apocalypse ou encore que le pape Pie XII se serait exclamé « Pauvre Canada » en le lisant. D’autres attribuent cet inquiétant message à la Vierge Marie elle-même. Finalement, Jean-Paul II livre, comme entendu, cet ultime secret le 26 juin 2000. Celui-ci se révèle être une allégorie de la pénitence.

 

La mort de la maman de Bambi

Le film Bambi, cinquième « classique d’animation » des studios Disney, est sorti en 1942. Adaptation du roman paru en 1923, Bambi, Eine Lebensgeschichte aus dem Walde de l’auteur Hongrois Felix Salten, il raconte l’histoire d’un faon qui s’émerveille de la vie au fil des quatre saisons.

Certains ont critiqué la scène qui évoque la mort de la mère de Bambi sous les tirs des chasseurs, la qualifiant de trop éprouvante pour les enfants. Bambi n’est pourtant pas l’unique film de Walt Disney à exprimer les traumatismes de l’enfance, mais Walt Disney n’avait alors réservé la mort qu’aux personnages de « méchants ».

Cette fameuse scène demeure l’un des moments les plus tristes du cinéma américain. Et ce, même si on l’avait adoucie ! Car, initialement, la mère du petit faon apparaissait touchée à la tête, effondrée sur le flanc. Ces images ont finalement été retirées, révélaient Frank Thomas et Ollie Johnston, deux des maîtres de l’animation, dans leur livre Disney Animation, The Illusion of Life. Le Time Magazine ira jusqu’à inclure Bambi dans le top 25 des films d’horreur établi en 2007 par Richard Corliss. « Bambi, directed by David D. Hand, has a primal shock that still haunts oldsters who saw it 40, 50, 65 years ago. » écrira-t-il.

 

Les radioromans et Yvette Brind’Amour qui meurt «entre midi et midi et quart»

Le radioroman, forme dérivée du théâtre où des comédiens interprètent à la radio les personnages d’une histoire fictive sur une trame musicale et de bruits réalistes, a marqué l’imaginaire de centaines de milliers d’auditeurs.

Le premier feuilleton radiophonique québécois est produit par CKAC en 1935. Il s’agit de la série Le curé du village, écrite par Robert Choquette, avec Ovila Légaré dans le rôle-titre. En 1938, deux ans après sa fondation, Radio-Canada (alors CBF) présente La pension Velder. Dès l’année suivante, la radio publique diffuse l’un des plus grands succès du genre, Un homme et son péché de Claude-Henri Grignon.

Jeunesse dorée, mis en ondes par CBF en 1940 — et qui tire tant de larmes au personnage de Nana ! —, est le feuilleton radiophonique qui a connu la plus grande longévité de l’histoire de la radio au Québec, devançant Un homme et son péché (23 ans) et Rue Principale (22 ans). Jeunesse dorée demeurera en ondes pendant 26 ans, cinq jours par semaine, « entre midi et midi et quart ».

L’après-guerre marque l’âge d’or des radioromans et, à la fin des années 1940, ils atteignent des sommets de popularité avec des publics frôlant le million d’auditeurs. Mais l’arrivée de la télévision verra le radioroman disparaître peu à peu des ondes.

La télédiffusion du couronnement de la reine Élisabeth II

Le 2 juin 1953, à Londres, la cérémonie d’accession au trône de la reine Élisabeth II est le premier couronnement royal télédiffusé dans le monde entier. La cérémonie complète — à l’exception de l’onction et de la communion — est retransmise en direct dans huit pays. Les réseaux de télévision de plusieurs pays d’Europe s’unissent alors pour former le premier réseau international de télévision.

Ici, sur les ondes de Radio-Canada, le couronnement est presque diffusé en direct. Comme il n’y avait pas de satellite, les bobines développées à Londres étaient envoyées en avion jusqu’à Terre-Neuve et à Saint-Hubert, sur la rive sud de Montréal. La première diffusion a ainsi pu avoir lieu dès 16 h 15, la journée même !

Le petit écran en est encore à ses débuts et très peu de gens possèdent le fameux « poste ». Ça n’empêchera pas au-delà de 100 millions de personnes à travers le monde d’y regarder Élisabeth devenir « Sa Majesté » à 27 ans ! Cet évènement marquera d’ailleurs, dans plusieurs pays, un accroissement significatif de l’intérêt du public pour la télévision.

Lorsque j’ai réalisé que l’œuvre littéraire des trente dernières années de notre auteur national avait été presque entièrement produite à 3000 km des lieux où ses personnages évoluent, il m’est apparu d’une rare évidence que ces êtres créés ou magnifiés par Michel Tremblay devaient prendre forme là où ils ont pris vie dans la tête de l’auteur, c’est-à-dire dans les eaux chaudes du golfe du Mexique, à Key West. Où, en effet, mieux qu’au bord de la mer, pourrait-on voir s’animer des hommes, des femmes et des enfants toujours en quête d’in ni, dubitatifs devant l’immensité, ou l’insignifiance, de l’univers?

Pour cette création de Michel Tremblay, j’étais heureux de retrouver Nana et son fils chéri que le public a tant aimés dans la plus récente production de Encore une fois, si vous permettez et de les voir maintenant entourés de quelques uns des personnages les plus marquants de leur vie et à qui l’auteur a donné la parole dans Conversations avec un enfant curieux. Cet enfant à qui on n’en peut plus d’inventer des explications saugrenues pour meubler son imaginaire, cet enfant digne héritier de la mauvaise foi de ses parents, et surtout celle de sa mère, cet enfant observateur des travers des grandes personnes, cet enfant plaisantin, torturé, mais comblé d’amour, trop d’amour? Bref, cet enfant tout sauf insignifiant…

À Michel Tremblay, merci pour tout. À Michel Dumont et à Louise Duceppe, merci pour votre confiance et votre loyauté. Et un merci tout spécial à vous, cher public de chez DUCEPPE qui, au fil des années, m’avez procuré tant de bonheur.

Michel Poirier

Après avoir terminé les neufs tomes de La diaspora des Desrosiers, il y a deux ans, j’ai eu en- vie de m’amuser, de rire, et j’ai écrit Conversations avec un enfant curieux. Et il y a un an j’ai décidé d’en faire une adaptation théâtrale, une espèce de divertissement sans prétention dans lequel les questionnements du petit Michel, tout en nous faisant rire, nous feraient réfléchir sur nos racines, notre passé et tout ce dont nous avons voulu nous débarrasser pour nous libérer de ce qui nous avait tenus dans l’ignorance si longtemps.

Je suis flatté et heureux que Guylaine, Michel et Henri aient accepté de prendre la barre de cette nouvelle aventure, et aux petits nouveaux je dis bienvenue et amusez-vous!
Quant à vous qui avez décidé de venir rire avec nous, carrez-vous dans votre fauteuil et laissez-vous aller; vous êtes entre bonnes mains!

Michel Tremblay

De l’enfance comme d’un pays

DUCEPPE est fière de vous présenter la toute nouvelle pièce de Michel Tremblay, adaptation pour la scène de son plus récent récit autobiographique : Conversations avec un enfant curieux.

Le petit Michel est un gamin curieux et tenace qui bombarde de questions les adultes qui l’entourent, ceux qui sont sensés tout savoir et avoir réponses à tout. D’une logique implacable, Michel a besoin de comprendre le monde qui l’entoure a n d’y trouver sa place.

Ici, Michel Tremblay, grâce à son immense talent de dialoguiste et de conteur, dépeint avec subtilité la société qui l’a vu grandir à l’aube de la Révolution tranquille. Je terminerai en rappelant ce que Michel Tremblay disait récemment en parlant de ses personnages : « C’est le sourire aux lèvres et la main sur le cœur qu’ils se joignent à moi pour vous lancer un énorme merci ».

Bon théâtre !

Michel Dumont